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Origines

Keito
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MessageSujet: Origines Lun 11 Mai 2009 - 1:06

Ploc Ploc Ploc

La pluie battante se fracassait contre la fenêtre de mon logement et s’infiltrait peu à peu par les fissures du mur. De fines gouttelettes s’échappaient du plafond et tombaient comme des perles dans les seaux d’eau que j’avais soigneusement éparpillé par-ci et par-là. La flamme de la bougie dont la cire s’étendait sur la table de chevet vacillait sous le souffle des courants d’air et éclairait faiblement la pièce où y était meublée un bureau, une table et un lit rangé contre le mur. Ne prêtant aucunement attention à ses détails qui m’étaient devenus familiers, j’enfouis le stricte nécessaire dans mon sac avec des gestes monotones l’équipement dont j’aurais besoin lors de mon expédition qui remonterait à mes origines. Ma famille. Celle que je n’avais jamais eue. Une vaste fatigue pesa sur mes épaules et je me sentis soudainement épuisée psychologiquement. Je m’assis sur le rebord du minuscule lit et me massai les tempes essayant de faire le vide dans mon esprit. C’en avait été trop pour moi. Une flot de sentiments se contredisant me tombant sur la tête d’un seul coup…

47 heures et 30 minutes auparavant


Le tintement des chopes de bières se cognant l’une contre l’autre, les grognements virils des hommes jouant aux billes sur un quadrillé au prix de leur vie, les rires vibrant et voilés par une trop grande consommation d’alcool emplissaient la taverne. La cloche accrochée à la porte retentit lorsque je fis mon entrée et une serveuse aux allures généreuses se retourna vers moi s’attendant sûrement à voir un beau jeune homme faire irruption. Ses traits s’affaissèrent au moment où elle se rendit compte que je n’étais pas un " homme " mais bien une fille et elle en oubliant son sourire factice qui avait sûrement augmenté sa côte auprès de la gente masculine. La jeune serveuse jeta des coups d’œil autour d’elle pour voir si quelqu’un ne pouvait pas s’occuper de moi et malencontreusement, il n’y avait personne. Elle se dirigea vers moi d’un pas las et m’indiqua bêtement une table dans un recoin de la pièce où personne n’y siégeait m’examinant de la tête au pied comme pour évaluer si j’étais une quelconque menace pour ses amants séduits, épris de sa personne dans la taverne. La femme digne d’une annonce de Crest arqua un sourcil quand elle vit mes habits salis par la rude journée d’entraînement et se détourna de moi. Après m’être si durement pratiqué à maîtriser l’élément de la terre, rien de mieux qu’une petite halte dans une taverne perdue. Quel était le nom déjà? Le panneau en forme de cochon avec une pomme dégoulinante prise dans sa bouche me remémora son nom. La taverne du Cochon d’Or. Mon nez suivit instinctivement la direction que prenait un plat fumant dont l’arôme me plaisait au plus haut point ou disons, plaisait le plus à mon ventre qui criait famine. Je cherchai dans mon sac quelques pièces, de quoi payer un repas et me rendit compte que j’étais fauchée. Je n’avais jamais prêté une attention particulière à l’argent, étant peu matérielle, mais cette fois-ci, il m’était indispensable. Voler un plat et s’échapper? Non, c’était contre mes principes. Je balayai la place de mon regard vert émeraude s’arrêtant un peu pour considérer un homme drapé d’une cape noire comme la nuit et qui portait un masque où s’y reflétaient les images de la taverne. Je continuai de regarder les clients et m’arrêtai devant une table où y était assis une bande d’ivrogne qui jouait aux cartes. Parfait.
Je m’approchai de ces hommes qui empestaient bon nombre de boissons calées d’une démarche leste et gracile évitant les plateaux et la corpulence massive de certains clients.
Je posai ma main sur l’épaule de l’homme qui menait la partie et glissai un regard langoureux à son intention et au reste des hommes captivés.

-Puis-je me joindre à vous? Demandai-je poliment comme une fille de bonne famille.

-Les souris de ton genre ne sont pas la bienvenue dans une table de vrais hommes! Lança l’un des types bourru en riant grassement.

-Allez, faites-moi plaisir, dis-je avec un sourire angélique. Acceptez généreusement une souris perdue qui ne demande que la compagnie d’hommes beaux, puissants...

Je ne fus plus capable de vanter les mérites de ses porcs sans grâce et distinction, ça me couperait définitivement l’appétit.

