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L'air du vent

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MessageSujet: Re: L'air du vent Dim 6 Fév 2011 - 14:07

La nacelle accrocha les premiers branchage, secouant voilement ses occupants. La toile déchirée tomba lourdement sur les deux maîtres du feu, et leur atterrissage se termina dans le noir complet. Un dernier choc les lança contre un des bords de la nacelle. Puis le silence. Pendant une minute, ils retinrent tous les deux leur respiration, refusant de bouge pour ne pas déséquilibrer la nacelle. Ils était tous les deux à l'horizontale, Hizo couché sur Ko. D’ordinaire, Hizo aurait reculé voilement et écarté le plus rapidement possible son corps de celui d'une femme. Mais aucun d'eux ne bougea. L'obscurité dans laquelle ils étaient les empêchait de savoir où exactement avait atterri le ballon.

Ko remonta lentement sa main, sans faire de mouvement brusque. Elle béni le ciel qu'Hizo ait une veste si épaisse et ne sente pas son bras remonter le long de son corps.

- Je vais tenter de faire un trou dans la toile pour voir où nous sommes.

Elle avait parlé très doucement car elle savait que le visage de Hizo n'était qu'à quelques centimètres du sien. Elle continua à remonter sa main et se, penchant légèrement en avant, pour la décoincer, son front cogna celui du grand blond. Elle pouffa. Sans doute à cause du stress.

Ko tendit sa main et, sans toucher la voilure, envoya une petite flamme. Soudainement éclairés, ils prirent conscience de leur promiscuité et se sourirent, gênés. Un odeur de brûlé monta bientôt, indiquant que la toile était en train de se consumer. La lumière et l'air frais pénétraient peu à peu dans la nacelle. Ils avaient atterri dans une partie relativement clairsemée de la forêt, la nacelle s'était prise dans les lianes. Ils n'étant qu'à quelques mètres du sol. Ils émirent tous les deux un soupir de soulagement.

- Alors les amoureux, on est perdus !

- Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah !!!!

Ko senti ses tympans se boucher. Hizo venait littéralement de lui hurler dans les oreilles.

Le veux moine qui venait de les surprendre, jeta un coup d'oeil dans la nacelle, et reconnu la jeune femme.

- Ki !

Même étouffée sous le poids de Hizo, et à moitié sourde, elle aurait reconnu cette voix entre toutes.

- Shi Fu !

Shi Fu ( de son vrai non Shi Fu Mhi) était le moine qui était chargé de guider les visiteurs jusqu'au temple de l'air austral, seul temple ouvert aux étrangers.
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MessageSujet: Re: L'air du vent Mar 8 Fév 2011 - 9:14

Un vieux moine barbu les regardait de là où il était, à environ 3 mètres du sol. *On dirait un vieux sénile !* À la grande surprise du maître du feu, Ko semblait bien connaître le nouveau venu en raison de sa mine réjouie et le vieil homme le lui rendit bien. Quoiqu'il en soit, Hizo jugeait que le moment pour faire les présentations n'était pas idéal. Après tout, les deux voyageurs suspendaient toujours dans les airs, coincés dans la nacelle.

- Pousse-toi, Ko ! grogna Hizo. Je n'ai pas envie de passer le restant de mes jours prisonnier dans ce panier miteux, au-dessus de toi.
- Oui mais.. hééé fais attention, tu vas nous faire tomber. Arrête de gigoter ainsi !

- Pousse-toi je te dis !
- HÉ... non ! Arrête de t'agiter ! NON !

En remuant, Hizo débalançait sans le savoir l'équilibre précaire dans lequel ils se trouvaient. La petite nacelle ne pouvant pas les retenir éternellement, Ko glissa et tomba disgracieusement sur le dos au sol, bientôt suivit par le garçon qui lui tomba dessus. Heureusement pour ce dernier, le corps de la jeune femme amortit sa chute. Pour Ko hélas, en plus d'absorber l'impact, elle réceptionna de plein fouet tout le poids de son compagnon. Sonnée, elle secoua la tête en poussant une plainte douloureuse. Le vieux moine, Shi Fu de son nom, éclata de rire, un rire sec comme si sa gorge crachait de la poussière.

- Ouiiiiiille... aooow...
- Désolé... mais si tu t'étais poussée, je ne t'aurais pas tombé dessus...
- Aow... enlève-toi et aide-moi à me relever...

Hizo obtempéra et tendit la main à sa compagne. La jeune femme secoua la tête une seconde fois avant de se diriger vers le moine. En écoutant les quelques mots qu'ils s'échangeaient, le jeune homme comprit que la maîtresse du feu était venue ici il n'y a pas si longtemps et qu'elle semblait en bon terme avec les habitants de l'île. Puis vint la question inévitable.

- Pourquoi es-tu revenue ici, Ku ?
- Ko ! corrigea-t-elle gentiment. Si nous sommes ici, ce n'est pas pour moi, mais pour lui. Voici Hizo.
- Aaaaaah... fit le vieil homme en se retournant vers le maître du feu. Et qu'est-ce qu'un maître de l'eau espère-t-il trouver ici ?
- Hein ??

Hizo se rappela alors qu'il portait le manteau des Tribus de l'eau, probablement responsable de cette méprise. Pour éviter toute autre confusion, il le retira prestement, dévoilant ses propres vêtements aux couleur du Feu. De toute façon, il commençait à avoir très chaud avec toute cette fourrure.

- Je ne suis pas un maître de l'eau. Je m'appelle Hizo et je suis un maître du feu. Je suis ici à la recherche de connaissance. Ko a jugé, pour je ne sais quelle raison, de m'emmener ici pour m'enseigner.
- Aaaah, je vois. Je suppose que Ki a fait le voyage jusqu'ici pour t'enseigner parmi nous.
- Euh... oui, c'est pratiquement ce que je viens de dire...
- Évidemment que je sais ce que je dis, mon garçon ! Je ne suis tout de même pas sénile !
- Quoi ?

Ko s'amusait, ne disant mots. Hizo comprendrait bientôt pourquoi elle l'avait traîné chez les Nomades de l'Air et ce vieux moine en était la raison. C'est ici qu'il parviendrait à maîtriser son caractère bouillant ou jamais il n'y arriverait. Mais pour le moment, tout ce que le maître du feu de 17 ans comprenait, c'était que ce moine n'était qu'un vieux fou et qu'il lui cassait déjà les pieds.

- Enfin, poursuivit le moine de l'air de sa voix asséchée, vous devez certainement avoir envie de vous reposer. Je vous conduirai à un endroit calme. Je suis content de te revoir Ki. Bienvenue parmi nous, Ziho.
- Ko ! corrigea la jeune femme.
- Hizo ! rectifia le garçon à son tour.
- Oui c'est ce que j'ai dit ! Zueh !
- Non ! C'est Hizo ! HIZO ! s'impatienta Hizo. C'est simple à prononcer pourtant, il n'y a que deux syllabes. Ce n'est pas sorcier.
- Bien sûr que non il n'y a pas de sorciers sur cette île !
- Arrrgh !!!

Hizo serrait les poings, retenant son calme du mieux qu'il le pouvait. Lorsqu'il vit le regard pétillant de la jeune femme, il comprit à présent ce qu'ils faisaient ici. Il aurait à endurer ce vieux fou durant tout son entraînement. *Tu vas me le payer !*
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MessageSujet: Re: L'air du vent Ven 11 Fév 2011 - 10:08

Le fameux endroit calme dont parlait Shi Fu était au sommet de la montagne. Plus précisément, quelque part au coeur du temps de l'air. Hizo marchait d'un bon train, pensant sans doute se trouver à quelques mètres de la cabane de ce vieux fou, où il pourrait prendre un peu de repos bien mérité, et pourquoi pas un petit quelque chose à grignoter. Malgré son âge avancé, Shi Fu avait la foulée rapide, et il s'amusait a accélérer. Hizo, qui avait trouvé là un moyen de montrer sa supériorité physique mettait un point d'honneur à ne jamais se laisser distancer. Ko savait pourtant que le chemin était long et escarpé. Il y avait bien trois jours de marche jusqu'au temple. Si elle ne doutait pas de l'endurance du vieux moine, elle savait que sur la distance, Hizo n'arriverai plus à suivre. Ce qui ne manqua pas d'arriver.

Ils longèrent le plateau boisé sur lequel ils avait atterri et commencèrent à grimper le long des corniches. Il n'y avait aucun sentier et par endroit ils durent marcher sur des éboulis instables ou longer d'imposantes corniches avec seulement quelques centimètres pour poser le pieds. Hizo qui de toute évidence n'était pas habitué à une telle proximité avec le vide était à présent à la traîne. Essoufflé et terrorisé, la seule chose qui le faisait avancer était l'affront que serait de laisser un vieux fou et une faible femme réussir ce défi quand lui n'y arrivait pas. De temps en temps Shi Fu se retournait, l'observait, et se moquait ouvertement du fils du feu. Ko, elle, était bien trop occupée à regarder où elle marchait, au grand soulagement de son compagnon.

Les corniches escarpées laissaient place à une pente raide. Hizo n'en menait pas large. Il respirait bruyamment, sa poitrine lui faisant affreusement mal. L'oxygène commençait à se faire rare, et le fils du feu n'était pas habitué à évoluer sur des terrains aussi escarpés. Et en plus de ça, le vieux ne cessait de le rabaisser. Quand il ne chantait pas à tue tête la même rengaine incompréhensible. Ko était elle aussi fatiguée. Elle avait ménagé sa foulée et s’astreignait à respirer par le nez pour ne pas suffoquer comme Hizo. De temps en temps, elle jetait un oeuil derrière elle pour vérifier qu'il ne soit pas trop loin derrière eux.

Soudain, Shi Fu s'arrêta. Ko le rattrapa progressivement et vint se placer à ses côtés. Ce qu'elle vit la fit frissonner d'effroi.

- Le glacier.

- Mais, il n'était pas là quand je suis venue la dernière fois !

- C'est l'hiver.

- On va devoir le traverser ?

- Pourquoi ? Tu n'aimes pas la neige ?

- Pourquoi.... On s'arrête ?....

Hizo venait de les rattraper. Il s'accroupi, la tête penchée, tentant de reprendre son souffle. Puis il aligna son regard avec celui des autres.

- Qu'est-ce que c'est ? De la neige ?

