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De l'Arc au Sabre et inversement (Sheïa & Juna)

Juna
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MessageSujet: De l''Arc au Sabre et inversement (Sheïa & Juna) Lun 18 Mai 2009 - 12:29

Un matin, je repensais à mon entraînement. Ces derniers temps j’avais souvent travaillé ma maîtrise de l’air, moins souvent celle de mon arc. Après l’enseignement que m’avait donné mon frère, je me débrouillais plutôt bien mais si je ne pratiquais plus je finirais par ne plus savoir utiliser mon arc et mes flèches. Aussitôt dit, aussitôt fait. Après m’être préparée, j’attrapai mes armes et me dirigeai vers un terrain d’entraînement près de la forêt.

Dehors, une légère brise soufflait. J’avançais sans hâte vers mon lieu de destination, flânant sur le chemin, repensant à la façon dont on m’avait appris à tirer à l’arc. Cela devait être il y a environ 4 ans. A cette époque je vivais encore avec mon frère.

Flash-back

Un matin, mon frère m’emmena dans une clairière, non loin de notre maison, et me dit de ne pas bouger qu’il allait juste travailler un peu. Je remarquai enfin qu’il avait apporté un arc, celui qu’il avait reçu pour son quinzième anniversaire. Il était en bois sculpté, ni trop épais ni trop fin, d’un ton marron assez sombre et quelques gravures couleurs or, tout simplement magnifique. Jamais je n’en avais vu de semblables pourtant j’en avais vu de toutes les formes, toutes les couleurs, toutes les tailles mais celui-là était unique. D’après mes souvenirs, mon frère ne l’avait jamais utilisé, ça allait être un première car c’était un sûrement un arc de grande qualité vu la façon dont il avait été travaillé.
Mon frère empoigna l’arc avec une excitation que je partageais. Il tira une de ces flèches, tendit la corde de l’arc, et au moment lâcher la flèche pour que celle-ci s’envole, elle tomba sur le sol avec légèreté. Je me posais des questions car il était quand même un archer d’élite. Puis il recommença une, deux, trois, quatre, dix fois. Le résultat était toujours le même. Quand il devînt fou de rage, il jeta l’arc au sol et partit grogner un plus loin. Je préférais le laisser seul et inspecter l’arc pour voir ce qui n’allait pas. C’était étrange car il était parfait. Je pris la flèche ainsi que l’arc et essaya de tirer en reproduisant les mêmes gestes que mon frère et de mes doigts fins laissa partir la flèche qui alla se planter dans un tronc à trente mètres. Je me retournai alors vers mon frère et il souriait. Puis vînt à moi, et calqua ma petite main sur la sienne beaucoup plus large et m’expliqua qu’il ne pouvait utiliser cet arc trop fin pour ses mains trop grandes et que dorénavant ce serait mon arc et qu’il allait m’apprendre à l’utiliser. C’était sûrement un des plus beaux jours de ma vie. Mon frère allait m’apprendre à tirer à l’arc.

Fin du Flash-back

A présent je me dirigeais vers une forêt, avec l’arc que mon frère m’avait offert. Je commençai par méditer car la concentration était la clef de la réussite pour utiliser ces techniques. Je devais fermer les yeux et penser à rien sauf à mon arme, il faut que ça soit un prolongement du bras, ne faire qu’un avec équipement. Après une bonne demi-heure de méditation, je me sentais prête à utiliser les « outils » de combat. Je m’emparais de l’arc et d’une flèche et choisis comme cible un arbre qui devait se situer à environ 50 mètres de moi. Je tirai, la flèche partit et se planta dedans. Je voyais que je n’avais pas perdu le geste et j’optai, pour la flèche suivante, pour un arbre plus éloigné, la flèche se planta comme la précédente. Je recommençai ainsi plusieurs fois jusqu’à que je n’ai plus de flèches, constatant malheureusement que les flèches rentraient timidement dans l’écorce. S’il avait été question d’un ennemi, il n’aurait pas été tué, à peine blesser sauf si la flèche en question avait été empoisonnée. Elles n’étaient pas non plus assez rapides. La plupart aurait pu être évitée sans problèmes. Et le principal défaut de cette arme est que les réserves s’épuisaient vite et que sans arme de rechanges, je ne pouvais plus utiliser que l’air. C’est pour ça qu’il fallait que je me serve de l’air comme flèche.
Soudain une branche craqua. Je me retournai et découvris une jeune fille du feu. Puis je lançai à son adresse avec une arrogance qui ne me ressemblait pas :

- Depuis combien de temps es-tu là ?
- Je ne t’épiai pas, dit-elle gênée, j’admirai juste ton adresse, ton habileté avec ton arc. Tu semble très douée pour cet art, continua-t-elle timidement.

Après ses paroles, je restai silencieuse. Son compliment me fit rougir mais je me sentais honteuse d’avoir été aussi agressive que ça, encore une maladresse … Puis relevant lentement la tête vers elle, je remarquai deux sabres attachés à sa ceinture. Puis je dis hésitante :

- Merci, en rougissant de plus belle, et je vois que toi tu manie les sabres, n’est-ce pas ?
- Oui, c’est ça, dit-elle en sortant ses armes de leur fourreau.

Je fus impressionnée par sa façon de manier ses lames. C’était tout en souplesse et franc à la fois. Je constatai à voix haute :

- Tu es très douée.
- Merci, répondit-elle humblement, ça t’intéresserais d’apprendre à utiliser des sabres ? Et en échange tu m’apprendrais à tirer à l’arc, qu’en dis-tu ?

Je ne sus quoi répondre, aucun mot ne sortit de ma bouche mais ça proposition m’intéressait bien que l’idée d’enseigner quelque chose à quelqu’un m’effrayait un peu, je lui répondis :

- Alors marché conclus, dis-je avec un grand sourire.
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MessageSujet: Re: De l'Arc au Sabre et inversement (Sheïa & Juna) Dim 24 Mai 2009 - 19:41

Le soleil resplendissait et je pouvais le ressentir à travers le feuillage épais des arbres dont les teintes représentaient tous les verts imaginables. J'aimais beaucoup me promener dans cette forêt. Écouter les oiseaux chanter, regarder les écureuils se balader de branche en branche... et surtout, l'atmosphère de paix, de sérénité, qui y régnait faisaient de cet endroit un lieu apaisant où il m'était facile de trouver la concentration pour m'entraîner. Je m'exerçais à ressentir la chaleur du moindre animal qui passait, allant jusqu'à tenter de les différencier. Et j'y arrivais de mieux en mieux.

J'avais pris mes sabres avec moi, espérant vaguement trouver un endroit assez dégagé pour les manipuler librement. Je n'avais pas encore atteint la même maîtrise que celle que j'avais avec mon épée. Des sabres étaient plus lourds, moins équilibrés et plus encombrants. Mais ils avaient l'avantage d'être deux et d'être plus tranchants. Et, inconsciemment ou presque, je rapprochais leur utilisation de celle de ma lame favorite. Je me retrouvais d'ailleurs souvent en train de faire les mêmes gestes que si je tenais mon épée et non deux beaux sabres offerts par un maître. Un sourire apparu sur mon visage au souvenir de cette rencontre... J'avais aidé un maître du maniement des lames en tout genre à se sortir d'une mauvaise passe et, en remerciement, je m'étais retrouvée avec ces sabres... Et finalement, je ne m'en sortais pas si mal avec eux...

Je continuais de marcher quand je ressentis une chaleur plus importante que celle que dégageait un rongeur, moins que celle d'un cervidé. Je m'éloignai du sentier naturel que je suivais pour me diriger droit vers cette source intrigante. Plus je me rapprochais, plus j'en étais certaine: c'était un humain. J'avançais encore tout en essayant d'affiner ma vision. Je réussis à me convaincre que ce devait être une jeune fille, au moment où je l'aperçus. Ma technique restait à améliorer...

Je voyais la demoiselle en question de profil, légèrement de dos. Elle tenait à la main un magnifique arc et elle s'en servait avec une fluidité remarquable. À peine avait elle tiré une flèche qu'une autre filait dans la direction opposée. Sa main allait et venait de son carquois à son arc, sans que l'on puisse bien en définir les contours. Et sa rapidité n'était pas au détriment de sa précision. Ses cibles étaient toujours plus éloignées, mais toujours touchées en plein centre. Je devais apprendre à manier comme elle l'arc et les flèches!

Je voulu m'approcher d'elle mais je fis craquer au passage une des branches du buisson derrière lequel je me tenais et elle se retourna violemment, pour m'apostropher. Gênée, je ne sus lui répondre que par mon admiration pour elle et son expression un peu brutale s'évanouit, remplacée par la même gêne que la mienne. Elle remarqua mes sabres. Je les retirai de ma ceinture pour lui permettre de les observer. Elle avait l'air intéressée et une idée me vint.

- Ça t’intéresserait d’apprendre à utiliser des sabres? Et en échange tu m’apprendrais à tirer à l’arc, qu’en dis-tu?
- Alors marché conclu!

Nous nous assîmes dans un coin et nous bavardâmes tout l'après-midi. Si nous allions être nos maîtres respectifs, autant se connaître! Elle s'appelait Juna. Elle avait tout d'une nomade de l'air. Les habits, la posture, le comportement calme et réfléchi... et surtout la maîtrise. Je l'avais aperçue manier le vent au creux de sa main avant qu'elle ne m'entende approcher.

- Qu'allais-tu faire avec ta maîtrise de l'air tout à l'heure?

Elle parut surprise de ma question. C'était normal, je n'étais pas censée savoir qu'elle maîtrisait l'air. Je m'expliquai alors:

- Excuse-moi, je t'ai vu avant de t'interrompre. Tu sais, je suis moi-même une fille du feu...

Je fis apparaître une flamme palpitante dans ma main durant quelques secondes. Qu'elle le sache me dérangeait un peu mais, pour instaurer la confiance entre nous, je me devais de le lui dire.

Elle ne parut pas très étonnée que, d'une je sois une fille du feu, et de deux que je le maîtrise. Elle avait dû s'en rendre compte d'une façon ou d'une autre. Je devais faire plus attention quand je croisais des inconnus... Mais Juna avait l'air d'être digne de confiance et juste. Elle ne me dénoncerait pas à l'une des nombreuses personnes contre les habitants du feu.

- Ce que j'allais faire? J'utilise l'air en tant que flèche lorsqu'il m'en manque. Ça me fait penser que tu pourrais utiliser le feu, de ton côté. Tu serais redoutable.
- Tu penses? Je trouve surtout très pratique ta maîtrise; elle pourrait t'aider avec les sabres. Tu leur rendrais un bon équilibre...

Le soleil déclinait vers l'horizon. Sa chaleur printanière s'affaiblissait. Nous décidâmes alors de nous retrouver au même endroit le lendemain. Après nous être quittées, je retournai vers le village, pour flâner dans les rues, désormais éclairées par quelques lampes à huile. Une légère brise rafraîchissait l'air de l'aurore. Le soleil, le vent... Pouvaient-ils être complémentaires?


