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[RPM] Le traître était un messager

Juna
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MessageSujet: [RPM] Le traître était un messager Mer 17 Mar 2010 - 17:06

Le soleil brillait dans le ciel, illuminant la cité impériale du feu de ces rayons en cette fin d’après-midi. Déambulant dans les rues à la recherche d’un certain Elber Nadrigant, je ne pouvais m’empêcher d’écouter les conversations des gens près de qui je passai. La plupart parlaient de l’Avatar disparu. Toujours et encore l’Avatar ! D’un point de vue c’était tout à fait compréhensible puisque si l’actuel connu ne réapparaissait plus, son successeur serait un enfant de la Nation du Feu. Ce sujet obnubilait les habitants de la cité impériale de cette contrée. Mais certains, assez rare je dois l’avouer, parlaient des attaques de marchandises et de brigands de plus en plus fréquentes sur les routes. Il semblaient effrayés et priaient même pour ne pas les subir. Ces dernières remarques me firent repenser à ma mission. Comment allais-je m’y prendre pour « coincer » ce messager ? S’il avait réussi à obtenir ce post, il devait sûrement le mériter. Le piéger ne serait pas une mince à faire, je doutais même de mes capacités rien qu’ne y songeant. Heureusement, j’avais retrouvé mon arc plus beau et efficace que jamais, ce qui avait pour effet de me redonner un semblant de courage. A présent, il faillait se montrer digne de faire parti de la confrérie des Marchands d’Obstacle.

J’avançai prudemment quand je vis un homme immobile, adossé à un des murs extérieurs du palais du Seigneur du Feu. Si c’était bien lui l’individu que je recherchai, je ne l’avais pas du tout imaginé comme ça. Il était de taille moyenne, tout vêtu de gris sombre et des vêtements larges –son style vestimentaire m’était peu familier-, ses cheveux étaient châtains assez foncés, ses yeux étaient d’une couleur mélangeant le vert et le marron. Il avait un visage banal, digne d’un messager, qu’il l’aurait aidé à passer inaperçu s’il n’avait pas cette une grande cicatrice placée juste en dessous de ses yeux, traversant son nez. Rien que d’apercevoir la marque, j’eus des frissons, j’en avais presque mal pour lui. Le coup qui lui avait causé ce dégât aurait pu lui coûter la vie. Puis son regard se tourna vers moi. Il était perçant et malgré la dizaine de mètres qui nous séparaient, je sentis mon sang se glacer. Cet homme faisait vraiment froid dans le dos. Il quitta sa position décontractée pour venir à ma rencontre. Au fur et à mesure qu’il se rapprochait je vis quelque chose d’étrange dans son regard. J’aurais dit une lueur de fourberie, sûrement due au fait que ce soit un traître. En tout les cas, il avait un regard mauvaise qui ne m’inspirait rien de bon.
Il mit fin à notre « combat de regard » quand il passa à mon niveau et se figea. Il commença à chuchoter, sans doute pour que je sois la seule à l’entendre :

- Tu es Juna ?
- Vous êtes Elber Nadrigant ? demandai-je en retour.
- Tu es bien jeune pour un messager. Tu peux me donner le parchemin sans crainte, affirma-t-il.

Je n’ajoutais rien et tendis le message. Pourquoi avait-il eu besoin de préciser que je n’avais pas à avoir peur ? Il devait pourtant faire attention mais sûrement pensait-il que j’étais au courant des autres traîtres et il ne voulait pas que je pense que lui en est un. Cette trop longue réflexion me donna une migraine. C’était malin. Puisqu’il fallait que je me concentre, ma vraie mission commençait maintenant. Je sentais déjà que ça allait être fatiguant. De plus, je devais être prudente car il était évident qu’il n’était pas stupide et qu’il ne me considérait pas totalement comme une petite sainte accomplissant de petites missions de temps en temps. Certes, il avait raison de penser que je n’étais pas très expérimentée mais c’était plutôt une bonne chose qu’il me sous-estime, même si en temps normal, cela aurait plus eu tendance à m’agacer. Heureusement pour lui, il ne m’ébouriffa pas les cheveux avant de partir, j’aurais pu me mettre en colère. Il tourna simplement les talons sans avoir oublié de m’adresser un large sourire de ses dents étonnamment jaunes. J’attendis quelques instants immobile, j’aurais sûrement donné l’impression d’être perdue si je n’avais pas le regard aussi dur. Je ne pouvais pas m’en empêcher. C’était comme si, quand je voyais cet homme, les rayons du soleil me forçaient à plisser les yeux pour ne pas être trop aveuglée. Je fis mine de prendre la direction opposé de l’autre individu pour changer de chemin ensuite afin de la suivre. J’étais plutôt discrète, ça devrait aller. Mais il valait mieux éviter de compter sur la chance à chaque fois même si elle n’était pas de refus. Je commençai à le pister et l’adrénaline commençait, elle, à monter en moi telle un serpent pourchassant sa proie.
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Juna
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MessageSujet: Re: [RPM] Le traître était un messager Mer 17 Mar 2010 - 18:33