Ko hocha la tête. Au lever du soleil, ils se mettraient en route. Shi Fu avait prévu un jeu de cordes pour la traversée du glacier.



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MessageSujet: Re: L'air du vent Ven 11 Fév 2011 - 11:22

Trop exténué pour se plaindre convenablement, Hizo ne trouva rien à ajouter à la vue de ce glacier. Il ignorait comment ils comptaient le franchir, de même de la façon imaginée par Shi Fu pour y parvenir et de toute façon, il préférait ne pas le savoir. Pour le moment, tout ce qu'il espérait était de pouvoir reprendre ses forces sans subir les moqueries de ce vieux moine. En fait, il n'arrivait pas à saisir les réelles capacités de ce dernier. Parfois il semblait aussi sénile qu'un vieux bouc décati alors que d'autre fois, il se transformait en vrai farceur moqueur. Sans bien sûr oublier ses crises passagères où il se faisait un devoir de chanter comme une casserole. Voilà des heures qu'ils marchaient sur un terrain très difficile et Hizo en vint à se demander comment ses ancêtres avaient pu atteindre leurs fameux temples afin de perpétrer le génocide des maîtres de l'air.

Le maître du feu poussa un soupir de soulagement lorsque le moine annonça qu'ils s'arrêteraient pour la nuit. Il avait l'habitude des longs voyages mais jamais dans ce genre de conditions. Le manque d'air se faisait sentir, aussi Hizo avait-il de la difficulté à respirer. Mais il n'osa pas se plaindre, ni demander s'ils arrivaient bientôt à destination de crainte d'attirer d'autres blagues dégradantes de la part de Shi Fu. Lorsqu'il parvint finalement à reprendre son souffle, il fit part au groupe, plus spécialement à Ko, l'une de ses craintes.

- Tout cela est très bien, mais comment pourrons-nous repartir d'ici maintenant que le ballon s'est écrasé ?
- Nous sommes sur l'île du Temple de l'Air. Les nomades pourront certainement le regonfler avec une facilité déconcertante.
- Mouais... j'espère qu'ils sont aussi doués en couture qu'en regonflage de ballon parce que la toile est percée d'une longueur de plus d'un mètre...

Ko ne répliqua pas au commentaire ironique de son compagnon. Pendant que ce dernier s'asseya sur le sol de pierre, adossé à la paroi rocheuse, elle s'approcha du vieux moine qui préparait un petit campement de fortune. Lorsqu'elle lui demanda comment ils escomptaient traverser le glacier, il ne lui répondit rien. Il se contenta de fouiller dans son sac et en tira quelques rations de survie qu'il distribua à ses visiteurs. Lorsqu'il se présenta devant le maître du feu, un rictus moqueur s'afficha sur son visage ridé.

- Voilà pour toi, gamin. C'est bon pour les muscles. Ça donne de l'énergie à ceux qui en manque !
- Je ne manque pas d'énergie ! riposta Hizo. Je n'ai pas l'habitude des hauteurs... et puis je vous ai dit au moins dix fois de ne plus m'appeler GAMIN !
- D'accord, gamin ! Mais lorsque nous reprendrons notre route demain, si tu veux que l'on te porte, n'hésite pas à le demander.
- Grrrrrrrrrrr !!!!
- Excellente idée ! Ce genre de grognement pourrait nous attirer un gros gibier et je meurs de faim !
- Argggh ! Fiche-moi la paix !

Ko ne manqua rien de la scène et se retint de rire. Le pauvre garçon avait passé une mauvaise journée et il était facile de le piquer au vif. Mieux valait ne pas en rajouter, bien que Shi Fu ne s'en gênait pas. Elle préféra plutôt reposer sa question au moine, non seulement pour son savoir personnel mais également pour donner une petite pause à Hizo.

- Alors, comment le traverserons-nous ce glacier ?
- Plutôt simplement, ma petite. Nous marcherons dessus en nous attachant tous à une seule et même corde. Ainsi, si Ziozio glisse et tombe dans le vide, nos poids combinés suffiront à l'empêcher de s'écraser en bas et nous n'aurons plus qu'à le remonter.

Décidément, le vieux nomade n'en manquait pas une. Hizo poussa un grondement sonore à l'adresse de Shi Fu qui se contenta de ricaner avant de recommencer à chanter. *je le déteste ! Je vais le pousser en bas ! Grrrr... je veux m'en aller d'ici !* Tandis qu'il ruminait des pensées sordides à l'intention du moine, il avala sa ration et s'allongea dans sa couverture. Il se servit du manteau des Tribus de l'Eau en guise d'oreiller et ne tarda pas à s'endormir, bientôt imité par Ko. Demain sera une autre rude journée.
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MessageSujet: Re: L'air du vent Sam 12 Fév 2011 - 18:39

Ko fut la première a se réveiller. Elle s'étira longuement dans son sac de couchage, un cadeau de la tribu de l'eau du pôle sud, qu'elle emmenait partout avec elle. L'air était particulièrement frais et un vent glacial descendait par vague du glacier, entraînant avec lui de fines particules de glace. Par chance, un petit ruisseau courait entre les rochers à quelques mètres de là. La jeune femme en profita pour faire de sommaires ablutions et se rafraîchir le visage avant de retourner au camp. Pendant la nuit, Shi Fu s'était glissé dans les couvertures de Hizo. Il avait les bras agrippés au torse du jeune homme et bavait grassement sur son costume. Ko sourit puis se décida à aller réveiller ses compagnons. Il ne faudrait pas moins d'une journée entière pour traverser le glacier et il était hors de question qu'ils soient encore dans la glace quand la nuit arriverait. Trop dangereux. Elle s'accroupi à côté de Hizo. Il avait l'air tellement paisible dans son sommeil. A vrai dire, lorsque ses traits n'étaient pas tirés par la haine et la colère, il avait un visage plutôt joli.

- Hizo, chuchota-t'elle doucement. Hizo il faut se réveiller.

- Mmmmmmm.

Il tenta de se retourner mais le corps du vieux moine l'en empêcha. Il ouvrit doucement un oeil, puis l'autre et recula avec stupeur, écartant vivement la couverture.

- Mais que fait ce vieux croûton dans mon lit ?!!!

Comme si de rien n'était, Shi Fu s'assis et étira ses bras maigres avec vigueur.

- NON !!!! JE...

Ko posa sa main sur l’épaule de Hizo. Il la lui enleva dans la seconde.

- VOUS ÊTES COMPLÈTEMENT FOU !!!

- Hizo...

- Toi, lâche-moi ! Les "madame irréprochable" ça va bien deux minutes !! J'en ai marre de toi, de lui, de votre truc de l'air à la noix !!!

La jeune femme regardait avec appréhension le flanc de la montagne. Hizo continuait à vociférer contre tout et n'importe quoi. Son écho se répercutait partout. Une fois qu'il eut terminé, le vieux moine leva le doigt en l'air, comme pour demander la permission de parler.

- Une question.

- QUOI ?

- Vous savez courir ?

Hizo ouvrit la bouche puis la referma. cette question n'avait aucun rapport avec ce qu'il venait de dire. Toute sa colère retomba d'un coup.

- Heu... Oui... Pourquoi ?

- Avalanche.

La seconde d'après, un pan entier de la montagne se détacha. La coulée de pierres allait droit sur eux.
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MessageSujet: Re: L'air du vent Mar 15 Fév 2011 - 8:16

Un bruit d'éboulement menaçant se fit entendre tandis qu'une multitude de pierres accompagnées d'une bordée de neige en provenance des hauts sommets fondaient droit sur le groupe. Nul doute que les hurlements de Hizo se perdant dans l'écho en étaient la cause. Toutefois, l'heure n'était pas aux accusations ou aux blâmes, mais à la fuite. Les voyageurs fixaient l'avalanche de rochers, horrifiés. Décidément, Hizo portait la poisse tant les malheurs s'abattaient sur lui, à l'instar de cette avalanche à moins qu'ils ne s'enfuissent à toute vitesse. Ce fut Ko qui réagit la première en hurlant à pleins poumons.

- Allons-nous en d'ici ! Vite vite vite ! Fuyons !!!

Il n'en fallut pas davantage pour motiver les deux hommes. Prenant la tête, Shi Fu s'élança d'une agilité déconcertante pour un homme de son âge, bientôt imité par les deux maîtres du feu. La première pierre s'écrasa à l'endroit exact où Hizo se trouvait 3 secondes plus tôt. Elle éclata en plusieurs morceaux, rapidement enterrée par les autres rochers qui dévalaient la montagne à une folle allure.
Hizo, Ko et Shi Fu courait à toute vitesse sur le sentier de la montagne, pourchassés par d'énormes rochers qui passaient tout près de leur tomber dessus. Pour le moment, ils réussissaient à les esquiver adroitement, mais le jeune homme craignait que cette chance ne soit que temporaire. Bientôt les pierres et la neige les enseveliraient, broyant leurs os et écrasant leur chair. Les malheureux qui y survivraient finiraient asphyxiés dans le quart d'heure suivant...

- On y arrivera jamais ! beugla Hizo. Il y en a bien trop !
- Cours ! lança Ko juste derrière lui.
- Continuons ! Si nous passons cette crête, nous pourrons nous réfugier dans une caverne ! cria le moine à son tour.

Au même moment, une pierre de la taille d'un lit (également en hauteur) atterri brutalement entre Hizo et Shi Fu, séparant le groupe en deux. Heureusement le garçon n'avait rien perdu de ses réflexes, aussi bondit-il au-dessus et continua sa course effrénée. Ko fit de même d'un bond d'une grâce féline et se lança à la suite des deux hommes. À une cinquantaine de mètres se dressait la fameuse crête montagneuse dont avait parlé le nomade de l'air mais l'atteindre ne serait pas facile. L'éboulement s'amplifiait, les pierres qui continuaient de dégringoler semblaient toujours plus grosses et nombreuses. La jeune femme risqua un coup d'oeil derrière elle et vit le sentier bouché, comme par un barrage.

- Nous y sommes presque ! encouragea Shi Fu.

Les trois compagnons accélèrent. Non loin d'eux l'entrée d'une caverne apparaissait. Un petit bloc de roc percuta violemment l'épaule de Hizo qui poussa un cri de douleur. Sous l'effet de cette souffrance, sa vision se troubla de petit points noirs qui s'élargissaient jusqu'à l'aveugler temporairement. Sans même le remarquer, il ralentit le rythme, son visage crispé. Ko, juste derrière lui, remarqua la grimace de douleur de son compagnon mais il était hors de question de perdre de la vitesse. Elle comprenait la désagréable sensation de douleur qui l'affligeait mais pour le moment, il fallait conserver leur cadence s'il souhaitait survivre.