Dernière édition par Sheïa le Lun 15 Juin 2009 - 22:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: De l'Arc au Sabre et inversement (Sheïa & Juna) Jeu 28 Mai 2009 - 20:47

La lune, seule source de lumière dans l’étendue obscure du ciel de la nuit, éclairait faiblement en cette soirée de printemps. Songeuse, je repensais à mon après-midi mouvementée. Cette fille du feu, Sheïa, semblait vraiment gentille et sincère. Je ne la connaissais pas encore très bien mais elle ne m’inspirait que de la bonté. Allais-je être à la hauteur pour qu’elle m’enseigne son art ? Je pensais déjà avoir du mal à lui apprendre à utiliser un arc. Le doute s’installait de plus en plus dans mon esprit, au sujet des mes capacités. Mais j’avais conclu l’affaire. Sheïa semblait vraiment ravie d’apprendre à manier mon arme fétiche et l’idée de savoir utiliser des sabres me plaisait assez.
Soudain, un souffle froid et nocturne vint me rappeler qu’il était l’heure de dormir si je voulais être en forme pour la journée de demain qui s’annonçait intéressante. Une fois sous la couette, j’étais trop obnubilée par les évènements à venir pour dormir maintenant. Mes pensées étaient comme une vague d’excitation submergeant mon esprit d’impatience. Je ne me rappelais pas avoir été si pressée, enthousiaste pour une quelconque aventure à venir. Je réfléchissais tellement que finalement, la fatigue m’emporta et je tombai dans les bras de Morphée.

Le levée su soleil précéda le mien de seulement quelques instants. Si je voulais transmettre l’enseignement que j’avais moi-même reçu de mon frère, je me devais être à la hauteur d’un maître tel que lui. Il fallait que j’achète un arc de bonne qualité mais facile à manier pour le début de l’entraînement de Sheïa. Alors je me mis en quête d’un marchand d’arme ouvert à cette heure. Les plus matinaux étaient généralement ceux qui vendaient le meilleur matériel mais aussi les plus chers …

Quand je sortis de chez moi une douce brise matinale vint me caresser le visage. Le soleil illuminait le ciel bien qu’il n’était pas encore arrivé au zénith. Je m’avançai dans les rues silencieuses, à la recherche d’un magasin d’armement. Comme je l’avais prévu, très peu de commerces étaient ouverts à cette heure. Je déambulais à travers les avenues pendant presque une heure entière. J’avais été trop impatiente et je ne trouvais pas de commerce. Je décidai de m’asseoir par terre et de réfléchir aux solutions se présentant à moi. Je pouvais soit retourner chez moi et attendre patiemment chez moi une heure décente pour l’ouverture des magasins soit rester ici pour voir s’il y avait un marchand assez fou pour ouvrir si tôt. La perspective d’attendre m’ennuyait assez alors je choisis la seconde option.

Je marchais encore sans savoir où aller quand, par miracle, je vis ce que je cherchais désespérément. Une petite échoppe se trouvait devant moi. Je franchis la porte du magasin et un homme d’une trentaine d’années me salua de son comptoir.
J’en fis de même puis je m’aventurai doucement entre les étalages. Il y avait des armes de toutes sortes : des haches, des lances, des épées et enfin des arcs ! Je saisis l’un d’eux qui me semblait correct. De couleur sombre, en bois souple, sûrement du noisetier de taille standard, il était parfait pour les débutants mais quand je louchai sur le prix mes yeux s’ouvrirent comme des soucoupes. Il était bien au dessus de mes moyens. J’en testai un second moins épais, blanc couleur inhabituelle, sûrement de la peinture, non seulement il n’était pas très pratique mais son prix était exorbitant, encore plus que le précédent. Ensuite aucun ne m’attirait particulièrement, sauf un petit noir, il devait être en ébène. Dessus quelques inscriptions argentées rappelant les motifs du mien. Il était plus simple à utiliser que le mien mais il demandait assez d’adresse. J’étais sûre qu’il conviendrait à Sheïa avec un peu d’entraînement. Je me dirigeai vers l’homme avec ma trouvaille et demandai le prix de l’arme. Il me dit qu’il ne valait pas grand-chose car il avait trouvé pendant un voyage, et qu’il avait acheté contre quelques pommes. Je payai l’homme et sortis.

A présent, je devais retrouver Sheïa. Notre point de rendez-vous était fixé là où nous nous étions rencontrées pour la première fois. Je devais me dépêcher pour ne pas être en retard. A cette heure plus avancée de la journée, les rues étaient plus agitées et je devais faire attention à ne heurter personne. Le vent soufflait dans ma direction m’incitant à me dépêcher.
C’est malheureusement en retard que je retrouvais la fille du feu dans la forêt. Essoufflée, je réussis à glisser :

- Je suis désolée d’être en retard, mais c’est apparemment devenu une habitude.
- Ce n’est rien, dit-elle avec le sourire.

Elle semblait paisible quand je me rappelai l’arc que j’avais acheté pour elle. Je lui dis de fermer les yeux et de tendre les bras. Elle le fit de bonne volonté avec un air amusé. Quand je lui dis de rouvrir les yeux, elle fut encore plus surprise que j’aurais pu l’imaginer et balbutia :

- Tu… Tu m’as a...acheter un arc !?
- Oui, pourquoi, ça t’étonne à ce point ?
- Comme tu peux le constater.
- Il te fallait absolument un arc pour commencer à travailler alors en voilà un.
- Je ne sais comment te remercier.
- Ce n’est pas la peine, crois-moi.

Un sourire illuminait son visage. J’étais contente que mon cadeau lui plaise. Mais à présent il était temps de commencer à travailler. Je proposai de commencer par une séance de méditation qui allait renforcer notre concentration, chose primordiale pour utiliser l’arc. Après une demi-heure passée à méditer, il était temps de commencer. Alors je dis d’un air sérieux qui ne me ressemblait pas :

- Leçon n°1 : Tenir l’arc !
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MessageSujet: Re: De l'Arc au Sabre et inversement (Sheïa & Juna) Sam 6 Juin 2009 - 18:47

L'arc que m'avait apporté Juna était magnifique. (whouao!) Les inscriptions qui l'ornaient étaient fines et arrondies. Le bois dans lequel il était taillé semblait être sans fond... Je plongeai mon regard dans ma nouvelle arme (car elle était bien à moi, j'avais du mal à m'en persuader), mes yeux suivant la moindre rainure, le moindre reflet doré qui miroitait au soleil... Je me voyais déjà tirer en experte avec cet arc splendide en mains. Mais pour cela, encore fallait-il que je sache m'en servir. Je m'arrachai à ma contemplation à contre-cœur. L'entraînement allait débuter.

Après avoir médité, il était temps de savoir... tenir l'arc? C'était si difficile que cela? Perplexe, je saisis l'arme qui reposait à terre et me positionnait comme la jeune fille. Je regardai Juna avec insistance. Était-ce comme cela qu'il fallait le tenir? Ou alors c'était tout autrement? Ma camarade fronçait les sourcils, mécontente. J'avais fait quelque chose de mal?

- Tu es gauchère?
- Non, droitière...
- Alors inverse la position de tes mains. C'est la main gauche qui doit tenir le bois et la droite se charge de la corde. Comme cela, tu peux viser avec ton œil directeur, le droit.

Je m'exécutai rapidement. À peine m'étais-je replacée que j'entendis de nouvelles contestations.

- Ta main ne doit pas être tout à fait au centre, baisse-là un peu. Tends bien ton bras. Bien, maintenant, amène l'arc plus au niveau de tes yeux. Si bas, il ne te sert à rien. Non, pas si haut!

J'essayais de suivre toutes ses indications, honteuse de n'avoir rien fait correctement. Il y avait pourtant certaines nuances que j'avais du mal à saisir... En quoi baisser ma main d'un demi centimètre allait-il changer quoi que ce soit? Mais je ne bronchais pas, c'était Juna l'archère, pas moi.

- C'est déjà mieux... Non, attends. Ta posture générale ne va pas... C'est vrai que tu dois mettre ta jambe droite en arrière, mais elle doit être tendue, c'est ta jambe gauche que tu dois fléchir. Un peu plus... Et regarde bien devant toi. Voilà. Maintenant, repose l'arc à terre.
- Le reposer?
- Oui, vas-y.

Mais pourquoi? Je brûlai de lui poser la question, mais je me retins et obéis.

- Maintenant, reprends-le.

Je regardais l'archère d'un air interrogateur. À quoi cela rimait-il? Juna eut l'air de comprendre et me répondit d'un ton amusé.

- Tu dois apprendre à te positionner toute seule et naturellement. Et le plus rapidement serait le mieux.

Je m'emparai de l'arc et, essayant d'appliquer tous les conseils que j'avais entendu, je me plaçai. Juna eut l'air plutôt satisfaite, bien qu'elle remonta légèrement ma main gauche.

- Ça ira comme ça. Essaye avec une flèche...

Ravie, je me précipitai sur le carquois et saisis un des traits. Lorsque je fus prête, elle vint examiner ma posture.

- C'est ça, tu peux essayer de tirer si tu veux.

Toute fière d'avoir su placer ma flèche, je ramenai la corde vers ma joue, puis, sans réellement viser, je la lâchai. La corde vibra dans l'air et la flèche tomba à mes pieds, sans aucun élan, accompagnée de l'arc que j'avais laissé m'échapper. Je ris, amusée de mon échec total. Juna se joignit à moi et la clairière résonna quelques instants de nos rires enjoués. Je me ressaisis. Juna voulait certainement commencer, elle aussi.

- Je pense que ça ira pour aujourd'hui. Si on continuait avec toi? Je suis désolée, je ne t'ai pas apporté de sabres... Mais j'y penserai... Tu utiliseras les miens en attendant. Ça te va?
- Tu es sûre? Je ne vais pas les abîmer ou...
- Ou t'abîmer avec? Je ne pense pas... Et puis tu sais, ça serait pareil avec d'autres. Il serait inutile de t'en proposer des faux, en bois ou je-ne-sais quel autre matériau, le poids et l'équilibre seraient tout à fait différent. Et ce qui importe le plus, c'est l'équilibre. On va d'ailleurs commencer par ça.
- D'accord...

Elle avait perdu son air sûr d'elle... Elle était douée en tir à l'arc mais le maniement des sabres était mon domaine...


Dernière édition par Sheïa le Sam 13 Juin 2009 - 12:51, édité 1 fois
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Juna
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MessageSujet: Re: De l'Arc au Sabre et inversement (Sheïa & Juna) Sam 13 Juin 2009 - 12:23

Mon entraînement allait commencer. L’impatience avait grandît en moi depuis l’accord que j’avais passé avec l’épéiste, mais à présent que j’allais commencer, c’était l’incertitude et la peur qui s’emparaient de mon âme. Des tressaillements, des frissonnements parcouraient mon corps entier. Je tremblais comme une feuille, mais je ne devais pas, non ! Je me pris en main, je me détendais et me vidais de toutes mes pensées.

Je vis Sheïa esquissais un micro-sourire, une fois totalement détendue. Elle avait sûrement vu toute ma scène pour contrôler mes montées de stress incessantes. Elle semblait également attendre que je me mette au travail. Sûrement devait-elle être pressée de m’enseigner son art. D’un signe de la tête, elle m’invita à prendre un sabre. Comme elle en possédait deux, il lui était possible de prendre l’autre afin de me montrer l’exemple, la posture à avoir. Elle répétait régulièrement que le plus important c’est l’équilibre. Mais je ne comprenais pas. L’incompréhension se peignant sur mon visage, elle commença à expliquer :

- Le sabre est une arme, certes, mais c’est également un prolongement de ton bras. Tu ne dois pas simplement le manier, il agit avec toi.