-Viens t’asseoir à côté de moi ma jolie, invita l’un d’eux flatté par mes propos les mettant en valeur.

Une seconde après, avec une agilité déconcertante, j’étais attablée à côté d’eux. Ils furent surpris pendant un moment mais reprirent leur contenance. Ils continuèrent leur partie se donnant des bourrades amicales lorsqu’ils remportaient une somme d’argent. Je les regardai jouer avec attention mémorisant chaque détail et combinaisons empruntées par les joueurs pour déjouer ses adversaires. Moi, dans le rôle de l’hypocrite, je m’amusais à interpréter le statut de la jeune fille innocente qui ne comprenait rien mais qui s’amusait en bonne compagnie. J’avais bien appris leur nom à chacun d’eux sachant d’avance en les observant quelle stratégie ils allaient emprunter. Le but du jeu était simple. Il fallait assembler les billes de terre cuite et créer un chemin jusque dans les cases de l’adversaires jusqu’à toucher les cases de tous les joueurs avec un nombre de billes limités dans un temps restreint par la rapidité des autres. Le chemin fait, il fallait crier " Tork ", allez savoir pourquoi, moi-même je ne le savais pas. Teken, le plus poilu, ramassa la généreuse somme qui lui était destiné après avoir remporté la partie.

-Une autre partie? Qui voudrait se frotter au bon vieux Teken qui ne fera que s’enrichir? Personne? Dit-il bourré de fierté pour sa personne.

-Je veux bien m’essayer, dis-je en plongeant mon regard dans le sien déconcerté par mon audace.

-Toi? La petite souris? Répliqua Teken ce qui déclencha l’hilarité générale qui attira les autres clients dont celui qui était masqué.

L’Homme masqué semblait me dévisager sans que je puisse percevoir ses yeux à travers son masque doré.

-De toute manière, comme vous le dites, la souris que je suis ne pourrait jamais gagner une partie contre vous! Vous qui êtes des vrais de vrai!


Faux…et j’allais le leur prouver.

-…à moins que vous ne soyez trop effrayés que je gagne, dis-je avec une lueur de défi dans les yeux qui contredisait mon ton innocent.

Un silence s’installa dans la salle.

-Effrayé? Moi? Allez les gars, mettez vous de la partie pour qu’on puisse liquider cette souris et lui donner une bonne leçon, objecta le Poilu brisant le silence.

Les autres joueurs, encouragés, se remirent droits sur leur siège et misèrent encore plus gros que ce que je n’avais imaginé, sûrs qu’ils allaient gagner. Roïk allias le Fou, fit valser les billes avant de nous les répartir équitablement. 1,3,7,12,14. J’avais 14 billes de terre cuite et les autres en avaient tous 16. Je ne dis rien et me contentai de les faire rouler dans mes mains. La serveuse de plutôt donna le signal du départ.

-Prêts? Prête?...Go!

Les mains fusèrent de partout mais je n’en tins aucunement compte. Je me concentrai sur mes propres mouvements. Mes mains semblaient voltiger plus rapidement que les autres et placer habilement les billes dans leur case respective. Une seule chose me dérangeait. Le regard brûlant de l’Homme masqué.

-Tork! Dis-je assez fort pour qu’on m’entende.

Tous les yeux pivotèrent vers moi comme des aimants et contemplèrent le chemin que j’avais tracé. Simple et efficace. Ils devinrent livides en comprenant qu’ils avaient perdu et après le sentiment de s’être fait berné se peignit sur leur visage à la suite que j’ai ramassé l’argent qui me revenait de droit. Rouge de colère et couvert par la honte, Teken se leva et me pointa d’un doigt accusateur.

-C’est impossible! Tu as triché! Tonna Teken

La nouvelle se répandit dans la foule comme si cela expliquait la vitesse avec laquelle j’avais performée. Je vis des flammes mauvaises s’allumer dans le regard de chacun sauf celui qui portait un masque et qui semblait rester impassible à la situation.

-Je n’aie pas triché contrairement à vous, répondis-je sèchement d’une voix assurée.

Un autre se leva aussi furibond que le Poilu.

-C’est vrai! Je t’aie vu ajouter des billes de terre cuite à ton inventaire!

Des cris de protestations s’élevèrent.

-Rends-nous notre argent!

-Voleuse!


Je les vis dégainer leur sabre, sûrement pour m’impressionner. Un sourire se dessina sur mes lèvres et une flamme cruelle s’alluma dans mes yeux. Une flamme contenue.