- Continue Hizo ! Ça va aller ! Continue !
- Ah, lâche-moi ! Je vais bien... mentit-il par orgueil.

Hizo secoua la tête. Son épaule l'élançait horriblement mais il refusait de dévoiler sa faiblesse. Encouragé par la préservation de son honneur, il recouvra sa vue et accéléra jusqu'à en rejoindre Shi Fu, Ko à sa suite. De justesse, ils plongèrent dans la caverne dont l'entrée s'obstruait de pierre. Ils ne tarderaient pas à se retrouver dans l'obscurité, emmurés dans cette grotte.
Espérons que là ne se résumait pas le plan du vieux moine...
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MessageSujet: Re: L'air du vent Mar 15 Fév 2011 - 17:49

L'éboulis bouchait peu à peu l'entrée de la grotte. En silence, ils écoutèrent le grondement de l’avalanche, jusqu'à ce que la montagne se taise complètement. Ko fit naître une flamme dans sa main, rapidement imitée par Hizo. A la lueur du feu, ils jugèrent le tas de rochers et de pierres qui obstruait maintenant la sortie. Il était clair pour tout le monde qu'elle était condamnée. Ils avaient laissés tout leur matériel sur leur lieu de campement. Hizo n'avait même pas eu le temps d'enfiler sa veste et ses chausses. En plus de son épaule douloureuse, il avait la plante de pieds striée de coupure que lui avaient laissé les cailloux tranchants pendant sa course. mais l'heure n'était pas aux gérémiades. Il fallait trouver une sortie.

Levant le bras, Ko observa longuement les parois de la grotte. Il y avait quelques algues qui y poussaient. C'était un bon signe, car ça signifiait qu'il y avait de petits filets d'eau qui couraient un peu partout. Au moins ils ne mouriraient pas de soif. Le plafond était relativement haut. En continuant son inspection, Ko remarqua toutefois quelque chose qui n'était pas de bonne augure.

- Oh non !

- Quoi ? Quoi ?

- Je crois qu'il y a un animal qui vit ici.

En effet, dans un coin de la grotte étaient assemblés de petits os en un tas éparse.

- Quel genre d'animal ? Une chauve-souris ?

- Non. C'est bien plus gros.

Ko s'avança et fouilla dans le tas d'ossements. Elle en sorti un grand os à moitié rongé.

- Qu'est-ce que c'est ?

- Un radius. Un radius humain.

- Tu veux dire que le truc qui vit ici mange de l'humain ?

Ko hocha la tête.

- Qu'est-ce que c'est comme animal ?

- J'en sais rien.

- C'est un loup des cavernes.

- Possible, mais ça pourrait tout aussi bien être...

- Non, non, c'est un loup.

- Comment vous pouvez en être sûr ?

- Parce que je le vois.

Ko et Hizo se retournèrent. Un immense loup se tenait à l'entrée d'un des boyau de la grotte. Les babines retroussées, montrant ses énormes dents.
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MessageSujet: Re: L'air du vent Mer 16 Fév 2011 - 8:50

- Non, non, c'est un loup.
- Comment vous pouvez en être sûr ?
- Parce que je le vois.

À ce moment même, un long grognement féroce retentit dans la grotte. Lorsque les deux maîtres du feu pivotèrent dans la même direction que Shi Fu, ils se retrouvèrent face à face avec un énorme loup des cavernes, babines retroussées, l'air aussi menaçant qu'affamé. Un loup des cavernes n'a rien à voir avec son homologue des forêts. Celui-ci le dépassait en taille et en corpulence, d'au moins le double, et sa férocité n'avait d'égal que son appétit réputé insatiable. La robe grise comme de la roche de la créature rappelait les piquants d'un porc-épic tant elle était hérissée. Pris de surprise, Ko et Hizo reculèrent d'un pas vers l'arrière sans quitter des yeux le monstre qui se tenait en face d'eux.

- Ah bien joué, vieux moine ! s'emporta Hizo. Après nous avoir fait traverser une avalanche de pierres, tu nous conduis droit dans l'antre d'un loup des cavernes qui n'a rien avalé depuis des jours ! Grrrr... et en plus, on ne peut pas ressortir !
- Je ne savais pas que tu avais peur des chiots, Hizu.
- Hizo !!!! corrigea-t-il instantanément comme si la prononciation de son prénom importait davantage que la situation dans laquelle ils se trouvaient. Et cette bête n'a RIEN avoir avec un chiot !
- Bah, il n'est pas bien gros... j'en ai vu des plus bestiaux que lui.
- Euh... je crois que l'heure n'est pas aux discussions sur la taille de ces créatures, intervint Ko avant qu'Hizo ne réplique. On devrait peut-être trouver un moyen de s'en débarrasser.

Le loup des cavernes approchait lentement, fixant chacun d'eux comme des proies potentielles. Cette caverne était son antre et chaque personne ou créature qui y entrait devenait immédiatement un intrus, donc un repas. Du moins, c'était ce qu'hizo en concluait. Fébrile, il tentait de garder le plus de distance possible entre lui et cette bête qui devait à présent déterminer lequel des trois représentait la cible la plus facile. Adossés à la paroi rocheuse de la grotte, ils devaient réagir et vite avant qu'il ne soit trop tard. Impulsif comme à son habitude, le jeune homme prit l'initiative.

- Cette créature est peut-être grosse et sa peau doit être aussi solide que le cuir, mais ça ne l'empêchera pas de flamber ! Je vais réduire ce loup en cendre !
- Non attends !
lâcha Ko.
- Tssss... trop tard... marmonna le vieux nomade dans sa barbe.

Trop tard en effet. Ignorant la mise en garde de sa compagne, Hizo bondit d'un pas en avant d'un déplacement ample et fléchit le genou avant, dans une position longue. Il tendit le bras droit vers l'avant, bien décidé à envoyer un déluge de flamme sur la bête. Hélas dans son enthousiasme, il en oublia sa blessure à l'épaule. Une fois son énergie canalisée, alors qu'il s'apprêtait à utiliser sa maîtrise, une violente douleur l'assailla. Hizo poussa un cri déchirant et s'effondra sur le sol dur en tenant fermement son épaule blessée qui l'élançait cruellement. *Arrrrrrggh non !!!!* Mais pire encore, le garçon ne se trouvait plus qu'à quatre mètres du loup des cavernes qui avait désormais choisit sa cible. L'une des tactiques de chasse des loups consistaient à repérer une proie faible qu'ils tiraient à l'écart afin de l'attraper aisément. Dans ce cas-ci, la proie facile était Hizo.
Le loup n'hésita pas. En poussant un grondement sonore, il plongea sur le maître du feu étendu à quelques mètres de lui...
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MessageSujet: Re: L'air du vent Mer 16 Fév 2011 - 11:40

Le loup était à présent sur Hizo, ses dents pointues et tranchantes à quelques centimètres seulement du visage du jeune homme. Ko ferma les yeux. le spectacle d'un humain en train de se faire arracher le visage par un prédateur géant n'était vraiment pas parmi ses préférés. Le temps sembla s'étendre à l'infini. Chaque seconde passée, la situation devenait de plus en plus horrible. Cependant, la bête n'attaqua pas. Elle se contenta de grogner méchamment. Voyant que la situation n'évoluait pas, Hizo risqua un regard vers Ko et Shi Fu. La jeune femme avait prudemment ouvert les yeux, n'entendant ni cri déchirant ni bruit de chaire qu'on arrache.

- Elle n'attaque pas, finit par dire Hizo.

- En effet, constata le vieux moine, en penchant la tête sur le côté.

- Qu'est-ce que tu fais ?

Ko ne répondit pas. Elle avait pris une étrange position. Tête en arrière, paumes des mains tendues vers la louve, elle émettait de petits grognements et glapissements, auxquels l'animal semblait répondre. Le loup avait effectivement détourné son attention de Hizo pour regarder elle-aussi, la jeune femme. Seul Shi Fu ne semblait pas perturbé par la situation, et hochait la tête de temps en temps. La bête finit par libérer le fils du feu, et vint se frotter contre Ko. Hizo n'en croyait pas ces yeux.

Ko sorti brusquement de sa transe et plongea ses mains dans la fourrure du loup.

- C'est une louve. Elle a un petit et une proie qu'elle a capturé ce matin. Elle les protège, c'est tout.

- C'est tout, s'étrangla son compagnon ?

- Elle connaît cette grotte et va nous conduire à la sortie.

- Mais oui, hurla Hizo en gesticulant ! Suivons ce monstre qui essayait de me tuer il y a encore quelques secondes !!

La louve se remit à grogner. Ko se mit à rire franchement, tout en tapotant la tête de l'animal.

- Grmbl... Suivre bande de tarés... Animal.... Complètement fous....

Tout en continuant à râler, Hizo suivit prudemment la petite troupe qui s'enfonçait dans les boyaux et tunnels de la grotte.


Dernière édition par Elda... le Jeu 17 Fév 2011 - 8:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'air du vent Jeu 17 Fév 2011 - 7:56

Tandis qu'ils avançaient prudemment dans un tunnel, improbablement guidés par une louve des cavernes, Hizo préférait rester en retrait, l'air songeur. Le jeune homme pouvait se compter extrêmement chanceux d'être toujours en vie. Si la créature l'avait désiré, elle l'aurait déchiqueté comme un vulgaire chiffon. Par chance, ne serait-ce de sa blessure à l'épaule, il s'en sortait indemne, une fois de plus. *J'ai eu l'air d'un idiot monumental encore une fois ! Il faudrait vraiment que je sois plus prudent...* Le jeune homme maudissait sa témérité en son for intérieur et se jura à l'avenir de prendre davantage de précaution.