Le stade de l’incompréhension était à sa quintessence, je ne devais pas avoir une expression des plus intelligentes. Ceci suscita un petit rire chez mon interlocutrice. Comprenant que les explications ne m’aideront pas à voir plus claire, elle se décida à passer à la pratique. Elle empoigna son arme et se mit en garde. J’essayais de copier du mieux que je pouvais les gestes et la position de Sheïa. Ne voulant pas rater le moindre détail, je la regardais, je la scrutais avec attention. Les sourcils froncés, je m’appliquais tellement que je n’entendais pas ce qu’elle me disait. Puis soudain, vinrent les critiques – d’un genre semblable que ceux que je lui avais fait antérieurement. Elle relâcha sa position pour énumérer les défauts de la mienne :

- Ne sois pas si crispée sur l’arme, relâche tes doigts, après tout elle ne va pas s’enfuir. Regarde devant toi, ça ne sert à rien de fixer le sol, pendant un combat ton adversaire se trouve face à toi, pas à tes pieds.

Sans plus attendre je corrigeai ce qui n’allait pas, desserrai mes doigts du manche tout en gardant une certaine poigne dessus, et fixai mon regard sur l’horizon, croisant au passage les yeux de Sheïa –d’un bleu magnifique- toujours concentrée. Puis elle recommença ses commentaires :

- Passons sur l’emplacement de tes jambes. Elles doivent être légèrement fléchies, n’oublie pas que tu utilise une arme pour le combat rapproché, ce n’est pas comme quand toi tu tiens ton arc en ayant tes deux jambes parfaitement parallèles et relativement tendues. Tu dois pouvoir avancer ou reculer sans avoir à changer la position de ton arme sinon ton adversaire aura une belle ouverture ce qui n’est pas forcément une bonne nouvelle, garde bien ça en tête. Tu dois également être capable de bondir à n’importe quel moment ainsi que d’esquiver les coups. Maintenant pour ce qui est du sabre il ne doit jamais être placé à la vertical ou à l’horizontal, il doit être entre les deux. Il faut le pointer à un angle approximatif à 45°.


Ses explications étaient claires mais je ne savais pas trop si j’allais pouvoir les suivre car elles étaient très précises voir trop précises. Soudain, Sheïa empoigna son arme et fonça sur moi à toute vitesse et sa lame vînt frapper mécaniquement la mienne que je plaçais enfin de me protégeais. Je ne pus m’empêcher de lui crier :

- Mais t’es malade !
- Pour apprendre, la pratique est l’un des meilleurs moyens. Et ne relâche jamais ta garde !

J’étais vraiment surprise par son changement d’attitude si soudain. Je me demandais ce qu’elle allait me réserver pour la suite de l’entraînement, j’en frissonnais d’avance.
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MessageSujet: Re: De l'Arc au Sabre et inversement (Sheïa & Juna) Dim 21 Juin 2009 - 19:43

Juna n'avait pas l'air très sûr d'elle. Ses mouvements étaient timides, comme si elle craignait de se couper un bras au moindre geste... Il fallait la rassurer. Je tentais de la provoquer un peu lorsque me vint une idée.

- Juna? Tu serais capable de créer une gaine d'air autour de ton sabre? Quelque chose qui ne change pas son équilibre mais qui l'empêche de trancher... Et pas trop solide pour ne pas abîmer le mien lorsqu'ils s'entrechoquent. Tu pourrais le faire?
- Je peux essayer... Mais si j'y arrive, ça ne serait que pour celui que je tiens, pas avec celui que tu as...
- Ça ira, je ne te blesserai pas. J'ai l'habitude, tu sais.

La jeune nomade se mit à la tâche. Elle créa d'abord un léger courant. On pouvait le voir à ses cheveux qui voletaient doucement. Puis elle passa sa paume presque contre la lame, côté effilé, comme si elle voulait la polir. Sa main fit des allers-retours en traçant de petits cercles presque visibles grâce à l'air qui tournoyait. Puis un murmure régulier s'éleva. Elle chantait d'une voix à peine audible. Peut-être était-ce pour se concentrer... Elle était assise en tailleur, le sabre posé sur ses genoux. Son visage reflétait le calme. Les nomades étaient-ils tous comme elle? Rassurants et apaisants?

Je fermai les yeux, bercée par la douce mélodie qui m'envahissait petit à petit. Je perdis la notion du temps, il n'existait plus que ce chant. Même les oiseaux semblaient s'y joindre pour y ajouter leur voix. Puis il se mit à pleuvoir. Une pluie fine et tiède. Je restais assise, presque allongée, les mains posées derrière moi. La terre était humide et toute chaude sous mes doigts... Je penchai la tête en arrière. Des gouttes tombaient sur mon visage... Encore et encore... Et toujours la musique qui faisait le tour de mon corps, comme pour mieux s'en emparer, pour détendre chaque muscle. Je m'étendis complètement dans l'herbe.

Quand je rouvris les yeux, j'étais complètement trempée, mais je n'avais pas froid. Juna avait cessé de chanter, c'était pour ça que je m'étais relevée, mais l'air était toujours aussi vibrant dans ma tête. Il faisait nuit. Ou alors les nuages étaient si épais qu'ils empêchaient le passage du soleil couchant. Dans tous les cas, il était temps de rentrer. Mais d'abord, je voulais savoir si Juna avait réussi. Je la distinguais à peine entre l'obscurité que créaient les arbres et l'absence de soleil. Je tendis ma main, paume ouverte vers le ciel, et une flamme apparut juste au-dessus. La jeune fille me tendait le sabre. Sans lui prendre des mains, je caressai la lame. Ou du moins essayai-je. J'avais beau forcer, mes doigts s'arrêtaient à un demi centimètre du métal, comme enfoncés dans quelque chose de mou, élastique et invisible.

- Tu peux la laisser comme ça pendant que je l'utilise?
- Seulement si je me concentre dessus.
- Bien, essaye alors s'il te plait.

Je pris l'arme et fis quelques mouvements avec. Puis j'en fis de nouveaux avec les deux sabres en même temps. Tout était habituel. Aucune gène ne venait troubler les gestes que je connaissais par cœur. Le travail de Juna était remarquable. D'un revers, je tentai de couper une branche assez fine sur un des arbres à proximité. Elle bougea, comme si je l'avais frappée avec un bâton, mais elle ne fut pas tranchée.

- C'est parfait! Avec ça, tu risques au plus quelques contusions. Le problème, c'est que tu mets du temps à créer cette gaine.
- Ce qui m'a pris le plus de temps, c'est de trouver comment m'y prendre. J'ai dû recommencer à plusieurs reprises... Ce sera beaucoup plus rapide la prochaine fois.

A la fin de ses paroles, le charme se rompit. Plus rien ne m'empêchait de toucher ma lame, comme si la protection n'avait été qu'une invention de mon imaginaire... Nous nous séparâmes, choisissant de nous retrouver dans le courant de la matinée le jour suivant.

Tout en m'éloignant, je pensais avec culpabilité que je ne lui avais pas apporté de sabres... Il fallait vraiment que je lui en trouve... Sauf que je me voyais très mal aller dans une boutique, je n'avais pas assez d'argent pour lui en fournir de bons, qui en valaient la peine. Quoiqu'il en fût, il était maintenant trop tard pour m'en préoccuper... Je partis me coucher.

Je sursautai, réveillée par un rêve dont je ne me souvenais plus. Il ne me restait plus que cette étrange impression que j'oubliais quelque chose... Je regardai autour de moi. La chambre était relativement vide. Les murs étaient nus, mise à part une petite gravure d'un paysage vallonné au dessus du lit. Les meubles étaient basiques: un lit à couverture unie, une table de chevet où reposait une bougie blanche et une chaise en bois cachée par mes effets personnels. Comment oublier quoique ce soit dans cette chambre d'auberge? Je fis rapidement le compte de mes affaires. Mon sac était là, ma cape rangée à l'intérieur, mon épée était intacte, posée contre le mur à côté des sabres et mon nouvel arc reposait sur ma tenue de rechange, sur la chaise. Tout était là...

Je descendis prendre mon petit déjeuner tout en essayant de trouver ce qui m'agaçait. Quand je pensais à quelque chose avant de me coucher, j'y repensais en me réveillant... En toute logique, je me tracassais à cause des sabres de Juna... Je me levai d'un bond, fonçant vers le quartier commerçant. Il était encore tôt et la jeune nomade et moi n'avions pas décidé d'une heure précise pour nous retrouver. J'achetai au passage quelques fruits frais et du pain pour le repas de midi.

Arrivée à la place marchande principale, je m'arrêtai. Je ne devais pas avoir beaucoup plus de trois pour cent de chances de trouver de bons sabres à bas prix, mais je regardai tout de même les étalages, au devant des magasins. Des sabres, il y en avait beaucoup... Mais certains étaient outrageusement sertis de pierres précieuses si grosses que je n'arrivais pas à imaginer comment quelqu'un aurait pu les tenir fermement; d'autres avaient l'air plus simple mais en les observant de plus près, on pouvait voir que les lames étaient mal formées ou de mauvaise qualité...

Après maints essais, j'en trouvai une paire qui me convenait. Légers, maniables, résistants, ces sabres avaient tout pour plaire, sauf le prix... Il n'était pas exorbitant mais tout de même trop élevé au goût de ma bourse à peine remplie. Le vendeur était un homme assez grand à la carrure intimidante... Rassemblant mon courage, je me dirigeai vers lui pour lui expliquer mon problème. Il rit. Je ressentis un élan de déception pour ensuite me rendre compte que son rire n'avait rien de moqueur. Il me regardait, presque gentiment, ce qui créait un véritable décalage avec son physique menaçant.

- Je t'accorde qu'ils ne sont pas donnés, mais je ne peux pas en baisser le prix comme ça.
- Je m'en doute et ce n'est pas ce que je demande...
- Mais pourquoi vouloir des sabres? Ceux que tu as ont l'air en très bon état.
Je jetai un coup d'œil à ma ceinture que regardait le marchand.
- Ils ne sont pas pour moi... Je ne pourrais pas vous aider à la boutique par exemple?
Je lui lançai un regard implorant. Son rire emplit à nouveau la boutique.
- Pas la peine de me regarder comme ça! Laisse-moi au moins réfléchir...
Après une minute de réflexion, il continua:
- Je te propose d'effectuer une livraison. J'ai un paquet à rendre de l'autre côté du village. Si tu acceptes, je baisserai le prix...
- Oui! Je vais le faire! Merci beaucoup!

Le vendeur alla chercher quelque chose au fond du magasin. Il revint avec une caisse dans les bras qu'il posa à mes pieds puis il me donna une adresse, m'indiquant par la même occasion comment m'y rendre. Prête à partir, je me saisis de la caisse ce qui eut pour seul résultat de m'effondrer. J'avais soulevé le paquet de quelques millimètres de sol... L'armoire à glace vivante s'excusa joyeusement:

- Je suis désolé mais nous n'avons rien pour transporter nos colis, tu vas devoir t'y rendre comme ça. ;)

Il y avait quelque chose que je ne comprenais pas... Pourquoi ce tas de muscles avait-il besoin de mon aide pour transporter cette caisse? Mais je n'allais pas me faire prier. Peut-être était-ce de la pure générosité... En tout cas, c'était ma chance, je n'allais pas la laisser filer. Utilisant toute la motivation que je pouvais trouver, je m'appuyai contre la caisse pour la pousser de toutes mes forces. Elle accepta difficilement de se déplacer. Mais que pouvait-elle bien contenir? Une fois sortie dans la rue, au bout d'environ cinq minutes d'effort, j'essayai de me souvenir du trajet, sans succès. Je dus retourner voir le vendeur pour un petit rappel et, après m'être assurée que j'avais bien retenu le chemin, je repartis.