En acceptant cette mission, je pensais que j’aurais à faire avec un dur, un méchant, un rusé, un homme qui aurait déjà des doutes sur ma fiabilité dès notre première rencontre, que l’individu en question serait très pressé de remettre son message avant qu’on ne puisse se rendre compte qu’il est corrompu. En fait, je l’avais imaginé tel le stéréotype du traître que je m’étais conçue. Mais bien qu’il ne corresponde pas exactement à mon idée déjà faite du vilain cupide, il dégageait une certaine perfidie. On se sentait mal en sa présence. Les gens le regardaient de travers quand il se déplaçait et s’empressaient de le laisser passer. Certes, l’odeur qu’il possédait était loin d’être exquise mais il ne sentait pas la mort ou l’œuf pourri. Peut-être était-il mauvais tout simplement ? Mais je ne pensais pas qu’un homme pouvait être totalement noir, chaque homme doit avoir si ce n’est qu’un tout petit peu de bonté au fond de son âme, enfin normalement.

Elber n’était pas un homme très … ordinaire. Pendant une semaine, 6 jours et une matinée pour plus de précision, l’homme reproduisait la même journée, enfin le même schéma de journée. Il sortait de l’auberge où il avait passé la nuit vers 11h du matin. Ensuite il se dirigeait vers un vieux restaurant, il passait environ 2h dans l’établissement plus bruyant que je n’avais jamais entendu, surtout au moment où le soleil arrivait à son zénith. Le bruit provenait plus de tintement des couverts, des assiettes ainsi que du grincement des chaises. Mais les rires gras de certains individus, probablement ivrognes, faisaient également parti du lot. Je plaignais les serveurs ainsi que le gérant de l’établissement mais au moins ils devaient être bien rémunérés vu la foule qui s’agglutinait chaque jour à l’intérieur. Ensuite, Elber allait faire la sieste derrière une résidence, sûrement de riches marchands et revenait bien reposé 5 heures après puis il retournait dîner dans sa taverne préférée. Un soir ou deux il sortit raccompagné de jeunes filles qui ne devaient plus avoir les idées très claires et retournaient à l’auberge ou alors c’était lui qui n’était plus tout frais et parlait fort ainsi que de façon incohérente. La vie des autres m’avaient toujours plus ou moins intéressée, heureusement, mais le métier d’espion, s’il avait plusieurs intérêts et attirances, n’était pas fait pour moi. Au moins, maintenant j’étais sûre deux choses : monsieur Nadrigant aimait profiter de la vie et le métier de messagère me satisfaisait parfaitement.

Le septième jour après ma rapide entrevue avec ledit traître, celui-ci décida enfin de partir pour aller remettre son message si précieux. Ma mission allait devenir un peu plus excitante, bien que mon stress permanent de me quittait pas d’une semelle. C’est vrai il y avait tellement de risques après tout ! Je devais veiller à tous instants à ne pas me faire prendre, parer toutes éventualités désagréables qui pourraient arriver. Je devais être préparée mentalement à tout. Ce n’était pas du tout un sinécure. De plus, que pourrait donc me réserver cet homme si peu plaisant s’il me découvrait ? Rien que d’y penser j’eus des frissons dans le dos. Je ne savais pas si Elber était cruel, j’aurais dû demander plus d’informations à ce sujet quand j’en avais encore l’occasion, mais c’était trop tard. Je n’avais plus qu’à espérer.

Le jour du départ, Elber régla sa note et partit aux alentours de midi. Ensuite, il alla dans son restaurant de prédilection pour la dernière fois mais n’y resta qu’à peine une demi heure. Il avait changé de comportement. J’en vins à me demandé s’il n’était pas schizophrène puisque le premier jour où je l’ai aperçu il semblait légèrement négligé, puis dans les jours suivants il s’était transformé en joyeux personnage, aimant les petits plaisirs de la vie et aujourd’hui, il était silencieux, sérieux, presque anxieux. Peut-être craignait-il quelque chose. Ses dernières missions avaient peut-être été soldées des échecs. Qui sait ? Il commença à faire route, doucement et prudemment. Sa démarche n’était pas tranquille. Il guettait de chaque côté, sûrement pour détecter quelques pièges ou espions qui pourraient être à ses trousses. Rester discrète jusqu’à ce qu’il arrive au destinataire ne serait vraiment pas une mince à faire. A présent j’étais convaincue que Elber était autrefois parmi les meilleurs messagers qu’ils pouvaient y avoir. Cette intuition ne m’arrangeait pas et m’inquiétait bien plus qu’autre chose.
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MessageSujet: Re: [RPM] Le traître était un messager Jeu 8 Avr 2010 - 17:03