-Sérieux, ne cherchez pas la bagarre. Pas avec moi…

Pour réponse, Teken sauta sur moi son sabre dans les airs, prêt à m’abattre pour retrouver son argent. Avare. Je le pris par le col et utilisai la force de sa propulsion pour la diriger vers les autres joueurs qui allaient se joindre à nous. C’est alors que la baston explosa. Tout le monde commença à se taper dessus sans prendre la peine de savoir sur qui il tapait. Teken se releva crachant une gerbe de sang sur le sol avec une dent (il s’était cogné la mâchoire contre le mur, le pauvre!) et re-attaqua sans que je ne m’en rendes compte derrière mon dos. L’homme masqué arrêta son élan en broyant son bras ce qui lui fit relâcher son sabre rouillé qui retomba lourdement sur le sol. Sans aucune réponse ni protestations, l’inconnu lâcha :

-Suis-moi.

Nous courûmes dans le dédalles de ruelles peu fréquentées quoique l’inconnu semblait à peine courir mais marchait à une vitesse surprenante, des poursuivants à nos trousses. Nous tournâmes, à droite, à gauche, à gauche, à droite…jusqu’à déboucher dans la cour d’une villa. L’homme masqué grimpa avec facilité sur les remparts et se hissa sur le toit d’où on le ne distinguait presque pas. Je l’imitai, habituée à escalader et me hissai à ses côtés, accroupie telle un hiboux observant de haut ce qui se passait en bas. Les ombres se dispersèrent ne figurant toujours pas où nous étions.

-Ils sont partis par là! Cracha Roïk

Les ombres s’évanouirent dans la nuit comme des fantômes.

-Mange. Tu as faim, ordonna celui qui m’avait sauvé en me tendant un met coutumier de la région.

Je détestais qu’on me donne des ordres mais je mis ma rancœur de côté et obéit docilement dominée par la faim qui me rongeait. Je mordis dans ce plat qui fut divin par l’attente de la nourriture. Mon repas fini, je m’en voulu de ne pas être restée sur mes garde pour définir s’il y avait peut-être du poison dans le met. De toute façon, l’inconnu n’aurait pas fais ça après m’avoir sauvé. D’ailleurs, pourquoi m’avait-il sauvé? Je me tournai vers lui essayant de percer son masque. Une question. Un seul mot.

-Pourquoi?

Il ne répondit pas tout de suite, laissant le silence de la nuit calmer les battements de mon cœur.

-Je te connais.

Je ne pus m’empêcher de serrer mes poings. Comment osait-il dire ça? Moi qui ne me connaissait déjà mal…

-On croit tous connaître quelqu’un qui s’avère être un mensonge. Ce que vous dites est faux. Vous ne me connaissez pas plus que je ne me connais, déclarai-je durement.

Un voile d'amertume enveloppa mon regard avant de disparaître laissant mon regard froid et distant habituel percer mes sentiments. Ignorant ma remarque, il poursuivit :

-Je connaissais tes parents.

Sa révélation me déstabilisa. Mes parents? De quels parents parlait-il? Ceux que je n’avais jamais eus? Ceux qui m’avait abandonné? Ceux que je ne connaîtrai sans doute jamais? Je pris ma tête entre mes mains pour arrêter ce flot de question naître en moi. Je m’étais promis de les oublier, de tout oublier. Je ne savais pas qui ils étaient moi-même et se rendre compte que quelqu’un d’autre les connaissaient excepté moi, leur propre fille. Je ravalai la boule qui naquit dans ma gorge. Pourquoi me senti-je sentimentale? Ce n’était pas ma nature. Je n’étais ni douce, ni gentille…j’étais un mystère même pour moi-même. Un mystère débordant de rage et de colère que j’avais essayé d’étouffer. Soudain, tout me parut plus clair. Il me mentait. C’était certain. Il devait me mentir. Personne ne connaissait mes parents, même le village dans auquel ils habitaient de près. La seule chose que je savais, c’était qu’on m’avait retrouvé dans une cabane aux prises d’un incendie et que je n’avais pas le droit d’y retourner.

-Vous mentez! Laissez-moi! Prononçai-je du bout des lèvres en abattant mon poing vers son masque qu’il arrêta d’un geste plus vite, plus net.