Les passants m'observaient, certainement intrigués de voir une jeune fille s'acharner sur une caisse. Mais aucun d'entre eux n'eut l'idée de m'aider! C'était si amusant de me regarder ahaner pour pousser un malheureux cageot?

- Vous voulez de l'aide, jeune fille?
- Non, je vous remercie, je vais me débrouiller.

Je n'allais tout de même pas accepter! En quoi, sinon, aurais-je mérité une réduction? Après quatre longues heures, j'arrivai à la bonne adresse. Je pris trois bonnes minutes pour reprendre mon souffle et arrêter de haleter puis je frappai à la porte. Une vieille femme m'ouvrit.

- Oh! Euh... Excusez-moi, j'ai dû me tromper... Je viens de la boutique d'arme...
- Ah! Non, vous êtes bien à la bonne adresse! Mon fils travaille là-bas, il devait me rapporter mes affaires! Mais entrez voyons!

Quoi?! Ce n'était pas fini?! Résignée, je fis entrer la "caisse à affaires" de cette dame. Elle l'ouvrit pour vérifier que ce fut la bonne. On pouvait y voir de vieilles robes à froufrous. Pourquoi des robes recouvreraient-elles des objets si lourds?

- Ce sont mes robes de jeunesse voyez-vous... J'en avais beaucoup et une partie a été rangée dans l'arrière-boutique...
- Vous... Vous voulez dire que cette caisse ne contient que des robes?
- Et bien oui. Que voudriez-vous qu'elle contienne?
- Mais... Pourquoi est-ce si lourd? Où sont passés les...
- Oh vous savez, de mon temps, les robes n'étaient pas légères!
- Je... Ce n'est pas...
- Voyons mon enfant, remettez-vous. Vous voulez boire quelque chose peut-être?
- Non... Non non, je vais vous laisser... Au revoir...

Abasourdie, je retournai à la boutique. Me voyant ainsi sidérée, le vendeur éclata d'un rire tonitruant.

- Ahahaha! Je vois que ma mère t'a montré ce que tu transportais!

Je ne fis que le regarder, hébétée.

- Ahaha! Il s'essuya une larme au coin de l'œil. Tu as bien mérité ton salaire! Je te fais ces sabres à moitié prix!
- Moitié prix? Mes yeux s'agrandir, me donnant un air encore plus ridicule. Euh... Merci... Je ne sais pas si je mérite vraiment ça...

Je payai le marchand qui riait toujours. Il n'avait donc pas fini?! J'étais si ridicule? Reprenant un minimum contenance, je fermai la bouche qui s'était apparemment ouverte à je ne sais quel moment. Je ressorti, de nouvelles lames jumelles en main. Je me dépêchai de me rendre au lieu de rendez-vous, Juna devait certainement m'y attendre. Et en effet, lorsque j'arrivai à la clairière, la jeune nomade y était.

- Excuse-moi, j'ai pris plus de temps que prévu...
- Ce n'est pas grave, je viens d'arriver.

Je lui tendis alors ma nouvelle acquisition. Elle parut très surprise. Elle aurait pourtant pu s'y attendre, mais son étonnement me fit plaisir... Et puis elle avait l'air d'aimer.


Dernière édition par Sheïa le Mer 2 Sep 2009 - 15:54, édité 2 fois
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Juna
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MessageSujet: Re: De l'Arc au Sabre et inversement (Sheïa & Juna) Sam 27 Juin 2009 - 12:22

Ce matin je me réveillai en sursaut. Constatant que je m’étais levée en retard je me dépêchai de me préparer. Mais comme à chaque fois où je voulais faire le plus vite possible je me faisais les choses « à l’envers » et mis deux fois plus de temps que d’ordinaire avant d’être fin prête. Maintenant que j’étais certaine d’être en retard, ma flemme grandissante m’intima que je n’avais pas à courir pour être à l’heure puisque la ponctualité n’était pas vraiment mon fort et puis je me rattraperai pendant mon entraînement.

Arrivant tranquillement sur le lien de rendez-vous où je m’étais préparée à entendre les réprimandes de Sheïa, je remarquai que celle-ci n’était toujours pas arrivée. Alors je pris le temps de respirer l’air frais de la clairière et de me relaxer. J’évitais de m’asseoir contre un arbre de peur de me rendormir sous l’effet apaisant de l’endroit. Quand soudain, j’entendis des pas rapides et me retournai pour découvrir la maîtresse du feu qui avait le souffle haletant. Elle s’excusa de son retard et je lui répondis simplement que je venais d’arriver même si l’envie de lui dire que ça faisait un bon moment que je l’attendais me chatouiller l’esprit mais je me ravisai de suite. Il n’était pas l’heure des reproches, de plus elle semblait trop fatiguée pour m’écouter.

Je me demandai si elle pouvait s’entraîner vu son état alors je glissai l’idée de se reposer quelques instants, ce qui m’arrangeai assez. Mais elle ne refusa mon idée et me tendis des sabres. Ma surprise fut immédiate bien que je m’y attendais un peu enfin juste un peu. Je remarquai que mon étonnement lui dessina un sourire sur son visage qui lui donna un air angélique. Ensuite j’examinai les armes, j’avais toujours rêvé d’en posséder bien que je ne susse pas m’en servir. J’examinai les lames avec attention comme une grande spécialiste que je n’étais pas mais j’avais tout de même quelques notions sur le sujet. Les deux objets étaient légers mais ils n’avaient pas l’air de mauvaise qualité, le fer était bien dessiné. De toute manière je devais faire confiance à Sheïa car si elle les avait acheté c’est qu’ils étaient de bonne qualité et adaptés.

Une fois ma contemplation terminée, je me relevai mon regard et croisai celui de Sheïa. Il était temps de se mettre au travail. C’était au tour de mon amie d’avoir sa leçon. Elle n’avait pas oublié son arc contrairement à ce que j’aurais pu faire… Je pris le mien, dégainai une flèche du carquois, la mis à la place qui lui était réservée sur l’arc, tendis la corde et tirai. La flèche fila à tout à allure et vint se planter dans un arbre situé à quelques dizaines de mètres. Sheïa avait observé mes mouvements et un air songeur se dessina sur son visage. Pour l’éclaircir, je lui expliquai :

- Pendant un combat, il ne faut pas prendre le temps de placer sa flèche et de tendre la corde.
- Tu veux dire que ce n’est pas nécessaire ce que ce soit bien fait ?
- Non pas du tout, si ce n’est pas bien fait, ta flèche ne partira pas. Il faut juste le faire rapidement et soigneusement ce sont là les deux qualités que les archers doivent posséder. Bien sûr il y en a d’autres mais celles-ci sont primordiales. Donc au début tu dois simplement bien te placer ainsi que ton matériel et le faire de manière naturelle, comme un automatisme. Ensuite, tu verras que tu y arriveras de plus en plus rapidement jusqu’à pouvoir le faire en tant de guerre.

Elle restait perplexe, je devinai dans son regard qu’elle ne se voyait pas à tirer une flèche à la vitesse du son. Pour la rassurer, je continuai mes explications :

- Ne te méprends pas, ce n’est pas bien difficile, ça vient avec l’habitude. Et l’habitude vient vite. Pour moi ça n’a pris que deux semaines d’entraînement. Tu devrais mettre environ le même temps pour y arriver. Mais assez de paroles pour l’instant, maintenant au travail, je vais t’apprendre comment tirer une flèche.

Une lueur d’excitation s’alluma de suite dans ses yeux. Je sentais qu’elle est impatiente et lui dis de prendre son arc. Elle prit une flèche et se mit en position. Pour la première fois, je voulais qu’elle essaie de tirer sans indications particulières ou précises. Je voyais bien qu’elle attendait que je lui montre l’exemple mais ce n’était pas la bonne solution alors je lui lançai : « Vas-y ». Elle comprit que je ne lui montrais pas l’exemple cette fois-ci. Elle ajusta la corde une fois la flèche en place, calla l’arme à quelques centimètres de son visage et tira. La flèche n’alla malheureusement pas très loin et Sheïa me regarda avec un air qui signifiait « tu vois ? Je ne pouvais pas y arriver ». Ensuite, je lui dis de venir s’asseoir par terre afin de faire le point et commençai à lui dire :

- Qu’est-ce qui ne va pas ?
- La flèche n’est pas partie.
- Certes, as-tu une idée de réponse à ce problème ?

Je voyais qu’elle réfléchissait mais ne trouvait pas, je me vis obligée de lui expliquer ce qui n’allait pas :

- Tu es trop pressée. Au début prends le temps de faire les choses soigneusement, cette fois ta position avait plusieurs défauts que tu aurais pu corriger toi-même si tu avais fait plus attention. Tu ne portais pas ton arme assez en avant, il faut seulement que la corde soit au niveau de ton visage. Ensuite ne garde pas une pression aussi forte sur la flèche, ce n’est pas une épée, elle est légère et on pourrait dire qu’elle a besoin de liberté. N’oublie pas que tu dois agir en finesse.

Elle semblait comprendre. Pour me montrer qu’elle avait compris elle empoigna son arc et fit comme je lui avais dit : elle mit son arc en avant afin que seule la corde touche ou frôle sa tête, elle relâcha ses doigts sur le bois pour agir en légèreté. Ensuite elle corrigea naturellement les autres détails de sa posture : elle regarda loin, fixant une cible, tendit les jambes afin d’obtenir plus d’équilibre. Quand elle laisse la flèche partir, celle-ci fila dans le vent pour s’enfoncer dans un tronc d’arbre à environ 25 mètres. Lorsqu’elle se tourna dans ma direction, elle avait un sourire triomphant. Elle était ravie d’avoir réussi son coup et je la félicitai, enfin je lui dis :

- Tu vois, tu as réussi, tu n’avais pas tellement besoin d’aide en fin de compte.

- Tu m’as quand même donné de précieuses informations pour réussir à tirer.
- Mais tu as trouvé le geste seule, beaucoup doivent passer beaucoup plus de temps à parfaire leurs mouvements, je savais que tu y arriverais.

Puis, quand je commençais à ranger certaines flèches plantées dans les arbres un peu plus loin, Sheïa lança :

- Maintenant, c’est ton tour de t’entraîner !

Sous ma mine peu enthousiaste elle trouva une solution et continua :

- Mais d’abord, à table.
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MessageSujet: Re: De l'Arc au Sabre et inversement (Sheïa & Juna) Mer 28 Oct 2009 - 19:09

Nous mangeâmes sans précipitation... Après tout, nous avions tout notre temps et Juna avait l'air de vouloir prendre une bonne pause. Enseigner était en réalité aussi fatiguant qu'apprendre. Après notre repas, Juna créa la gaine d'air sur l'un, puis, sous mon ordre, sur l'autre sabre.

- Nous ne pouvons pas commencer avec un seul? dit-elle, un peu inquiète
- Nous pourrions mais ça nous ralentirait beaucoup. Il y a une énorme différence entre utiliser une seule lame et deux sabres jumeaux. C'est ensemble que tu apprendras le mieux à les utiliser. Maintenant, essaye de prendre la position que tu as apprise. Je te préviens, ça fait bizarre avec la main gauche ... C'est ... différent.