Mais une autre chose le tracassait. Comment Ko savait-elle pour la louve protégeant son petit ? Pourquoi l'animal s'était-il soudainement pris d'empathie pour la jeune femme ? Et comment se fait-il que cette louve ait ''accepté'' de les guider au coeur de la montagne ? Hizo conclut que la seule explication logique était que Ko parvenait à communiquer avec cette créature. Mais comment ? *Décidément, il me faudra éclaicir de nombreux points avec elle...*

Voilà trente minutes que le groupe progressait dans un dédale de passages souterrains sans en atteindre la sortie. Hizo s'impatientait mais ne formula aucune remarque, se contentant de se tenir à l'écart en grommelant pour lui-même. Non seulement insatisfait que la bête l'ayant attaqué leur serve de guide, le maître du feu préférait éviter d'attirer l'attention de Shi Fu qui avait recommencé à fredonner. En effet, depuis l'incident avec la louve des cavernes, ce dernier prenait un malin plaisir à qualifier Hizo de ''seigneur des loups'', de ''roi de la meute'' ou encore de ''grand veneur''. Rien pour apaiser sa conscience déjà profondément troublée.

Au bout de quelques instants, Ko, qui ouvrait la marche aux côtés de la louve, prit la parole, s'adressant à ces compagnons de route.

- Il y a une petite galerie au bout de ce tunnel. Nous l'atteindrons dans deux minutes. Il y a une source d'eau fraîche, nous en profiterons pour nous abreuver.
- Ah, je suppose que ta nouvelle ''amie'' te l'a dit ? dit Hizo d'un ton sarcastique.

En guise de réponse, la jeune femme laissa échapper un petit ricanement que Hizo trouvait réellement agaçant. Il était convaincu qu'elle faisait exprès de ne rien dire même si elle savait fort bien que le garçon se questionnait. *Qu'importe ! Je m'en fiche, qu'elle garde ses petits secrets pour elle !*

- Ça va ton épaule, seigneur des loups ? demanda Shi Fu d'une voix railleuse. Après un affrontement aussi épique, il ne faudrait pas gâcher ton heure de gloire à cause d'une infection ou d'une hémorragie interne !
- Arrête de m'appeler comme ça ! Mon épaule va très bien et combien de fois devrais-je te préciser que c'est une roche qui m'est tombé dessus lorsque nous fuyons l'avalanche. Pas cette sale bête !
- Ne l'appelle pas comme ça ! réprimanda la maîtresse du feu.

Comme si la louve des cavernes avait tout saisit la conversation, elle poussa un petit grognement à l'adresse du maître du feu qui feinta de l'ignorer. Concernant son épaule, Hizo avait menti. Son membre le faisait souffrir au point où il n'osait pas lever son bras. Sous son kimono, la zone atteinte avait prise une écoeurante coloration violacée, presque bleuâtre. Nul doute qu'il lui fallait un bon repos afin de guérir cette blessure, mais son honneur l'empêchait de se plaindre, au même titre que sa fierté. Il n'avouerait jamais sa faiblesse, surtout devant une femme et un vieux grigou comme Shi Fu.

- J'aperçois la source ! déclara Ko, un magnifique sourire illuminant son visage longiligne.

Ko, Shi Fu, Hizo et la louve des cavernes pénétrèrent dans une petite galerie au sol hérissé de stalagmites. En son milieu coulait une petit ruisseau souterrain d'eau fraîche qui disparaissait sous les parois. La douce mélodie apaisante du ruissellement de l'eau cristalline tintait dans la petite salle telle une berceuse que l'on chantait aux enfants pour les endormir. La louve fut la première à s'abreuver, immédiatement imitée par Ko et le vieux moine. Plutôt que de se rafraîchir, Hizo préféra d'abord s'asseoir sur une pierre plate afin de soulager son épaule endolorie en la massant.

- Tu n'as pas soif ? demanda la jeune femme à son compagnon.
- Non, pas maintenant. Je boirai plus tard.
- Le roi de la meute doit s'abreuver le premier, jeune homme !
- Fiche-moi la paix ! gronda Hizo avant de se retourner.

Le maître du feu poussa un long soupir. Il reprit peu de temps après, cassant le silence qui s'était répandu, s'adressant plus à lui-même qu'à ses compagnons.

- Je me demande combien de temps faudra-t-il avant de sortir de cette montagne...
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MessageSujet: Re: L'air du vent Ven 18 Fév 2011 - 10:16

- Nous passons sous le glacier. Nous arriverons à quelques dizaines de kilomètres du temple. Mais nous allons devoir passer quelque jours sous la terre.

Ko jeta un regard à Hizo. Il tenait son bras d'une façon étrange. Elle avait remarqué qu'il ne s'en servait pas depuis qu'ils étaient entrés dans la grotte. Même sous le tissus, elle pouvait voir que sa forme était différente de celle de l'autre bras. L'épaule était bosselée. Au pire il s'était brisé une partie de l'os, et dans le meilleur, ses os s'étaient déboîtes. Dans tous les cas, le sang était en train de se comprimer à l'endroit de la blessure, et dans quelques heures elle ne pourra rien faire d'autre pour lui que de lui amputer tout le bras. Elle se mordit la lèvre. Elle savait qu'il faisait tout pour cacher sa douleur, et qu'il n'avait pour l'instant aucune envie de se faire soigner. Ni par une femme, ni par un vieux fou. Mais il finira par ne plus supporter la douleur. Ne restait plus qu'à espérer que son appel à l'aide ne viendrai pas trop tard.

Elle jeta un coup d'oeil au vieux moine. Il regardait lui aussi le jeune fils du feu. Et l'air sérieux et grave qui se lisait sur son visage ne rassura pas la jeune femme. Hizo leva la tête et remarqua que ses deux compagnons le fixaient du regard.

- Quoi ?

Ko haussa les épaules, tandis que Shi Fu se penchait pour boire l'eau fraîche en faisant autant de bruit (voir plus) qu'un animal assoiffé.

- Tu devrais boire, Huzon.

- Non MERCI.

La raison pour laquelle Hizo ne voulait pas boire, était qu'il ne pouvait y accéder sans utiliser son bras blessé. Pourtant, il avait terriblement soif. La blessure commençait à le rendre fiévreux, et il avait la bouche pâteuse et la gorge sèche. C'est alors que le vieux moine entreprit d’emmener l'eau à Hizo. Une bulle d'eau, entourée d'air vint flotter devant son visage.

- Fais aaaaaaah !

- Mais !

La bulle éclata. Il avait à présent le visage ruisselant, mais dans son malheur, il avait réussi à avaler quelques gorgées d'eau. Il regarda successivement le vieil homme puis la fille du feu. Ils n'avaient pas franchement l'air de dire. Avaient-ils remarqué sa blessure ? Impossible. Il avait tout fait pour le leur cacher. Il se leva, et passant devant tout le groupe, se mit en marche avec entrain.

- Allé, on s'est assez reposés !

- Heu Hizo, je crois que tu prends le mauvais chemin.
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MessageSujet: Re: L'air du vent Dim 20 Fév 2011 - 18:56

Ko et Shi Fu se montrait un peu trop bienveillants. Par la façon dont ils observaient leur compagnon et agissait avec lui, Hizo commençait à croire qu'ils savaient à propos de sa blessure. Il ne fallait donc pas insister et passer à autre chose. Jamais le maître du feu n'accepterait d'être le boulet de l'équipe, celui que l'on doit prendre en charge. Il n'accepterait pas non plus que sa blessure les ralentisse. *Au diable cette blessure ! Je me soignerai une fois arrivé au Temple de l'Air.* Il se leva donc et prit les devants, se dirigeant dans le tunnel qui leur faisait face.

- Allez, on s'est assez reposé !
- Heu Hizo, je crois que tu prends le mauvais chemin.
- Me tromper de chemin ? Je suppose que tu le sais plus que moi, évidemment... ironisa-t-il.
- Non... seulement je sais que ce n'est pas en revenant sur nos pas que nous atteindrons la sortie.

Hizo s'arrêta et posa son regard tout autour de lui. Ko avait raison une fois de plus. Dans sa hâte, le maître du feu s'était lancé dans le tunnel d'où ils venaient. Furieux contre lui-même autant que la cruelle situation, Hizo se tapa le front avec sa main valide. Une fois de plus, il avait l'air d'un vrai crétin et le vieux moine ne manqua pas de le lui rappeler. Ce dernier éclata d'un rire sec en pointant son souffre-douleur du doigt.

- Héhéhéhéhé, tu es vraiment le meilleur chasseur que j'ai jamais vu Hazu ! Le Grand Veneur qui nous guide ! Héhéhéhéhé !
- Arrrgh ! Ferme-la, ferme-la, ferme-la, FERME-LA !
- Ce n'est pas grave, rassura Ko qui se retint de ricaner. Suivons la louve, elle sait bien où aller.
- Grrmmmlllb, c'est ça... grrrllllmmbb...

Le petit groupe continuait sa route à travers les dédales de tunnels qui trouaient le coeur de la montagne. Le jeune homme se tenait à l'arrière pour bouder tranquillement et éviter d'entendre les railleries de Shi Fu, irrémédiablement suivit d'éclats de rire, certains venant de Ko. Comme toujours, cette aventure tournait à son désavantage et d'être coincé dans la montagne accompagné de ces deux énergumènes l'énervait au plus haut point. De plus, il ne digérait pas d'être guidé par la louve des cavernes qui l'avait attaqué quelques heures plus tôt. Il ne supportait plus l'attitude niaise de Ko, trop lunatique et égarée pour être tout-à-fait réelle. Hizo commençait même à douter qu'elle lui apprendrait quoique ce soit... Quant à Shi Fu, mieux ne valait pas y penser !

Les voyageurs passèrent le reste de la journée à suivre un long et sinueux tunnel qui semblait toujours rétrécir. Bientôt, ils ne purent qu'avancer l'un à la suite de l'autre, en une belle file indienne. Ils n'avaient pas rencontré d'autre sources d'eau souterraine, aussi la soif les tenaillaient-ils mais aucun ne s'en plaignait. Pour Hizo cependant, tout n'allait pas si bien. La peau du garçon pâlissait à vue d'oeil et cela devenait rapidement visible même dans l'obscurité de la grotte. La sueur dégoulinait sur son visage crispé par l'effort et la douleur reliée à sa blessure à l'épaule. Sans même s'en rendre compte, le maître du feu ralentissait au point de ne plus être capable de suivre le rythme de la marche. Ce fut Shi Fu qui se retourna le premier et le remarqua.

- Hé, ô roi de la meute ! Qu'est-ce que tu dirais de nous rejoindre ? Ce serait plus amusant !
- ...