Il se leva majestueusement avec puissance me dominant de toute sa hauteur. Il allait partir. C’était faux. Je ne voulais pas qu’il parte. Je voulais savoir quelque chose de mes parents. Savoir si je retenais quelque chose d’eux. Savoir la vérité. Rien que la vérité. Étaient-ils encore vivants? Ou m’accrochais-je simplement à leur fantôme? Je tremblais de rage et de douleur. De peine et de regret. J’avais l’impression que j’allais sombrer dans l’inconscience dans les bras de la folie. Je me sentais faible. Toutes mes forces avaient disparues. J’étais faible. On aurait pu jeter ma dépouille du haut d’une falaise sans que je ne proteste.

-Rejoins-moi aux portes de la ville, à la même heure si tu veux savoir la vérité. Je te laisse 48 heures pour y penser. Je peux te guider vers eux.

Sa voix résonnait de vérité. Je le croyais. Sur ce, il sauta dans le vide et s’évapora dans l’obscurité complète me laissant seule. Le ciel gronda. Un rideau de pluie s’abattit sur moi.


Dernière édition par Keito le Lun 11 Mai 2009 - 1:07, édité 1 fois
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Keito
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MessageSujet: Re: Origines Lun 11 Mai 2009 - 1:06

(je vais le faire en deux parties vu que mon message est trop long xP Raahhh la faute de l'inspiration xD)


47 heures et 30 minutes plus tard.


J’avais passé une journée entière a ruminer mes souvenirs enfouis. Ceux avec ma famille adoptive qui avait forgé mon caractère froid et qui n’avait jamais présenter aucun geste affectif envers moi. À chaque fois que je voyais un enfant avec ses parents, heureux, unis…j’avais envie de tout détruire. C’était à cause de cette séparation que j’étais ce que je suis maintenant. Une flamme qui se changeait en un incendie destructeur. Je me levai et fini d’empaqueter mes affaires. Je posai mon manteau sur mes épaules et sortis de la pièce, mon sac juché sur mon épaule droite. Je descendis marche après marche les escaliers de la chaleureuse auberge d’une femme, Taïsha, au corps bâtie par les tâches à accomplir dans son auberge, qui éprouvait un élan de compassion à mon égard. Elle m’avait accueilli même si je n’avais aucun sou sur moi et m’avais traité avec respect et gentillesse. J’étais la personne qui comblait sa solitude autant que la mienne avec qui j’étais si familière. J’ouvris l’embrasure de la porte d’entrée qui grinça légèrement et qui laissait entrevoir la température peu accueillante.

-Keito!

Je me retournai pour croiser le regard perdu de Taïsha qui tenait dans ses mains deux plateaux pour le souper. Elle vit mon sac et ses yeux exprimèrent un profond chagrin. Elle savait.

-Tu t’en vas déjà. Je pensais pouvoir te retenir et t’élever comme ma jeune sœur mais…tu as toujours été une fille indépendante qui n’avait besoin de personne.

J’aurais voulu lui dire que c’était inexact, que je partais pour retrouver mes parents, ma vie, que les moments passés ensemble fut l’un des meilleurs…mais mes mots restèrent bloqués dans ma gorge. L’ambiance s’alourdit.

-Où iras-tu? S’enquit-elle.

-Je suivrai mes pieds et qui sait…peut-être reviendrais-je ici…

Elle déposa les plats qui auraient composé notre dîner et s’élança vers moi pour m’enlacer affectueusement, comme une sœur. Je n’appréciais guère les gestes démontrant de l’affection mais Taïsha était Taïsha. Des larmes naquirent au coin de son œil qu’elle ne tenta même pas de dissimuler.

-Tu vas me manquer…

Je me défis délicatement de son étreinte et lui sourit radieusement comme pour la rassurer avant de rabattre ma capuche sur ma tête. Je quittai les lieux. Nous savions toutes les deux que ce sourire était fautif.

***


La première chose que je vis sous la forte pluie fut deux montures que tenait en brides mon nouveau guide vers mes parents. Les gouttes s’écrasaient sur son masque sombre. J’embarquai sur ma monture en silence.

-Quel est votre nom?

-Tu peux m’appeler le Masque, pour l’instant.

J’acquiesçai. Tant que je pouvais le visualiser en tant que le « Masque », ça me suffisait.

-Je suis...

-Keito. Je sais déjà ton nom.

Peu surprise qu'il sache mon nom, car il semblait tout savoir de moi, je me tut.

-Des regrets?

-Aucun.

Je claquai ma langue en même temps que le Masque et nous nous enfoncèrent dans les ténèbres de la nuit.
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Vido
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MessageSujet: Re: Origines Lun 6 Juil 2009 - 22:30

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MessageSujet: Re: Origines

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