Elle s'exécuta rapidement. À ma grande surprise, elle n'eut aucun mal à tenir le second sabre. C'était impressionnant de voir à quel point elle apprenait vite et de façon assez naturelle en réalité... Elle ne s'était pas trompée en voulant apprendre à manier les sabres, cela lui conviendrait parfaitement ... Dans certains cas. Je ne manquai pas de lui faire remarquer:

- Tu y arrives bien. Ta posture par contre devrait être légèrement différente. Tes bras seront rarement positionnés de façon symétrique, il faut garder les deux lames parallèles, même si ce n'est pas nécessaire qu'elles soient au même niveau. Oui, voilà, comme ça. Essaye de bouger un peu pour voir ce que ça donne ...
- Comment exactement?
- Tu n'as pas besoin d'avoir de technique spéciale, c'est surtout très instinctif.

Je pris mes propres sabres et je fis alors quelques mouvements simples, assez lentement, sous le regard examinateur de la jeune maîtresse de l'air. Elle les reproduisit sans aucune difficulté apparente.

- C'est bien. On dirait que tu as compris l'importance de l'équilibre, tu le maintiens vraiment bien. Maintenant, on va tenter un combat. Un combat d'entraînement, bien sûr, m'empressai-je d'ajouter sous son expression presque paniquée. Je vais te donner des indications tout au long.

Juna se mit en position et le véritable entraînement commença.

- Pare à droite ... à gauche ... recule ... Stop! Ne bouge pas, regarde, sur ma gauche, tu as une ouverture, tu peux attaquer en ramenant simplement ton bras vers l'intérieur.
- Comme ça? Comment est-ce que je peux savoir quand j'ai l'occasion d'attaquer?
- Euh ... C'est une question d'habitude ... Je crois.
- Tu crois? Ce n'est pas très rassurant.
- Et bien, ça se fait assez naturellement ... Je veux dire que, en parant, on met en difficulté l'adversaire et on peut alors attaquer ...
- ...
- Je ne vois pas comment mieux te l'expliquer qu'en te le montrant. Tu devrais comprendre si on le fait assez souvent.

Et voilà ... Je le sentais tellement venir ... J'étais incapable d'expliquer clairement les choses, Juna en était perdue ... Alors qu'elle enseignait parfaitement bien, que j'avais fait des progrès énormes grâce à elle, je n'arrivais pas à être claire. Je n'arrivais qu'à sortir "ça se fait tout seul" ... Quel conseil ...

Je ne devais pas avoir un visage très réjoui puisque la jeune fille de l'air me demanda doucement:

- Ça va?

Elle me regardait d'un air inquiet. Je ne répondis pas tout de suite, je ne savais vraiment pas quoi dire ... Il n'y avait peut-être même rien à dire ... Je dramatisais, ça me ressemblait bien. Il fallait que je me calme un peu ... Et que je réponde ...

- Je suis désolée, je ne te sers à rien. J'ai beau essayer, je n'arrive pas à expliquer quelque chose qui me paraît clair, je ne vaux absolument rien ... Mais il y a tant de différence entre un arc et des sabres ... Ce n'est plus du tout le même mode d'action ... Je n'avais rien à comprendre pour passer du duel rapproché à celui à distance. Mais faire l'inverse est plus complexe et je n'arrive même pas à t'y aider ... Excuse-moi ...

C'est comme ça que je dédramatisais? Qu'est-ce que ça aurait été si je n'y avais pas fait attention ... Juna laissa tomber ses sabres par terre ce qui produisit un cliquetis sourd. Ah oui, apparemment j'avais vraiment exagéré ... Pourvu que les sabres ne soient pas abîmés ...

- C'est ça qui t'embête? Je te pose une malheureuse question et ça y est, je te dis implicitement que tu ne sers à rien?
- Je n'ai pas dis ...
- Non, c'est vrai, tu n'as rien dit du tout, on continue.
- Mais ...
- Mais rien. Je n'ai pas envie de t'entendre dire que tu fais tout de travers. Ou alors ce que tu veux dire, c'est que j'apprends très mal?
- Mais pas du tout, au contraire ...
- Bien, il n'y a aucun problème alors. Si tu reprenais la bonne posture?

Sans me laisser répondre quoique ce soit, elle ramassa les lames à terre et les tint fermement. Devant mon immobilité, elle attaqua, apparemment bien décidée à m'ôter toute morosité. Elle avait l'air plus motivée et plus sûre d'elle que cinq minutes auparavant ... Et cette assurance m'avait tout l'air contagieuse. J'évitai de penser vraiment à ce que je faisais, de peur d'énerver, pour la première fois, une nomade de l'air. Quoiqu'il en fut, l'entraînement continua, même si Juna ne posa plus aucune question.

Elle avait toujours du mal à placer une attaque, je devais lui indiquer quand le faire. Ce n'est pas de ma faute, ce n'est pas de ma faute, ce n'est rien ... Je pensais vraiment comme une égoïste ... Arrête de penser, ça sera plus simple >_< Bon, bon, d'accord, pas la peine de crier ... Et en plus je me parlais à moi-même ... J'ai dis stop! Oui, oui, ça venait ...

- Sheïa?
- Oui?
- Tu as l'air ... ailleurs. J'espère ne pas avoir raison sur la cause de cette absence.
- Oh ... Rien, rien, ça va aller.
- Tu ne vas pas éclater en sanglot si je te demande pourquoi je dois te faire reculer?
- J'ai dit ça?
- A l'instant ...
- Je vois ...
- Tu veux te reposer peut-être?
- Surtout pas! Enfin donc ... Si je recule, c'est que je perds l'avantage. Je ne sais pas où tu m'emmènes, je peux très bien perdre l'équilibre à n'importe quel moment ou me cogner contre n'importe quoi. Alors que toi, tu vois tout ce qu'il se passe derrière moi. Tu dois profiter de ce qui t'entoure.

Pour appuyer mes paroles, je la fis reculer jusqu'à un arbre.

- Tu vois? Tu ne peux plus t'éloigner de moi mais moi je le peux ... Évidemment, il y a toujours un moyen de retourner ça à ton avantage. Tu me peux me faire reculer à mon tour ou ...

Sans avoir le temps de m'en rendre compte, elle me prit par le poignet et m'attira contre l'arbre d'un coup sec. Je me retrouvai alors coincée entre elle et l'immense plante, désagréablement rugueuse.

- ... Ou faire ça?

Elle me relâcha avec une lueur d'amusement dans les yeux.

- Oui ... C'est une possibilité qui me semble assez fructueuse ...

Il paraissait que rire était bon pour la santé. Notre santé devait donc aller en s'améliorant puisque chaque jour, nous riions. Cette fois, ce fût Juna qui commença et les restes d'un fou rire se firent ressentir quelques minutes. Encore une fois, le soleil avait décliné sans que nous nous en apercevions. Il faisait un peu frais mais aucune de nous ne proposa de nous arrêter avant qu'il fasse nuit. Nous continuions donc à faire nos petits crapahutages un bon moment. La cadence était plus élevée qu'au début et la fille de l'air avait de moins en moins besoin de mes indications. On avançait plutôt bien finalement, j'étais vraiment une idiote ...