Le maître du feu posa un regard absent sur le vieux moine, ses pupilles dilatées. Il ne trouva même plus la force de répliquer, chose plutôt inhabituelle dans son cas. Il laissa échapper un très long soupir qui attira l'attention de la jeune femme et de la louve. Trois secondes après, il s'effondra lourdement sur le sol rocailleux et plongea dans l'inconscience.

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MessageSujet: Re: L'air du vent Dim 20 Fév 2011 - 20:08

- Hizo !

Le vieux moine la jeune femme et la louve coururent porter secours au jeune maître du feu. Malheureusement, seul Shi Fu pouvait avoir accès au blessé, les parois étant trop rapprochées. Ko jeta un regard au-dessus d'elle. Le plafond de la grotte était trop bas pour qu'elle puisse sauter par-dessus le moine. Celui-ci s'était accroupi pour tâter le front du grand blond. Il lança un regard inquiétant à la jeune femme. De rage, Ko frappa son poing contre la paroi rocheuse.

- Et m***e ! On aurait pu le soigner bien avant ! Pourquoi est-ce qu'on n'a pas insisté ?

- Ce n'est pas de notre faute, dit doucement le vieux moine.

- Je sais ! Mais...

Sa voix s'étrangla. Shi Fu venait de soulever la manche du costume de Hizo, qui cachait sa blessure. Des larmes de désespoir vinrent perler aux yeux de la jeune femme.

- Hizo, non...

La louve vint s'accroupir en gémissant.

- Qu'est-ce qu'on va faire ?

- Le guérir.

- Avec quoi ?

- Avec ça !

Shi Fu souleva sa toge et la secoua.

- Je ne sors jamais sans ma pharmacie !

De petits paquets enveloppés dans du tissu tombaient l'un après l'autre sur le sol. Le vieil homme les rassembla avant de s'asseoir et de contempler son trésor. Il en mis quelques un uns à l'écart et entreprit d'ouvrir ceux qu'il avait laissé devant lui. Il gardait donc sur lui une petite pharmacopée d'herbes médicinales en tout genres. Ko l’observa tout en se disant que le moine avait eu une bonne idée. Elle tacherai d'y penser pendant ses prochains voyages. Un fois avoir ouvert ses précieux paquets, Shi fu y piocha quelques plantes et les fourra dans sa bouche. Quand on n'avait pas d'eau, c'était la seule solution pour réaliser un cataplasme.

- Je crois qu'il va falloir lui remettre tout ça en place dit-il en recrachant le contenu de sa bouche dans sa main et en l'étalant sur le front de Hizo.

Puis, comme si de rien n'était, il saisit le bras du fils du feu, puis il frappa sur la bosse où le sang s'était concentré, pour relancer la circulation. Même si il était complètement sonné, Ko pouvait voir la souffrance se dessinait sur son visage à chaque fois que le moine cognait. Puis, une fois satisfait de l'aspect du bras, Shi fu le plaça devant. Tenant le poignet d'une main et l'épaule de l'autre, il tira d'un coup sec. Un affreux bruit se rependit dans la grotte, suivi d'un gémissement sourd. Puis plus rien.
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MessageSujet: Re: L'air du vent Lun 21 Fév 2011 - 20:22

Shi Fu replaça le bras du maître du feu le long de son corps puis se retourna vers Ko en haussant les épaules. Pauvre Hizo, pour une fois que le vieux moine prenait une attitude sérieuse, il n'était pas conscient pour le constater.

- Et maintenant ? demanda Ko.
- Et maintenant, il faut attendre. L'os du bras est replacé, il ne faut qu'espérer qu'il n'y ait pas de fracture. Si c'est le cas, l'os ne se ressoudera pas correctement et il mourra. Dans le cas contraire, le sang circulera à nouveau dans son corps et il vivra.

Ko acquiesça de la tête. Ils décidèrent qu'il valait mieux ne pas poursuivre le voyage, ce qui risquerait d'aggraver le processus de guérison du jeune homme. Les deux compagnons encore debout s'affairèrent à monter un petit campement pour se reposer. Ils ignoraient l'heure qu'il était et combien de temps ils avaient marché dans ces tunnels. Néanmoins, la fatigue était lisible sur leur visage exténué par l'effort. Leur ''campement'' ne se résumait qu'à jeter plus loin les nombreuses pierres afin d'obtenir une surface plus lisse, plus confortable pour dormir. En guise d'oreillers, leurs vêtements feraient l'affaire pour cette fois et ils se passeraient de couvertures. Évidemment dans leur condition, ils ne s'exigeaient aucun luxe.

Sombré dans l'inconscience, Hizo souffrait. Son subconscient le torturait de rêves douloureux et cela était bien visible sur son visage torturé. La sueur qui coulait sur son front perlait à en devenir brillante sous l'effet de la faible clarté de la flamme tenue par la maîtresse du feu. De temps en temps, il poussait des gémissements plutôt dérangeants pour la jeune femme et le nomade à un point où leur condition devenait intolérable. Mais heureusement, après quelques heures, un profond silence recommença à planer dans la caverne. Ko et Shi Fu dormait, tandis que Hizo guérissait en toute quiétude. En effet, le moine avait réussi les soins qu'il avait prodigué au garçon plus tôt. Lorsque le maître du feu ouvrit les yeux, il fut accueilli par la respiration régulière de ses deux compagnons endormis, étendue sur le sol pierreux.

- Ah non... murmura Hizo pour lui-même en s'asseyant.

Le maître du feu jura intérieurement. En ressentant son épaule qui prenait du mieux, il su dès lors ce qu'il s'était passé. Ses pires craintes se réalisaient. Il fut le boulet, celui que l'on traîne et que l'on doit s'occuper. Sans eux, il serait mort et c'est ce qui l'irritait. Hizo a toujours refusé de dépendre des autres et voilà maintenant qu'une petite idiote et qu'un vieux fou sénile lui avait sauvé la vie. Comment réagir ?

Les sens auditifs en alerte de la louve perçurent un bruit qu'aucun être humain n'aurait été susceptible d'entendre. Elle leva la tête et aperçut le garçon qui se redressait, adossé à la paroi de roc. À son tour elle s'assit et fixa son ancien ennemi, qui ne l'avait pas encore remarqué, de son regard perçant. Elle se recoucha à nouveau sans le quitter des yeux lorsque Hizo prit conscience de l'observation dont il était le centre d'attention.

- Ah... toi aussi tu cherches à me narguer ?


Mais il savait très bien qu'elle ne comprenait pas un traître mot de ce qu'il disait. De toute façon, lui-même ne s'entendait pas parler. Toute ses pensées se dirigeaient vers ses deux compagnons et la situation qui ne tarderait pas à se réveiller Bientôt, il devrait faire face à Ko et Shi Fu. Bientôt, il devra vaincre son orgueil et honorer ceux qui lui ont sauvé la vie. Bientôt, il lui faudra dire ''merci''...

Trente minutes plus tard, Hizo entendit un long baillement. Il vit Ko s'asseoir en s'étirant au maximum qu'elle le pouvait afin de soulager ses muscles endoloris par ce sommeil inconfortable. Son premier réflexe fut de se retourner en direction de son homologue masculin pour juger de son état. Lorsqu'il croisa son regard pétillant, Hizo ne put dire si cela signifiait le soulagement, la surprise ou la joie. Peut-être les trois. Avant qu'elle ne puisse dire quoique ce soit, le jeune homme prit la parole en détournant le regard, n'osant pas la regarder dans les yeux, et susurra un mot qu'il n'avait pas souvent dit dans sa vie, surtout à une femme.

- Merci...

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MessageSujet: Re: L'air du vent Mar 22 Fév 2011 - 9:48

Ko regarda le jeune homme, le visage de profil, à moitié caché par l'ombre, les yeux tournés vers le sol. Mais ils semblait sincère, même si c'était difficile d'admettre ce qui c'était passé. Sa lutte pour la supériorité semblait peu à peu perdre son sens, et les mots que lui avaient dit la jeune femme avant son départ commençaient à avoir un sens. Il était évident qu'elle s'était inquiétée pour lui. L'aura de Hizo était particulièrement paisible, presque normale, qui qu'affaiblie par la fièvre.

- Ce n'est pas la peine de me remercier Hizo...

Elle laissa sa phrase en suspend. Que voulait-elle dire par là ? Que pour elle c'était normal de secourir un ami ? Qu'elle était simplement humaine et qu'elle n'aurait pas laissé quelqu'un mourir devant ses yeux sans rien faire ? Où encore qu'elle était secrètement très impressionnée par sa force et sa détermination... Peut-être qu'elle était tout simplement amoureuse de lui ? Il n'était pas moche, et il avait toujours eu du succès avec les filles. Il frissonna, en s’imaginant bras dessus bras dessous avec la petite et maigrelette fille du feu. Ko qui devinant ses réflexions aux changements de son aura se mit à rire doucement.

- Ce n'est pas moi qu'il faut remercier, mais Shi Fu. C'est lui qui t'as guéri.

Hizo ouvrit la bouche. Alors c'était à ce vieux fou qui ronflait comme quatre qu'il devait la vie. Il n'arrivait pas à le croire. Pour lui Shi Fu n'avait pas plus de quatre ans d'âge mental et serait incapable de prodiguer des soins à qui que ce soit sans en engager le pronostic vital. Il leva les yeux vers Ko, pour lui demander du regard si c'était une plaisanterie. Elle hocha la tête avec sérieux. Hors de question de remercier ce vieux sénile. Il avait dit merci, il n'avait qu'à être réveillé à ce moment. Tout en fulminant, il tenta de se rendormir.

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MessageSujet: Re: L'air du vent Mar 22 Fév 2011 - 12:38

Se rendormir dans de telles circonstances tenait de l'exploit, voire du miracle. Non seulement à cause du manque de confort, mais surtout en raison de l'anxiété qui gagnait le maître du feu. Il avait beau essayer de se retourner frénétiquement à la recherche d'une position plus confortable, faire le vide dans son esprit, songer à un avenir meilleur ou même à ses fantasmes de grands pouvoirs, rien n'y faisait. Tourmenté par ses récents malheurs, Hizo ne réussissait pas à trouver le sommeil récupérateur dont il avait besoin. Qu'un être aussi pitoyablement squelettique et dérangé comme Shi Fu lui ait sauvé la vie le répugnait. Grognant pour lui-même, il imaginait déjà le vieux moine tirer profit des évènements pour se moquer de lui, en les utilisant comme de nouvelles munitions. *Grrrr, il va en profiter pour se moquer ! C'est plus que mathématique, il va m'en faire baver !*

Hizo abandonna donc l'idée de dormir. Il s'assied à son tour en face à la maîtresse du feu qui attendait patiemment le réveil du nomade de l'air, caressant l'encolure de la louve des cavernes.

- Es-tu certaine que c'est Shi Fu qui m'a soigné ?
- Mais oui ! s'amusa Ko, un petit sourire sur les lèvres.

Le garçon échappa un petit soupir avant de poser son regard sur Shi Fu. Le nomade de l'air dormait, roulé en boule, en ronflant au moins aussi fort qu'un ours-hibou en période d'hibernation. Il n'arrivait pas à croire que ce vieux sénile puisse posséder les compétences suffisantes pour le guérir. À le voir ainsi profondément endormi, Hizo se souvint de son réveil la journée précédente, lorsqu'il avait découvert le moine enlacé à lui. Dégoûté, le jeune homme chassa cette pensée de son esprit. Qu'importe s'il lui avait sauvé la vie, Shi Fu ne recevrait aucun remerciement ! Après tout, la faute lui incombait si le maître du feu fut ainsi blessé. S'ils n'avaient pas suivi le vieux moine dans ces montagnes, jamais ils n'auraient eu à fuir une avalanche pour finalement se retrouver piégés dans une grotte obscure...

Après quelques instants de silence, uniquement brisé par les ronflements de Shi Fu, ce dernier se réveilla subitement. Il sembla à Hizo que deux secondes auparavant, le vieil homme dormait à poings fermés. Une fois sa frêle musculature bien étirée et sa barbe fournie vigoureusement grattée, il se tourna en direction de Hizo pour vérifier son état de santé. Un sourire hideux se dessina sur son visage lorsqu'il constata, non sans fierté, que le garçon avait survécu et se portait bien. À la grande surprise de tous, Shi Fu s'approcha à quatre patte de son patient. Hizo le regardait, interloqué, jusqu'à ce qu'il comprenne finalement les intentions de son ''sauveur'', les bras tendus.

- Mais c'est qu'il semble en pleine forme ! Viens dans mes bras ! s'exclama le moine.
- Arrrgh ! Pas question ! s'offusqua Hizo en reculant d'horreur.
- Oui, viens dans mes bras ! Fais-moi un gros calin !!!
- Nooon ! Laisse-moi !

Malheureusement pour le maître du feu de 17 ans, sa vitesse de déplacement à quatre pattes était de loin inférieure à celle de Shi Fu. D'un bond impressionnant, ce dernier plongea sur Hizo qui tomba à la renverse, sous le regard médusé de la jeune femme qui ne manquait rien à la scène. Ko croisa le regard de la louve qui la fixait, comme pour lui démontrer qu'elle aussi se questionnait quant au comportement des deux hommes.

- Dégage, vieux fou ! ordonna Hizo. AOW mon bras ! Ôte-toi, tu me fais mal !!!
- Donne-moi un bisou ! exprima le moine en approchant ses lèvres de la joue droite du maître du feu.
- AAAARGH ! NON ! Va-t-en !!!

Au tout dernier moment, Hizo conjura toute ses forces dans son bras valide et repoussa Shi Fu quelques mètres plus loin, juste avant le contact indésirable. Furieux, le garçon se releva d'un bond et pointa le nomade d'un doigt accusateur, l'incendiant du regard.

- Ça ne va pas !?!?! Espèce de vieux malade ! Ne me touche plus !!!

Le vieil homme se releva lentement avant de s'adresser à Ko, comme si les propos du jeune colérique ne le dérangeait pas le moins du monde. Bien au contraire, il affichait un sourire satisfait.

- Il est en pleine forme ! Nous pouvons continuer.

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MessageSujet: Re: L'air du vent Mer 23 Fév 2011 - 9:58

La petite troupe se mit doucement en marche. Au bout de quelques centaines de mètres, le tunnel s'élargit à nouveau. La louve parti en avant et revint une demi-heure plus tard, avec dans sa gueule quatre chauves-souris d'une taille assez impressionnante. Elle les déposa sur le sol avant de prendre sa part et de commencer son repas. Shi fu se délestât d'un pas de sa toge pour permettre d'allumer un feu. La chai des chauve-souris était fade et extrêmement dure à mâcher, même après avoir été grillée. Mais ils n'en laissèrent pas une miette. Ils continuèrent à marcher sous terre, et le reste du voyage se passa sans incident notable.

Vers le milieu de l'après midi du troisième jour, ils aperçurent une lueur.

- Qu'est-ce que c'est ?

- Je crois que c'est la lumière du jour.

- Tu veux dire... Le soleil ?

Ko hocha la tête. Un léger sourire se dessina sur le visage du grand blond. Il se retenait de ne pas courir jusqu'au bout de ce fichu tunnel pour s'exposer aux rayons du père soleil. Il était vrai que pendant plus de quatre jours, ils n'avaient eu pour toute lumière que les flammes dont ils se servaient pour éclairer leur chemin. Les deux maîtres du feu avaient senti que leur corps s'affaiblissait lentement. Ils avaient besoin de soleil pour vivre, se mouvoir, et surtout utiliser leur maîtrise correctement. Encore quelques jours d'obscurité et ils n'auraient plus été capables de créer même la plus petite étincelle.

Elle avait tout aussi envie que Hizo de courir se mettre au soleil. Un peu de réconfort et de chaleur sur sa peau lui ferait le plus grand bien. Ils se mirent à marcher vers la sortie, Hizo mettant un point d'honneur à caler ses pas sur ceux du vieux moine, pour prouver qu'il pouvait être capable de patience. Les premiers rayons n'en seraient que plus délicieux. Mais Shi Fu ne semblait pas pressé. Ko aussi avait remarqué que ses foulées ralentissaient. Si les maîtres de l'air n’apprécient pas spécialement le soleil, il y avait quand même plus de vent dehors que sous la terre.

- Pourquoi est-ce qu'il ralenti ?

- J'en sais rien.

Soudain le moine stoppa net.

- Qu'est-ce qu'il y a ENCORE ?

- Je crois que ce n'est pas la sortie.

- Tu plaisantes ou quoi ? Tu ne vois pas la lumière là ?

- Si, mais ce n'est pas la lumière du soleil.

- C'est la lumière de quoi alors ?

- D'un varan-lueur.

- Un quoi ?

- Un varan-lueur. C'est une créature qui attire ses proies avec de la lumière. Ses dents son terriblement acérées et sa salive mortelle. Et il court vite. Très vite.
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MessageSujet: Re: L'air du vent Jeu 24 Fév 2011 - 10:50

Hizo pouvait à présent analyser correctement la lumière et confirmer avec certitude qu'elle n'avait rien à avoir avec le soleil. Beaucoup trop claire, de loin trop aveuglante, comme s'il n'y avait absolument rien derrière hormis le vide éternel. Pendant un instant, il fut convaincu de voir la lumière se déplacer, comme si elle désirait se faire plus attrayante. Un monstre tel qu'un varan-lueur représentait l'archétype idéal du chasseur embusqué, bien plus patient qu'un serpent et plus mortel qu'un grand félin. Cependant, malgré ses techniques de chasse basées sur la ruse, cet animal se transformait rapidement en une bête agressive et sanguinaire si sa proie ne tombait pas dans le panneau, à l'instar des trois compagnons. Plongé dans cet état de frénésie, le varan-lueur rivalisait de vitesse avec un étalon chevautruche et de force avec l'élan-lion. Dès que Shi Fu avait stoppé la marche et que le groupe avait commencé à reculer, le monstre sut qu'il ne les bernerait pas. Il lâcha un grondement long et menaçant, suivit d'un sifflement rappelant celui d'un lézard.

- Alors bravo ! cracha Hizo, sarcastique. Bien joué, vieux moine ! De toutes les grottes et les tunnels disponibles dans cette montagne, il FALLAIT que tu choisisses celle avec tous les monstres !
- Les gars, ce n'est vraiment pas le moment,
répondit Ko non sans cacher une certaine crainte. Vraiment pas…

L'intensité de la lumière faiblit un peu et désormais, les aventuriers arrivaient à distinguer les traits du monstre qui se dressait entre eux et une probable sortie des kilomètres plus loin. Le corps, recouvert d'épaisses écailles grises - vertes, ressemblait en tout point à celui d'un lézard, un varan plus exactement, mais d'une proportion gigantesque, l'équivalent du jeune maître du feu en terme de hauteur. En portant son regard plus loin, Hizo aperçut une queue massive longue d'au moins deux mètres et se doutait bien que le monstre n'hésiterait pas à en faire usage pour attaquer. La tête du varan-lueur quant à elle prenait l'aspect d'un gros poisson des profondeurs, sa bouche hérissée de dents effilées. De son ''front'' pendait une longue antenne dont le bout était un globe lumineux, responsable de sa capacité à aveugler ses proies pour les piéger. En poussant un second grognement assourdissant, le varan-lueur fit quelques pas prudents en direction des trois infortunés, ses griffes acérées raclant le sol rocheux.

- ATTENTION ! hurla Hizo.

Le maître du feu fut le premier à anticiper l'attaque de leur adversaire et fut donc ainsi le premier à réagir. Le varan-lueur prit une profonde inspiration, gonfla ses joues et cracha un long jet de salive corrosive droit sur ses proies. Ko et Shi Fu furent prit au dépourvu par l'agression soudaine du monstre mais pour une fois, Hizo les battit de réflexes et de vigilance. Situé au milieu, il agrippa la jeune femme et le vieux moine et se jeta au sol en les entraînant dans son plongeon. Le liquide visqueux passa de justesse à quelques centimètres de leurs corps étendus sur la pierre avant d'asperger une paroi rocheuse. Le jeune homme écarquilla les yeux, horrifié, lorsqu'il vit le roc se désagréger au contact de la salive.

Le varan-lueur affamé grogna d'insatisfaction en constatant l'échec de son attaque. Il s'approchait du groupe, déterminé à en faire son prochain repas.