Ce ne fut que lorsque le cri d'un hibou-chouette résonna dans la forêt que nous nous rendîmes compte de l'heure. La voûte céleste était alors d'encre mais les étoiles qui la parsemaient nous apportaient assez de lumière pour y voir clairement. Il était temps de s'arrêter. Juna parti en première, avec un grand sourire encourageant. Je restai encore un peu et je repensai à cette nouvelle journée ... Merci Juna ... J'ai beaucoup de chance de t'avoir rencontrée ...

~~~~~~~~~~

Désolée d'avoir été si longue ... J'espère vraiment mettre beaucoup moins de temps la prochaine fois é_è
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MessageSujet: Re: De l'Arc au Sabre et inversement (Sheïa & Juna) Mer 25 Nov 2009 - 18:28

Il était tard que nous nous séparâmes. Je partis la première laissant Sheïa seule sous le ciel étoilé. Cette journée avait était très … riche en émotion. Je sentais que notre amitié, bien qu’on ne se connaisse depuis peu de temps, promettait d’être belle. A cette pensée une petit sourire se dessina sur mon visage. Une belle amitié, une vraie. Je ne pense pas en avoir eu dans le passé. Mais j’espère qu’il y en aura encore beaucoup à naître … Merci Sheïa … Je suis vraiment heureuse d’avoir fait ta connaissance. Puis, je m’arrêtai quelque secondes afin de contempler l’infini et la beauté du firmament. L’étendue étoilée possédait une teinte très sombre contrastée par l’éclat des étoiles plus brillantes les unes que les autres. Les constellations étaient parfaitement visible grâce à l’absence de nuages. Le spectacle était simplement magnifique. Il relevait presque du féérique. Mais je ne pus m’attarder plus dans mon admiration car l’heure était bien assez tardive et la fatigue me prenait. M’écrouler au milieu d’une plaine n’était pas une idée qui me réjouissait particulièrement. Alors j’accélérais le pas pour me retrouver chez moi quelques minutes plus tard.

~

Les semaines passèrent, je trouvai que Sheïa était de plus en plus précise, elle s’améliorait. J’étais fière de mon élève. D’un autre côté je me sentais également progresser. J’avais plus d’aisance à manier les sabres et je n’avais plus peur de me blesser, c’était relativement une bonne chose. Mais je devais tout de même rester prudente, je n’étais pas experte. Je me demandai combien de temps encore Sheïa et moi allions nous entraîner ensemble … sûrement jusqu’à ce que chacune n’est plus besoin de l’aide de l’autre pour manier les armes. Je n’étais pas pressée d’arriver à ce moment. En effet, Sheïa était très gentille et très agréable. Soudain je réalisai que je ne savais pas grand-chose sur elle. Elle était de la nation du feu, elle utilisait des sabres pour se battre … et quoi d’autre ? Un jour il faudrait remédier à ça. J’étais pressée de connaître son histoire …
Un jour, où il faisait une anormale excessive chaleur, je laissai tomber violemment les deux sabres que je tenais fermement depuis au moins deux bonnes heures, et le son du métal s’entrechoquant fit sursauter Sheïa qui s’était permise de me laisser travailler seule afin de travailler avec son arc elle-même pour gagner en précision. Quand je me laissai glisser contre le tronc d’un arbre, la maîtresse du feu s’approcha assez rapidement et dit :

- Juna ? Un problème ? Que se passe-t-il ?
- Je suis fatiguée, dis-je en souriant.
- Ah, ce n’est rien alors, répondit-elle.
- Non, ne t’inquiète pas comme ça ! lâchai-je.

Un court silence s’installa, Sheïa était venue s’adosser au même arbre que moi et nous fixions le ciel et ses nuages blancs qui voyageait dans l’infini bleuté tels des moutons lymphatiques. Ca me rappelais ce que je faisais avec mon frère pour me relaxer. J’eus une sorte de pincement au cœur en repensant à lui et je me surpris à serrer mon arc de plus en plus fort dans ma main. Cela faisait longtemps que je n’avais pas repenser à lui, sûrement parce que je m’investissais un maximum dans mon entraînement. Sheïa tourna la tête doucement la tête vers moi et remarqua sûrement la pression qu’exerçaient mes doigts sur le bois de l’arme puisqu’elle me demanda :

- Ca ne va pas ?
- Si, je suis juste un peu nostalgique, dis-je en essayant de la rassurer.
- Tu mens mal, Juna, dit-elle en souriant.
- Ah ? Euh, quoi ? Non non, je t’assure, me défendis-je.
- Très bien, et si tu me racontais un peu ton passé pour que je te comprenne un peu mieux ?
- Si ça te tiens à cœur, nous risquons d’en avoir pour un moment, dis-je en soupirant.
- On a tout notre temps, répondit-elle.
- En échange tu me raconteras la tienne ? demandai-je.
- Oui, si tu veux, mais je t’en prie commence, insista-t-elle.
- Très bien, très bien. Ma vie n’était pas très passionnante. Je n’ai jamais vraiment passé beaucoup de temps avec mes parents, ils étaient assez absents tout le temps. Je me rappelle au moins de leur visage et du son de leur voix. Ma mère était belle, elle était gentille, mais elle et mon père se disputait souvent avec mon frère. Un jour, ils sont partis après une dispute plus violente que d’habitude avec mon frère. Je ne crois pas les avoir revu. J’étais encore petite. Je devais avoir 7 ans et bien que mon frère n’avait que 12 ans, il était bien assez débrouillard et mature pour qu’on grandisse paisiblement. C’est une des raisons pour lesquelles je l’ai toujours admiré. J’ai toujours voulu lui ressembler mais lui, il m’a appris à être unique, à ne vouloir ressembler à personne. Il voulait que je pense par moi-même que j’apprenne à me faire un avis toute seule mais à ne pas juger les autres trop vite. Il voulait que je sois ouverte aux autres, c’est une des seules choses qu’il a voulu m’enseigner que je n’ai pas assimilé. Il était admirable, d’ailleurs il doit toujours l’être. Il croyais en moi comme personne. La confiance qu’il m’accordait était bien plus élevée que celle que je m’accordais moi-même. Je suis indécise de nature, et timide aussi mais c’est autre chose. Il m’a tout appris. Il voulait que je sois indépendante aussi …

Je m’arrêtais quelques instants dans mon discours, premièrement pour reprendre mon souffle, deuxièmement car j’avais comme une boule dans la gorge, elle mis quelques instants à disparaitre.

- … Il voulait que je dépende de personne. C’est pourquoi quand il m’a estimé assez grande, il est parti. Le seul souvenir que j’ai de lui, c’est cet arc. Peut-être aussi mon entraînement. Un jour, il n’était plus là quand je suis rentrée après m’être entraînée. Je l’ai cherché partout et puis j’ai vu une lettre qui disait : « excuse-moi, petite sœur, aujourd’hui je te laisse. De cette manière du grandira encore plus vite. Je te fais confiance pour la suite. Je te promets que nous nous reverrons un jour, ce n’est qu’une question de temps. Tu me montreras combien tu es devenue forte. » En lisant ce papier les larmes me sont montées aux yeux. Ensuite tout est allé très vite. Je suis sortie en courant, je pleurais à chaudes larmes. La seule perspective de ne plus l’avoir avec moi me désarmait et là j’étais complètement perdue. Sans lui, je ne savais plus quoi faire. Sans lui, je ne sais plus où aller. J’ai couru pendant des heures et des heures sans m’arrêter, sans vouloir m’arrêter. Qu’importait la distance que je parcourais, ma douleur était trop profonde. J’étais dans la forêt et je me suis rendue compte à quel point celle-ci était grande. Le ciel pleurait avec moi. Tout ce que je voulais c’était me sentir à nouveau en sécurité. J’avais peur, plus que jamais. J’avais mal, comme jamais. Et puis, quand il n’y avait plus d’arbres autour de moi, que le paysage avait fini de défiler, je me rendis compte que j’étais sortie de la forêt pour la seconde fois de ma vie. Là, où j’étais, il ne pleuvait même pas. Il y avait même le soleil brillant de toute sa force. Il m’éblouit quelques instants. Je regardais derrière moi une dernière fois et c’est là que j’ai eu une révélation.

- Quelle révélation ? demanda Sheïa puisque je ne repris pas mon discours.

- Eh bien, de devenir un maître de l’air ! Quand j’y repense j’ai toujours ignoré comment mon frère avait appris à la maîtrise de l’air … Mais ça n’a pas d’importance. Bien, je pense avoir fini de te raconter mon passé. Je sais qu’il n’est pas très intéressant mais tu y as tenu, conclus-je avec un grand sourire.
Sheïa me regardait à présent avec un autre air, comme si elle avait compris quelque chose pendant ma tirade. Mon histoire n’avait pourtant rien d’extraordinaire … ou alors était-ce juste pour moi ? Après tout, c’était mon histoire, pas étonnant que je la trouve banale. Le silence commençait à devenir pesant alors pour rouvrir la conversation, je lançai :

- Alors, on reprend l’entraînement ?
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Sheïa
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MessageSujet: Re: De l'Arc au Sabre et inversement (Sheïa & Juna) Mar 29 Juin 2010 - 15:41

Comme on dit, mieux vaut tard que jamais !

*~*~*~*~*~*~*~*~*~*

Je regardais la jeune maîtresse de l'air. Ou plutôt, je la fixais, sans pouvoir en détacher mon regard, et surtout sans pouvoir dire un mot. Je n'avais pas manqué de verser des larmes, tout au long de son récit cependant elle n'avait rien remarqué, elle était trop prise par son émotion, à elle, sans doute bien plus forte que la mienne. Son histoire était si dure, parsemée d'aventures malheureuses dès sa petite enfance. Je ne pouvais pas connaître, bien sûr, le lien qui unissait Juna à son frère, je ne pouvais même pas l'imaginer en détail mais j'arrivais à en discerner l'ampleur et il était si évident que ce lien ne s'était absolument pas affaibli, pas venant de mon amie en tout cas.

Mais deux choses, deux facettes de Juna trouvaient leur explication dans l'histoire de son passé... La première étant sa détermination. Cette volonté de réussir, de ne pas abandonner, qui vivait en elle, résultait donc de son envie de faire honneur à son frère. Elle s'était battue pour devenir ce qu'elle était aujourd'hui et il paraissait évident qu'elle n'avait à aucun moment occulté la présence de son frère dans son esprit. Elle m'avait révélée sa motivation.

La deuxième se manifestait par son côté distant. Pas froid, ni inquiétant, elle était seulement calme et réservée. Quelle soit maîtresse de l'air pouvait être une explication, et c'était celle pour laquelle j'avais opté. Mais je voyais maintenant la jeune fille sous un autre jour. Elle avait grandi avec son frère puis d'un coup, elle s'était retrouvée seule. Elle avait dû mûrir prématurément, pour pouvoir se débrouiller seule. En vérité, elle avait acquis une certaine sagesse, voilà pourquoi elle était si calme, et réfléchie. Et, peut-être, la peine qui devait rester fichée en elle l'avait-elle un peu coupée des autres, comme si créer de nouveaux liens risquait d'altérer le plus précieux d'entre eux.

Je gardai mes hypothèses pour moi. J'aimais analyser les comportements de ceux qui m'entouraient. Mes suppositions se vérifieraient ou s'infirmeraient d'elles-même, je n'avais pas besoin de tourmenter Juna. M'avoir raconté son histoire devait avoir été assez pénible comme ça.

Ce fut le lendemain, qu'elle me demanda des détails sur mon passé. Il pleuvait à torrent sans aucune accalmie. Tous les nuages étaient arrivés brusquement. La veille il faisait un temps superbe et maintenant la pluie. Sans oublier le tonnerre. Une magnifique journée d'orage en somme. Comme presque chaque jour, Juna et moi avions convenu de nous retrouver dans la matinée et ce n'était pas un peu d'eau qui allait me décourager ! Je sortis de l'auberge, résignée et refusant de baisser la tête sous la pluie diluvienne. En retrouvant Juna, nous avons tacitement décidé de se passer d'entraînement pour la journée. Le sol était horriblement boueux, on ne voyait pas à cinq mètres devant soi et il fallait hurler pour que le son de notre voix recouvre le vacarme que provoquait le déluge.

Cependant, je n'avais aucune envie de quitter mon amie pour si peu. Ces derniers temps, nous passions toutes nos journées ensembles et je me rendis compte que l'idée de n'être restées que quelques minutes ensembles m'attristaient ...

- Et si on s'installait quelque part pour discuter ?
- C'est une bonne idée. Je te suis.

Nous trouvâmes le bar le plus proche. Il était plutôt petit et éclairé d'une étrange façon. De petites bougies étaient disséminées un peu partout, on aurait cru à de minuscules âmes qui dansaient autour des clients. Nous nous assîmes à une table au fond de la salle et Juna m'annonça presque aussitôt :