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MessageSujet: Re: L'air du vent Ven 25 Fév 2011 - 11:10

Tordant son corps pour avancer dans la galerie, le varan sorti sa longue langue. Elle lui servait à détecter les odeurs environnantes. Et ce qu'elle sentait était une odeur que le varan n'avait pas eu souvent l'occasion de goûter. Mais l'humain était un de ces repas préféré. C'était un met de choix comparé au goût fade et caoutchouteux qu'avaient en commun à peu près toutes les créatures qui vivaient sous la terre. La chair humaine était délicieuse, goûteuse, tendre et naturellement légèrement salée. Sur la femelle et le vieux mâle, il n'y avait pas grand chose à manger. Mais le jeune qui était au milieu était très appétissant et bien musclé.

Ils allaient mourir. Hizo en était certain, tout comme Ko. Mourir comme ça, dévoré par une créature tout droit sortie des enfers. Ils seraient dévorés conscients, les muscles paralysés. Ils ne pourraient ni bouger, ni même crier, mais la douleur n'en sera pas moins présente. C'était la fin. La fin du voyage et la fin de leur vie. Il y avait tellement de choses qu'ils auraient encore souhaiter accomplir. La mort était arrivée tellement vite. Pour Hizo, la mort n'était pas un problème en soi. Mais le fait d'être entouré dans ses derniers instants de personnes qu'il n'affectionnait pas, et de finir entièrement digéré par un monstre, sans aucun honneur, sans personne pour honorer ces cendres et sa mémoire... Le varan-lueur n'était qu'à quelques mètres d'eux à présent. Si jamais ils essayaient de se lever, il utiliserait sa salive et cette fois ne raterai pas son coup. Shi Fu se retourna et regarda Hizo :

- Tu devrais voir la tête que tu fais Hazu !

Il se mit à rire. Ce vieux était complètement fou. Ils allaient mourir et tout ce qu'il trouvait à faire c'était se moquer de Hizo. C'est à ce moment qu'un bruit retenti dans la grotte. Un grondement terrifiant mais familier aux trois compagnons. Jamais le maître du feu n'aurait pensé être aussi ravi à l'entente de ce grognement.

- La louve !

La bête s'avança et sorti de l'ombre. Les poils hérissés sur son dos et les babines retroussées, elle grogna en direction du varan-lueur. Celui-ci reporta immédiatement son attention sur son adversaire. Il avait trouvé ces proies le premier, il était hors de question qu'il les partage. Les deux animaux se firent face, et les trois humains purent se relever pour se plaquer contre la parois, juste à temps. Les monstres se jetèrent l'un sur l'autre. La lutte fut rapide, entrecoupée de hurlements de la louve et de sifflements du varan.

Soudain, le reptile géant s'affaissa sur le sol, suivi de près par la louve. Les trois compagnons restèrent quelques minutes à attendre, fixant la masse gisante du varan. Ko fut la première a bouger. La louve était couchée sur le flanc, les poils gorgés de sang, émettant de petits cris plaintifs. Shi Fu vint s'agenouiller à ses côtés et secoua la tête. Il n'y avait rien à faire. Lentement, la jeune femme approcha sa main de la louve et lui caressa lentement la tête. Elle ne pu retenir une larme lorsque l'animal rendit son dernier soufflent. Elle lui ferma les yeux puis se releva lentement. Hizo était resté plaqué contre la paroi, secoué par la violence de la bataille. Il n'appréciait pas les animaux, mais la louve leur avait indéniablement sauvé la vie, à deux reprises. Il s'approcha a son tour du cadavre et murmura un "merci" que personne n'entendit sauf lui.

Soudain, un bruit retenti et une ombre s'avança vers eux. Sans douté étais-ce un charognard, attiré par l'odeur du sang de la louve. Hizo se mit en position et fit naître une flamme au bout de sa main. Il ne laisserait personne se repaître du cadavre de leur sauver. Il lui devait bien ça. L'ombre se fit de plus en plus précise. Ko émit un petit cri et se précipita vers l'animal. Elle revint, avec dans ses bras un petit loup pas plus grand qu'un chiot.
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MessageSujet: Re: L'air du vent Sam 26 Fév 2011 - 4:11

Le monde animal regorgeait de surprises, dépassant parfois l'entendement. Pour quelqu'un qui n'aimait pas particulièrement les animaux (hormis ceux bien cuits dans son assiette), Hizo n'aurait jamais cru éprouver un jour un sentiment de gratitude et de regret à l'égard de l'un d'entre eux. De la reconnaissance pour son sacrifice. La louve des cavernes, emportée par son instinct protecteur typiquement canin, avait choisit de secourir la vie de ses ''amis'' en danger, des membres de sa meute, en dépit de la sienne. Coincés depuis quelques jours au coeur de la montagne, les compagnons erraient de tunnels en tunnels, plongés dans une obscurité omniprésente, guidés par l'animal à la recherche d'une sortie. Dans ces conditions, leur maîtrise du feu s'en trouvait fortement affaiblie. Jamais Ko et Hizo n'auraient pu dégager suffisamment de puissance pour vaincre un varan-lueur aux écailles plus épaisses qu'une armure de plaques en acier. Sans l'intervention héroïque du grand canidé, le monstrueux reptile n’aurait fait qu’une bouchée des humains.
Finalement, le maître du feu ressentait un profond regret. Il regrettait de ne pas avoir remarqué plus tôt la valeur d’un tel allié. Il déplorait son attitude ingrate envers leur guide, lui qui ne la considérait que comme une ‘’sale bête’’. C’était ainsi qu’il l’a surnommait, d’ailleurs. Pourtant, sans rien demander en retour, cette ‘’sale bête’’ les guidait depuis plusieurs jours dans les passages, galeries et autres souterrains sans rien demander en retour. Elle chassait même pour eux lorsqu’elle sentait que sa ‘’meute’’ mourrait de faim. Sans leur éclaireur de fortune, le trio de deux pattes n’aurait jamais été en mesure de parvenir à la moitié de la distance parcourue jusqu’à présent. Hélas, Hizo ne s’en rendait compte que trop tard…

Toutefois, malgré un orgueil démesuré et une façade aussi nonchalante qu’égoïste, Hizo possédait un bon fond. Il n’était pas foncièrement mauvais. Très attaché aux vertus telles que l’honneur et le courage, le jeune homme savait parfois admettre ses erreurs, bien qu’il rechignait de le faire en public. Reconnaissant envers sa défunte protectrice, il s’approcha discrètement du corps inerte de la louve afin de lui murmurer ses plus sincères remerciements.

Le groupe revint brutalement à la réalité lorsqu’un bruit retentit derrière eux, accompagné du déplacement d’une ombre non humaine. *Encore un monstre !!! Ça ne finira donc jamais !* Se positionnant défensivement pour protéger le cadavre de la louve comme si son corps servait de bouclier, le garçon fixait la nouvelle menace, prêt à la combattre. Aucun charognard ne se repaîtrait de leur sauveur tant que lui et ses compagnons se tenaient dans le secteur. Soudainement, Ko se précipita vers l’ombre qui continuait de s’approcher, à la grande surprise de Hizo. Shi Fu cependant ne semblait point surpris des agissements de la jeune femme.

- Ko ! lança Hizo. Reviens ici ! Tu vas te faire dévorer !
- Aucun danger, rassura Shi Fu.

La maîtresse du feu revint alors avec un louveteau à la fourrure noire, à peine plus gros qu’un jeune labrador. À première vue, le petit animal ne devait pas dépasser un an. Hizo conclut facilement que la créature était le petit de la louve. Il ne faisait aucun doute que le louveteau avait furtivement suivi sa mère, mais comment réussit-il à tromper leur vigilance relevait du mystère. Quoiqu’il en soit, Hizo lut de l’attendrissement dans le regard de Ko et craignant de devoir supporter un nouveau compagnon poilu, le garçon fit ce qu’il savait faire le mieux, contester.

- Non, non, non ! Repose cet animal, Ko ! Je sais ce que tu penses et c’est hors de question ! Tu peux oublier cette idée diabolique !
- C’est juste un bébé…
- Il ne représente aucun danger,
déclara Shi Fu.
- Pour le moment, ce n’est qu’un bébé inoffensif, idiote de fille ! reconnu Hizo. Mais il va grossir, avoir de plus en plus faim et devenir un prédateur FÉROCE ! Quand les prédateurs ont faim, ils attaquent les gens pour les manger ! Et celui-là ne sera peut-être pas aussi clément avec nous que l’autre !
- Il a perdu sa maman, dit Ko d’une voix empreinte de tristesse. Il ne survivra pas tout seul.
- Je ne veux pas le savoir ! Repose-le !


Afin d’éviter un nouveau conflit avec le bouillant maître du feu, Ko déposa l’animal au sol. Dès que ses petites pattes eurent touchés la pierre, le louveteau s'élança maladroitement vers le corps sans vie de sa maman. Il la renifla frénétiquement, puis la poussa de son museau comme s’il tentait de la forcer à se relever. Rien. Une scène bien triste qui bien qu' attendrissant le maître du feu, ce dernier s’efforçait de rester stoïque. Lorsque le bébé loup comprit finalement que sa mère ne se relèverait plus jamais, il poussa un long gémissement plaintif, enroué d’aboiements aigus très bruyants. Tous les regards convergèrent alors vers Hizo qui, malgré sa propre peine, restait obstiné.

- Quoi ? C’est la cruelle loi de la nature ! Ça aurait pu arriver même sans nous. Ne me regardez pas comme ça, j’ai raison et vous le savez ! Bon alors… comptez-vous passer la journée ici ? Allons-y !

Le jeune homme fit volte-face et s’engagea dans le tunnel, pressé de quitter cet endroit avant que l’émotion ne prenne le dessus sur la raison. Ko poussa un soupir et emboîta le pas, suivit du vieux moine. Au bout de quelques minutes de marche, les plaintes du petit loup s’éteignirent. *Enfin…* Un silence gênant planait au sein de la petite troupe. En raison des évènements tout récents, personne n’osait prendre la parole. Même Shi Fu jugeait le moment inopportun pour chanter.

Soudainement, un petit couinement retentit derrière eux. Le trio se retourna instantanément et découvrit, au grand dam du maître du feu, le louveteau qui courait pour les rejoindre. La jeune femme et le vieux moine n’hésitèrent pas à accueillir leur nouveau compagnon tandis que Hizo se frappa le front d’indignation. *Arrrgh !*
- Tiens donc ! fit Shi Fu. Salut toi !
- Ah non ! Ce n’est pas vrai ! gronda Hizo. Il n’a tout de même pas l’intention de nous suivre !!! Allez, ouste ! Va-t-en !

Le petit être à fourrure ne comprit rien à ce que ce deux pattes racontait, évidemment. Cependant, il fut instinctivement attiré par la voix forte et autoritaire qui le caractérisait et l’expression sévère qu’il dégageait. Remuant la queue à la manière d’un chien, l’animal se précipita vers le maître du feu afin de lui tourner tout autour. Comme un chiot, le louveteau glapissait à la recherche d’attention. Ko ne put s’empêcher de sourire tandis que Shi Fu éclata de rire. Hizo, de son côté, se figea d’horreur en constatant l’indéniable : l’animal avait choisi sa ‘’nouvelle maman’’.

- HAHAHAHAHA !!! Je le savais que tu étais le roi de la meute ! railla le nomade de l’air.
- Pas question ! Fiche-moi la paix ! Allez toi, ouste ! Fiche le camp ! ordonna Hizo à son nouvel admirateur à fourrure, sans succès.

Non seulement il n’arrivait pas à faire déguerpir l’animal, mais ce dernier récompensa son nouveau maître d’une manière tout à fait originale, bien que répugnante. Il leva la patte arrière et urina sur son pantalon de kimono. Le liquide, chaud et malodorant, dégoulina jusque dans ses bottes. Malheureusement, cet incident déclencha une nouvelle crise d’hilarité chez le vieux moine, ce qui acheva le peu de patience qu’il restait à Hizo. Même la jeune femme se permit un petit commentaire qui n’amusa pas du tout le garçon.

- Tu sais ce qu’on dit… l’essayer, c’est l’adopter !

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MessageSujet: Re: L'air du vent Sam 26 Fév 2011 - 11:05

Le louveteau glapit à nouveau, puis tourna autour de Hizo avant de s’asseoir devant lui et de lui lancer un regard implorant.

- Va t'en, siffla Hizo en lui donnant un petit coup de pied.

L'animal couina puis se coucha sur le sol.

- C'est ça, couché, intima le fil du feu en baissant avec autorité l'index vers le sol. Pas bouger. Paaaaas bouuuuuger.

Il jeta un oeil vers ses deux compagnons qui pouffaient de rire. Soudain in senti quelque chose s’agripper à sa jambe. Le jeune loup avait entreprit de déchirer en grognant le bas de la tunique de Hizo. Ce dernier le pris dans ses mains, bras tendus, pour le sermonner.

- Oh toi !!

Le louveteau sorti sans langue et essaya de lécher le visage de sa nouvelle maman.

- N'essaye même pas de m'attendrir. Je sais que tu es un monstre en puissance. Ta ruse de grand prédateur de marchera pas avec moi !

- Hizo ce n'est qu'un bébé. Il veut juste te témoigner son affection.

- Ouais... Ben je ne prendrai pas ce montre, aussi petit et mignon soit-il avec moi !

Il reposa le louveteau à terre et s'accroupi pour être à sa hauteur.

- Ecoute moi bien. Je ne suis pas ta maman et je ne veux pas l'être. Alors maintenant fiche-moi la paix ok ?

L'animal se ratatina sur le sol en chouinant, mais Hizo se leva et se mit promptement en route.

- Allé, en route !

Derrière lui, Ko ramassa le louveteau et le pris dans ses bras.

- Mais qu'est-ce que tu fais ?

- On ne va quand même pas le laisser là tout seul. Je le laisserai au bon soin des moines a notre arrivée.

Ils reprirent leur chemin. La véritable sortie de la grotte était en réalité quelques centaines de mètres plus loin et ils retrouvèrent enfin le soleil et l'air. Un dernier bivouac clôtura leur journée. Demain, dans la matinée, ils arriveraient enfin au temple de l'air.
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MessageSujet: Re: L'air du vent Mar 1 Mar 2011 - 6:52

Les rayons du soleil eurent un effet bienfaiteur sur le trio d’aventuriers, tant sur le point physique que moral. Plongés dans l’obscurité depuis plusieurs jours, le retour de la lumière naturelle fut accueillie aussi chaleureusement que la sensation de chaleur qu’apportait l’astre lumineux sur leur corps. Mieux encore, Ko et Hizo ressentaient leur puissance régénérer et retrouveraient très bientôt toute l’étendue de leur maîtrise. Le retour à la surface leur apportait le réconfort et cette fameuse impression de liberté leur redonna force et courage. Shi Fu, afin de manifester publiquement son plaisir, recommença à chanter sans que Hizo ne lui en tienne rigueur.

Ko tenait dans ses bras le petit louveteau depuis quelques heures déjà, mais s’aperçut rapidement de la difficulté de mener cette tâche à bien. L’animal ne souhaitait que deux choses; retrouver la sensation du sol sous ses pattes et rejoindre sa nouvelle maman. Cette dernière cependant, Hizo pour être plus précis, ne partageait pas ce point de vue, aussi fut-il bien content que la jeune femme se démène à transporter le petit. Toutefois, Ko dût se résigner à l’inévitable, elle ne pouvait combattre indéfiniment les aboiements, les gémissements et les débattements du louveteau. Au bout d’un certain temps, elle abandonna et posa la bête sur l’herbe. Il ne tarda pas à se jeter dans les pieds du maître du feu qui ne manqua pas de grogner, sans succès apparent. Peu soucieux de la quête menée par les trois deux-pattes, le louveteau des cavernes ne désirait que jouer avec sa nouvelle meute. Mais hélas, le moment n’était pas au jeu bien que le vieux moine y aurait bien consenti, parfois animé par une âme d’enfant dans ce contexte. Ils ignorèrent donc les tentatives de l’animal d’attirer leur attention. Ce fut une erreur que Hizo regretta…

À l’instar d’un chiot, un bébé loup des cavernes se comportait souvent un comme enfant. Il exigeait la même attention, les mêmes préoccupations et le même besoin d’affection. S’il ne dépensait pas convenablement son énergie, il risquait de devenir aussi insupportable qu’une nuée de moustiques. Le long voyage qu’entreprenait le groupe ne tarda pas à l’ennuyer, aussi trouva-t-il lui-même des idées de jeux, absolument déplaisantes pour le maître du feu. L’une d’entre elles consistait à prendre une avance considérable sur les humains jusqu’à les perdre de vue, se camoufler dans les hautes herbes et attendre leur arrivée. Lorsqu’ils passaient devant lui, toujours aussi discret qu’un loup en chasse, il s’élançait en couinant frénétiquement pour se jeter dans les jambes de sa ‘’proie’’, comme le ferait un prédateur. Le plus souvent, sa cible était Hizo, désormais son compagnon de jeu préféré, son maître et sa ‘’maman’’. À deux reprises, le garçon avait buté sur l’animal pour s’étaler disgracieusement au sol, à plat ventre. Le jeune homme ne manqua pas d’invectiver la créature ainsi que Shi Fu, ces scènes ayant engendré le fou rire du nomade de l’air.

Bien que Shi Fu avait rassuré ses compagnons qu’ils arriveraient au Temple de l’Air tôt le lendemain, le groupe se vit dans l’obligation de s’arrêter pour la nuit dans un petit boisé afin de prendre quelques heures de sommeil. La nuit ne fut pas de tout repos. Le loup des cavernes affamé avait englouti la moitié des rations de Hizo puisqu’il était trop jeune pour chasser de lui-même. Tandis que les trois humains essayaient de dormir, il en avait profité pour hurler pendant près d’une heure entière. Ko informa Hizo que le louveteau s’ennuyait de sa vraie maman et qu’il la pleurait. Hizo lui répondit qu’il s’en fichait et que cette ‘’bête inutile’’ l’empêchait de dormir. Lorsque la fatigue s’empara de la créature à fourrure noire, il se roula en boule et s’endormit, rapidement imité par les deux-pattes.

Les rayons aveuglants du soleil matinal réveillèrent le trio. Ils ne perdirent pas de temps à se remettre en route, bercés par le gazouillis des oiseaux et de l’écoulement d’un ruisseau à proximité.

- Combien de temps faudra-t-il pour parvenir au Temple de l’Air, Shi Fu ? demanda Ko.
- Nous arriverons dans peut-être trois heures… ou quatre. Il nous faudra emprunter un sentier qui escalade le versant ouest de la montagne avant d’atteindre les bâtiments du temple. Ne prends pas ton air renfrogné, Zozo, ce sentier est très sécuritaire.

Le maître du feu se contenta de grommeler, sans corriger le vieux moine sur son prénom. Cette mission demeurait impossible, croyait-il.

- Quoiqu’il en soit, poursuivit Shi Fu, en cette saison il fait plutôt froid à l’altitude à laquelle nous nous rendons. À moins que nous ne traînions pas du tout, je vous conseille de vous vêtir chaudement lorsque nous atteindrons le pied de la montagne.
- Ah parfait ! se réjouit Hizo en fouillant dans son sac. Avec ce manteau, je ne gèlerai pas !

Il tira de son sac le manteau de fourrure de la Tribu de l’Eau du Pôle Nord. Mais ce qu’il découvrit l’horrifia. Les yeux exorbités de colère, le garçon fixait son manteau à moitié déchiqueté, des traces de petites dents bien visibles sur certaines parties.

- Arrrgh ! Espèce de sale bête ! Je vais lui arracher la peau !!!!
- Qu’est-ce qu’il a encore fait ?
demanda calmement Ko.
- Regarde !

Par crainte d’une punition, le louveteau préféra fuir le regard inquisiteur de son maître en se cachant derrière un arbre, la queue entre les jambes. Ko et Shi Fu constatèrent les dégâts. Le beau manteau de fourrure ne valait plus grand-chose à présent et les nombreux trous laisseraient passer le froid mordant de l’air montagnard.

- Bah, il t’a rendu service ! lança Shi Fu.
- Arrrgh, comment ???
- Tu ressemblais à un pauvre imbécile dans ce manteau. Au moins tu n’auras plus l’air fou.
- C’est vrai que… il ne t’allait pas très bien…
ajouta Ko.
- Grrrr ! Je vous déteste ! Tous !

Hizo conclut cette conversation inutile en s’éloignant, prenant la tête de l’expédition pour bouder plus tranquillement. Ko et le moine échangèrent un regard complice avant de lui emboîter le pas, suivit du bébé loup qui se rapprochait subtilement de sa ‘’maman’’. Le temple de l’air n’était plus très loin maintenant.

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