- Aujourd'hui, c'est à toi de me raconter ton histoire.
- Ah ?
- Oui ! Tu m'avais promis qu'après moi, ce serait toi.
- D'accord, d'accord. Mais je ne suis pas sûre que ça t'intéresse ...
- Je ne te le demanderais pas dans ce cas.
- Effectivement, vu sous cet angle ...

Nous commandâmes une théière pleine tandis que je cherchais par où commencer.

- Hmm ... Je ne sais pas quoi dire, moi !
- Commence par ta famille, d'où viens-tu ?
- Je suis née à la capitale de ma nation et j'y ai passé une grande partie de mon enfance. Je vivais avec ma mère et mon père. Aux dernières nouvelles je n'ai aucun frère ni aucune sœur. Ma mère est une femme très aimante et très attentive. Elle sourit beaucoup et venait toujours me consoler quand je fondais en larmes. C'est elle qui m'a appris à lire quand j'avais quatre ans et à partir de ce moment, mon père a décidé que je devais suivre des cours. Beaucoup sur l'art de la tenue, la couture, la cuisine, comment bien recevoir des convives et tout ce genre de choses mais ma mère a insisté pour que l'on m'apprenne aussi l'arithmétique, l'astronomie et la philosophie, ce qui me plaisait bien plus. Mon père est un riche marchand et pour lui, mon rôle se résumait à devoir faire honneur à la famille en étudiant pour devenir une bonne épouse, ce que je n'ai compris que plus tard. Il était froid et ne me montrait aucune marque d'affection particulière. Lorsque j'ai eu dix ans, il a voulu me fiancer au fils d'un de ses "amis", encore plus riche que lui. C'est à ce moment que je me suis enfuie pour aller retrouver mon grand-père.

Je m'interrompis. Je pris une grande gorgée de thé. Des images s'imposaient à moi. Ma mère et moi dans la bibliothèque riant aux éclats ou au contraire concentrées sur un ouvrage volumineux. Ma mère me caressant doucement les cheveux alors que j'étais couchée. Mes parents se disputant à propos de ma dernière escapade. Mon père regardant avec sévérité si je servais correctement le thé. Mon père ordonnant à la nourrice de m'enfermer dans ma chambre. C'était un flot incessant, qui refusait de se tarir. La gifle que j'avais reçue, parce que je n'avais pas été présente à l'arrivée des invités. Ma nourrice me parant de la robe la plus inconfortable qui soit et me pressant d'aller rejoindre Ikito. Toutes ces sorties que je n'avais jamais eu le droit de faire et qui subitement, dès qu'Ikito était là, étaient presque obligatoires.

Juna me sortit de ma rêverie en se servant plutôt bruyamment une tasse.

- Je ne voulais pas partir, repris-je maladroitement. Je voulais rester avec ma mère mais rien que l'idée d'épouser Ikito ... Brrr ! Je l'aimais bien, c'était un bon ami mais je n'avais aucune intention de l'épouser !
- Je comprends ... Mais pourquoi ne pas en avoir parlé à tes parents ?
- Tu ne connais pas mon père. Le moindre de ses désirs doit être pris comme un ordre et il avait trouvé le gendre idéal ...

Je changeai brusquement de sujet.

- Mon grand-père était le père de ma mère. Il m'a enseigné les grandes bases de la maîtrise du feu, du combat à l'épée et aux sabres. Je crois que j'y ai passé les plus belles années que j'avais jamais vécues. Lorsqu'il est tombé malade et qu'il ne pouvait plus me garder avec lui sans que je lui cause de peine, je suis partie à l'aventure et à la recherche d'un nouveau maître. C'est de lui que je tiens mon épée d'ailleurs ... Maintenant, j'essaye d'apprendre le plus possible et de me rendre utile. Et puis je montre que les maîtres du feu ne sont pas des tueurs sans vergogne !

Je ris en chœur avec la jeune nomade et la boule qui se formait dans ma gorge se fit moins gênante.

- Tu as revu tes parents depuis ?
- Non, j'attends d'avoir appris bien plus. Si j'y retournais maintenant, mon père serait fichu de me retenir pour me marier sur le champs à Ikito ! Et puis comme ça je pourrai lui prouver que les filles peuvent être plus que de simples épouses. Et ...

Je me tus, ne sachant pas vraiment si ce que j'allais dire était vrai ou non.
- Quoi donc ? m'encouragea Juna.
- Je ... Je crois que j'ai peur de l'accueil qu'ils me réserveraient. Mon père doit certainement beaucoup m'en vouloir. Peut-être même qu'il a dit partout que j'étais morte ou qu'il m'a officiellement reniée, ça lui ressemblerait ...
- Ou peut-être qu'il s'en veut énormément. Tu ne peux pas le savoir tant que tu n'y vas pas.
- Mais il y a ma mère aussi ... Je veux dire que je l'ai abandonnée ... J'ai dû la décevoir ... Elle faisait tout pour que je sois heureuse ... Et puis j'ai fui devant la première difficulté qui se présentait ... J'aurai dû en parler avec mes parents.

Mes paroles étaient hachées. Ma voix tremblait sans que je puisse l'en empêcher. Mon amie s'en rendit compte. Avant de parler d'autre chose, elle me répondit :

- Ça ne mène à rien de te dire ça. Vas de l'avant. Tu les reverras, j'en suis certaine. Et sinon, pour l'entraînement, comment tu trouves que je m'en sors pour le moment ?

Nous déjeunâmes au bar et nous discutâmes tout l'après-midi. A aucun moment la pluie ne se calma. Si l'on regardait par la fenêtre, on pouvait voir que la rue c'était transformée en véritable ruisseau boueux. Il fit sombre toute la journée et en un instant il fit nuit. Ma morosité avait apparemment décidé de filer et nous nous apprêtâmes à sortir dans la bonne humeur. Après avoir payé et alors que nous nous dirigions vers la sortie, deux hommes se levèrent de leur table. Ils se retrouvèrent dehors à peine dix secondes après nous.

- Hey, les filles !

Je me retournai. Ils étaient grands, l'un filiforme et l'autre détenait une carrure plutôt forte. Mais tous deux avaient un sourire plutôt malsain, surtout quand la lumière des lampes extérieures se reflétaient sur leurs dents en sale état.


Dernière édition par Sheïa le Ven 18 Mar 2011 - 23:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: De l'Arc au Sabre et inversement (Sheïa & Juna) Dim 8 Aoû 2010 - 20:19

Validation RP: Juna => + 220 XP
Sheia => + 280 XP

Note personnelle: RP très bien rédigé par les deux partis, bonne continuation ;) (Merci de me prévenir si vous ne continuez pas)

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MessageSujet: Re: De l'Arc au Sabre et inversement (Sheïa & Juna) Mar 10 Aoû 2010 - 12:01

Sheïa et moi avions passé une très bonne après-midi. C’était très agréable de parler avec elle et on sentait qu’on pouvait lui parler, sans problème. La façon dont elle s’était confiée à moi m’avait tout de même touchée malgré le fait que ce soit moi qui ait ouvert mon cœur et mon esprit la première et que nous nous connaissions maintenant depuis un moment. Nous avions eu des moments difficiles toutes les deux, rencontré des problèmes toutes les deux mais totalement différents. Je voyais très bien qu’elle avait été beaucoup plus courageuse que je ne le serai un jour de ma vie malgré les doutes qui la tourmentaient à présent. Avec tout ce qu’elle avait traversé jusque là, elle ne pouvait pas abandonner, elle ne devait pas, pas encore, pas maintenant. Je m’efforçai de lui redonner du courage. Elle en était capable, j’étais sûre. Elle n’était peut-être pas la fille la plus téméraire au monde mais elle avait du courage à revendre. Contrairement à moi.

Au moment de sortir du bar, deux hommes nous suivirent. Feignant de ne pas les voir, nous continuons notre chemin calmement, sans rien laisser paraître. Puis, ils nous interpelèrent. Sheïa se retourne quelqu’un instants afin de les observer. Je ne préférai pas les voir et je pris le poignet de mon amie l’obligeant à arrêter sa « contemplation » afin de rendre la marche, plus activement que tout à l’heure. Je sentis la peur monter dans mon ventre. J’ignorai ce dont ces hommes étaient capables. Je ne voulais pas le savoir. Accélérant le pas, je me rendis compte que malgré qu’elle soit plus grande que moi, j’obligeais la maîtresse du feu à presque courir. Pourtant elle n’était pas forcément plus à l’aise que moi. Mon inquiétude grandit quand j’entendis les pas de nos poursuivants s’accélérer. Là, je me mis clairement à courir, lâchant le bras de Sheïa. Jamais je n’avais été traquée mais j’avais déjà couru à en perdre haleine, le jour où mon frère m’avait abandonnée. L’obscurité ne m’aidait pas tellement dans ma course. Je manquais de tomber à plusieurs reprises en trébuchant sur des cailloux ou de grosses branches. Soudain, je m’arrêtai. Sheïa n’était plus derrière moi. Les hommes du bar ne l’étaient pas plus. Je ne les entendais plus.

Je m’assis par terre, les genoux repliés et resserrant mes bras sur eux. Je devais reprendre mon souffle et réfléchir à ce que j’allais faire maintenant. Bien sûr, je devais aller aider mon amie. Mais la question était comment. Je ne savais pas quelle était la situation là-bas. Alors je me décidai à utiliser ma maîtrise. Un exercice que je n’avais pas entrepris depuis un bon moment. Je rassemblais les molécules d’air jusqu’à mes oreilles. Je pouvais percevoir les sons émis depuis là-bas, je pourrais savoir ce qu’il se passe. Avec l’humidité de l’atmosphère, j’étais plutôt gênée et je ne comprenais pas tout. Je devinai simplement que les hommes avaient rattrapé la maîtresse du feu. Je devais tout de même être à une certaine distance pour que ma technique soit aussi faiblement réussi alors je devais faire vite. Mon meilleur atout serait la surprise.

Je me déplaçai le plus silencieusement possible pour être en mesure de surprendre mes ennemis comme il le fallait. L’humidité du sol encore trempé de m’était pas d’une grande aide aussi devais-je être très concentrée. Je dus donc renoncer à ma technique d’écoute grâce à l’air pour ne pas m’épuiser, pas tout de suite. Puis j’arrivai à un moment où je n’eus plus besoin de l’air pour entendre ce qui se passait. Je n’étais plus qu’à quelques mètres des trois personnes mais je ne pensais pas avoir été repérée. Heureusement des arbres avaient poussé un peu partout et je pus me cacher derrière un pour agir au meilleur moment. Ne pouvant bien observer la scène, je décidais de monter dedans mais un oiseau dérangé par ma présence s’envola aussitôt. Les trois visages convergèrent dans ma direction mais la densité de du feuillage et la faible lumière les empêchèrent de me remarquer. A présent, j’entendais clairement ce qu’ils racontaient mais il me manquait toujours le début de la conversation :

- Alors, elle est où ta copine ? Elle t’a laissée toute seule ? Elle ne voulait pas s’amuser avec nous ? dit le plus grand des deux hommes avec un sourire mauvais.
- Je vous ai déjà dit de nous laisser tranquille ! D’ailleurs je n’ai aucune envie de m’amuser ou quoi que ce soit d’autre avec des crapules de votre genre ! cria Sheïa, presque hors d’elle.

Après ça, ils ne parlèrent plus. Un court silence s’installa. Je profitai de ces secondes pour observer les deux hommes. L’un était grand, plutôt carré dans sa physionomie. Il ne dépassait pas les 185 centimètres. Il avait des petits yeux et des cheveux coupés courts évitant leur entretien. Il n’était pas habillé de manière très riche et son sourire laissait apparaître quelques trous et des dents jaunies. Quant à l’autre il semblait plus « propre ». Il avait des cheveux nettoyé et plus long que son compagnon. Il était d’ailleurs mieux habillé, de façon plus riche. Enfin il était plus petit. Je déduis que c’était lui qui avait l’autorité sur l’autre. Il avait l’air aussi nettement plus intelligent, ou plus subtil. Sheïa, elle, restait impassible. Ses yeux cachait toutes formes de peur, seule la colère se lisait dans son regard. Puis, ils reprirent la parole :

- Petite menteuse ! Tu essaies juste de te faire désirer. Pourquoi hésites-tu à ce point de venir avec nous ? Nous ne te ferons pas de mal, dit le plus grand.

Elle resta silencieuse. Tout à coup, je réalisai que c’est moi qui portai les sabres et elle l’arc. A moins que nous voulions mettre à profit nos entraînements, pour notre survie, il fallait échanger les armes au plus vite. Je doutais plus de mes capacités que de celle de Sheïa. Après le plus petit s’approcha près de Sheïa, trop près. Il faillit lui toucher le visage mais instinctivement je déclenchai une bourrasque violente dans sa direction et Sheïa utilisa sa propre maîtrise pour brûler les bouts de ses doigts. Il laissa échapper un couinement plaintif. Il jura. Puis, il ordonna à son compagnon de « se saisir de la fille ». Elle évita habilement mais elle ne pouvait se défendre au corps à corps avec un arc. Je descendis donc le plus silencieusement possible de mon arbre. Comme ils étaient tous absorbés par le petit combat entre la brute épaisse et la jeune fille, je pus me déplacer à ma guise. Je créai un courant d’air pour signaler ma présence à la maîtresse du feu. Soudain le grand réussit à saisir l’arme de Sheïa. Il allait la casser. Alors je ne pris plus peine de réfléchir et lançais un des deux sabres à mon amie une fois que j’étais juste derrière le second homme. Elle devait se débrouiller avec une seule lame cette fois. Elle l’attrapa sans mal et put menaçait la brute qui posa tout de suite l’arc. Sauf qu’il sortit une arme à son tour. Je n’avais plus d’autre solution. Je levai la lame qui me restait et la plaçais juste en dessous de la gorge du supposé chef. Etant plus petite que lui, il devait être prudent et ne pas trop bouger au risque d’y perdre la gorge. Il dit alors :

- Ah ! Te voilà, nous avions bien cru que nous t’avions fait peur !
- Plus un geste. Ou alors tu ne feras plus jamais peur à personne. Jamais, déclarai-je sèchement.
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MessageSujet: Re: De l'Arc au Sabre et inversement (Sheïa & Juna) Mer 30 Mar 2011 - 13:47

J'ai milles excuses à faire, pour diverses raisons ... Désolée Juna, de ne répondre que maintenant par exemple. Ou de la qualité discutable de ce post ... Vraiment, je demande pardon ><

~*~*~

Avoir récupéré une de mes lames me rassura. Seule avec un arc en combat au corps à corps, j'étais bien trop démunie. Que Juna ait pris au dépourvu le plus fin, à tout point de vue, devait aussi avoir une part dans mon réconfort.

L'armoire à glace n'aurait pas dû avoir plus de cerveau que ledit meuble. C'était toujours comme ça. Les muscles, mais pas de cervelle. J'avais donc porté la plus grande part de mon attention sur l'autre, celui qui me déplaisait le plus, celui dont la perversité devait se sentir à mille lieues à la ronde. Je le pensais capable de n'importe quel coup bas. Leur stratagème fonctionna donc à merveille.

Il prit la parole, de cette voix qui donnait des frissons. Comment un tel type s'était-il retrouvé dans un bar ? Et surtout pourquoi ne l'avais-je pas remarqué ? Son style vestimentaire, son air hautain contrastaient trop avec les autres clients. Il ne se voulait pas assez "vulgaire" pour se mêler aux autres d'une manière aussi simpliste, il valait plus que ça. C'était ce qu'il devait penser, j'en étais persuadée.

- Doucement, ma mignonne, je ne cherche qu'à discuter après tout. Pourquoi tant d'agressivité ? Tu ne voudrais pas baisser un peu ce machin ? Ça coupe, tu sais ?
- Je ne prendrai pas un tel risque, non. Mais vous n'avez qu'à partir de votre côté et on s'en tiendra là.
- Cela parait raisonnable mais …

C'était à ce moment que je m'en voulus le plus. Le meuble mouvant n'en était pas un. Oh, il savait réfléchir. Il n'eut pas besoin du cerveau de son compagnon pour prendre à profit ma distraction. Je ne me rendis compte de rien et déjà il me tenait par derrière, mes deux poignets bien serrés dans une seule de ses mains, mon sabre arraché par sa force, et son poignard, lui, bien collé contre ma gorge.

Une idée parmi toutes les autres me faisait horreur. J'étais exactement dans la même position que celui qui prenait si aisément la parole. Tout point commun qu'il pouvait y avoir entre lui et moi m'était insoutenable. Une véritable fureur s'emparait de moi en le voyant. Je n'arrivais pas à me l'expliquer. Cet homme n'était qu'un mécréant parmi d'autres, en quoi était-il différent ?

- Mais je disais donc, comme nous avons l'avantage, ce serait dommage de ne pas en profiter. Je te suggère de baisser rapidement ce sabre, je n'ai pas envie d'esquinter de si beaux visages.

Même son ironie était intolérable et débordait de vulgarité.

- Ne bouge pas Juna ! Ils n'ont pas l'avantage, comme ils le disent. Nous sommes à égalité.

Le poignard s'appuya un peu plus sur ma gorge, m'obligeant à relever la tête, pour me signifier de me taire.

- Je te trouve bien téméraire jeune fille. Tu penses vraiment que nous aurions des scrupules à vous tuer. Il est par contre clair que vous avez une certaine morale. Pensez-vous réellement avoir le droit de vie ou de mort sur quelqu'un ? Personnellement, je m'en contrefiche, mais ce n'est pas votre cas, si ?

Une ordure de la pire espèce, voilà ce qu'il était. Il savait jouer avec les sentiments et même les convictions.

- Maintenant relâche-moi. Juna, c'est ça ?
- Ne m'appelez jamais plus par mon prénom ou vous le regretterez !

Peut-être par pur sadisme, peut-être parce qu'il doutait des "scrupules" de Juna ou peut-être juste parce qu'il me serrait trop, quoiqu'il en fut, le baraqué bougea et un filet de sang, puis deux, coulèrent sur mon cou, libérés par la lame effilée, puis se mêlèrent à la pluie qui nous trempait tous. Elle s'était d'ailleurs calmée. Juna relâcha immédiatement sa prise.

- Bien, ma jolie.

L'homme se retourna pour observer Juna puis se rapprocha, alors qu'il n'était déjà que très peu éloignée d'elle. Bien trop peu. Elle ne bougea pas, se contentant de le regarder avec dégoût, s'interdisant tout geste brusque. Il leva la main, encore une fois, toujours de la même façon, et c'en fut trop. Je ne pouvais même pas retenir mes paroles, je criais. Il fallait que je fasse n'importe quoi plutôt que de le laisser ne serait-ce que la frôler.

- Ne la touche pas ! Si tu lui fais le moindre mal, tu vas le regretter, je peux te le garantir !

Il fit volte-face avec un calme, une arrogance exécrables. Il souriait, il aurait presque pu être beau, si son visage ne reflétait pas tant de violence et de sournoiserie. Il était aussi dur de lui donner un âge … Trente ans ? Peut-être seulement vingt. Impossible d'être vraiment précise.

- Oooh, c'est mal d'être jalouse, tu sais ? Je te trouve bien présomptueuse. Qu'espères-tu faire ? Tu m'as l'air en mauvaise posture.
- Tu es idiot. Profondément idiot.
- Est-ce comme cela que tu te venges ? Si je n'ai que cela à craindre, je suis déçu.

Je devais gagner du temps, juste un peu. Je remuais, comme si j'essayais de me défaire de l'étreinte qui me gênait. Le résultat en lui-même était assez médiocre mais le but principal était rempli : la brute épaisse n'avait pas d'autre choix que garder les yeux rivés sur moi. Je devais aussi occuper le second … Du coin de l'œil, je voyais Juna, qui ne bougeait qu'à peine. Elle semblait pétrifiée.

- Je viens de faire une erreur. Je pensais que vous l'aviez planifiée mais puisque vous faites exactement la même, j'en déduis que non.
- Si tu espères m'intimider, c'est raté, mais j'aime bien ton caractère.
- Je préfèrerais que vous me haïssiez, je n'aurais que d'autant plus de raisons d'être fière de moi. Et puis vous n'avez pas assez d'estime de vous pour respecter qui que ce soit.

Que je fusse capable d'une telle arrogance me surprenait. J'avais une certaine tendance à être réservée. Mais cet homme m'énervait. Il n'était que trop vil, trop abject. Tiens, quelque chose d'autre à lui dire !

- Vous êtes abject. Et pitoyable. Et je pourrais trouver bien d'autres qualificatifs de ce genre.
- Arrête un peu tes manières. Tu veux me traiter de tous les noms ? Et bien vas-y. Tu es si vulnérable que je ne vois pas quel mal tu pourrais me faire.

Comme pour le contredire, Juna profita de la distraction que j'avais créée pour frapper celui qui commençait sérieusement à me faire mal d'une part à la gorge, de l'autre aux poignets. Il relâcha assez sa prise pour que je m'en défasse. Sitôt libérée, je me ruai sur celui qui se tenait devant moi. Juna avait récupéré mes sabres, son arc avait été jeté trop loin pour qu'elle puisse le ramasser et il n'aurait pas été utile dans la situation présente. Je ne pouvais qu'espérer qu'elle s'en sortirait, le temps au moins que je trouve le moyen de lui rendre sa véritable arme. Si elle pouvait s'éloigner, je ne doutais pas qu'elle puisse nous assurer de nous en sortir sans plus de dommages.

Quant à moi, je ne n'avais que ma maîtrise et des techniques plus ou moins basiques de combat à mains nues. Enfin "que" ma maîtrise … La tentation était très forte … Je pouvais lui brûler le visage, juste un peu, seulement pour lui ôter toute beauté. Ou la main, pour qu'il ne tente plus jamais de caresser le visage d'une jeune fille.

Il était vif, il évitait beaucoup des coups que je portais et interceptait ceux qui auraient dus l'atteindre. Malgré mes pensées, je ne cherchais pas à le brûler. D'abord parce que la pluie m'empêchait de manier le feu correctement et m'aurait demandée trop de concentration, mais surtout parce qu'il avait raison. Comment pouvait-il dire des choses sensées ? Le blesser grièvement allait contre tout mes principes, surtout avec le feu, cet élément qui pouvait être si dévastateur. Alors le tuer, c'était même inenvisageable.

Je voulais jeter au moins quelques coup d'œil pour voir comment s'en sortait Juna mais je ne le pouvais pas. Elle était plus ou moins dans mon dos et mon adversaire était assez redoutable pour que je ne prenne pas le risque de regarder ailleurs une nouvelle fois.

Petit à petit nous nous rapprochions de mon objectif. Nous n'étions plus qu'à quelques mètres de l'arc qui gisait dans la boue mais si mon adversaire le voyait, il comprendrait ce que tentais de faire. Allait-il se faire avoir deux fois ? C'était peu probable … Mais je ne pouvais pas prendre le risque qu'il découvre l'arc de Juna. Je tentai de redoubler la vivacité de mes coups, de faire quelques feintes, de l'assaillir de tous les côtés. Il avait l'air plus concentré, mais à peine.

- Quelle furie ! Une vraie tigresse dis-moi ! Tu ne te fatigues donc jamais ?

Il voulait détourner mon attention … Pourquoi ? Attendait-il juste que je fasse une erreur ou avait-il autre chose derrière la tête ? Je ne voulais pas entrer dans son jeu mais il m'offrait une occasion en or. Je lui répondis, sans accorder d'importance à la conversation mais au contraire en accentuant ma vigilance et en focalisant mes pensées sur le combat, et sur l'arc. Surtout sur l'arc.

- Vous ne m'en laissez pas vraiment l'occasion.
- Je t'ai dit que nous ne vous ferions aucun mal, non ?
- Vous vous contredisez affreusement. Ma gorge me rappelle qu'au contraire vous nous voulez du mal.
- Je te trouve décidément à mon goût. Ça faisait longtemps qu'on ne nous avait pas opposé de résistance. Enfin, de réelle résistance, je veux dire.

La vision de jeunes filles se faisant violemment agressées dans la rue s'imposa à mon esprit. Je la réprimai. Non, je ne devais pas le laisser m'énerver, je ne devais pas écouter ce qu'il disait. C'était ce qu'il cherchait. Je lui dis ce qui me passa en premier par la tête.

- Vous gâchez votre vie en agissant de cette façon. Vous vous voulez raffiné, alors pourquoi faire preuve d'autant de bestialité ?

Pour la première fois, il ne répondit pas.

- Je ne comprends pas ce qui vous pousse à faire ça. Vous n'avez certainement pas besoin de …
- Arrête là tes jolis discours. Tu cherches à faire la gentille fille qui veut nous convaincre de se rendre ? Tu ne connais rien de la vie, je n'écouterai aucun de tes conseils.

Je perçus un changement dans ses mouvements. L'arc était juste derrière lui. En levant le regard, je croisai le sien, étonné. Maintenant ! Il comprit que j'allais agir, je le savais, mais je m'élançais déjà. Il tenta de me retenir, j'émis une flamme, que je ne voulais pas puissante, puisque la pluie m'en aurait empêché, je voulais juste le surprendre. Or le temps avait continué de s'améliorer, la pluie avait encore perdu en intensité. Ce que je ne voulais être guère plus qu'une étincelle se révéla assez importante pour lui brûler la main. Je ne m'en suis aperçue qu'une seconde plus tard, mais sans ça il m'aurait retenue et aurait pu me plaquer au sol.

J'appelai Juna, pour qu'elle remarque que la situation changeait, pour qu'on puisse à nouveau échanger nos armes. Pour qu'on s'en sorte le plus vite possible. Dans le même temps, je sautai pour saisir ce qui ressemblait à un serpent courbé et finis en une roulade, qui me laissa de la boue des mains aux avant-bras.

Je l'avais !
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