Elber était d'une vigilance accrue, propre aux talents des messagers. A chaque coin de rue, il vérifiait qu'il n'était pas suivi, et enchaînait sur un ou deux brouillages de piste. C'était le jour parfait pour cela: le quartier où il évoluait était en plein marché; une foule de marchands se serraient contre les murs pour héler les passants et les attirer à leurs étals. Il y avait pas mal de monde, même dans les petites ruelles. Juna devait parfois aller même jusqu'à faire des mains et des pieds pour se frayer un chemin entre les badauds distraits.
Ce n'est qu'après une bousculade où elle manqua perdre sa couverture, qu'elle décida d'agir en Maître de l'Air. Il y avait peu de chance qu'elle en recontre ici, dans la Cité Impériale. De toute façon, elle aurait moins de chance de se faire repérer sur les toits qu'en pleine rue, 20 mètres derrière son objectif. Elle rebroussa chemin en vitesse, tourna dans une ruelle transversale, et bondit en faisant appel à sa Maîtrise. Sous les exclamations admiratives de la foule, elle escalada rapidement l'espace entre les 2 bâtiments, pour se hisser sur les toits, aussi leste qu'un félin. Elle se releva, scrutant rapidement les alentours pour évaluer la présence éventuelle de Gardes Impériaux, mais comme elle le pensait, il n'y en avait aucun.
Ce genre de chose aurait été totalement différente dans une cité de l'Air. Elle s'élança à la vitesse du vent pour rejoindre la position d'Elber... Mais celui-ci avait disparu. Son coeur se mit à battre la chamade, mais elle se ravisa. Elle avait une mission à effectuer, et pas le droit à l'erreur. Cet homme était dangereux. Et puis, c'était presque un défi personnel, en tant que Messagère. Elle ne pouvait tolérer les traîtres dans sa profession.
Elle se concentra et explora attentivement le bas des rues, passant telle une ombre dans le ciel. Comme le lui avaient enseigné ses Sensei, elle déploya son aura de Chi, pour écouter le Vent. Ce faisant, elle ne tarda pas à retrouver la présence d'Elber. Il se situait dans une ruelle sur sa droite, et avait le vent de face. Ce dernier lui apporta son odeur étrange.
Que Juna reconnut.
Au début, elle avait confondu son odeur avec celle d'une personne négligée, car elle était plutôt forte, et amère, même si elle n'était pas désagréable comme la sueur. Mais maintenant, elle se souvenait. Ce parfum, c'était celui d'un épice. Une graine cultivée exclusivement dans la Nation du Feu, qui s'utilisait généralement dans de l'eau chaude. C'était différent des thés du Royaume de la Terre. Beaucoup plus amer... C'était une épice très chère, car elle possédait des vertus curatives reconnues, notamment comme calmant, régulateur des cycles vitaux.

Pourquoi avait-il cette odeur imprégnée sur lui? Il n'y avait que deux possibilités. Soit il était en contact étroit avec une exploitation de cette épice - la Sudiane - , soit il en prenait. Juna, en le suivait, avait le cerveau en ébullition. C'était ça! Ce comportement étrange... Tout poussait à penser que ce Elber prenait de la sudiane. Pourtant, son comportement semblait encore très irrégulier. Soit son traitement était insuffisant, soit son état était d'une violence inouïe. Juna n'osait imaginer ce qu'il arriverait à l'homme s'il était privé de sudiane.
Mais pourtant... Cela n'expliquait pas cette odeur entêtante qu'il répandait. Un simple traitement ne pouvait pas l'imprégner autant. Il était forcément en contact avec l'épice souvent, et en quantité abondante.

Elle ne tarda pas à avoir la réponse. Bientôt, le traître s'éloigna du marché agité, pour se diriger dans un complexe de la cité plus tranquille. Elle dut bientôt descendre des toits, avant qu'ils n'arrivent devant un parvis de dalles claires, au fond duquel brillaient d'immenses serres translucides, à l'intérieur desquelles se développait une végétation luxuriante.
Elber se contenta de contourner adroitement l'entrée principale, et de pénétrer par une porte dérobée. Juna pesta en voyant les 2 gardes qui s'y tenait. Toutefois, elle cria victoire en son for intérieur:

- Il n'y a rien de plus louche que des Gardes qui surveillent une serre...

Elle rebroussa chemin, et s'engouffra dans la serre par l'entrée principale, profitant d'un groupe de personnes de Ni Mong qui venait probablement visiter ou acheter des végétaux en gros. Pour ne pas se faire repérer, elle saisit son foulard de taille et l'utilisa comme un voile sur son visage, et rabattit sa capuche. A Nimong, ce style vestimentaire était plus que courant, d'ailleurs tous les membres féminins du groupe portaient un voile similaire, quoique plus élégant et mieux attaché que celui de Juna. Elle regarda les hommes, qui eux portaient plutôt des turbans, mais parfois celui-ci recouvrait leur visage autant, sinon plus que les voiles. En fait, Juna se rendit compte qu'ainsi parée, elle venait instantanément de se changer en jeune garçon.
Tant mieux, pensa-t-elle. Cela diminuait encore ses chances d'être reconnue.
Elle scruta la serre, mais ne vit nulle part Elber. Elle se contenta de suivre avec impatience le groupe de Nimong, qui s'arrêtait à chaque 10 pas, pour commenter longuement en marchandant sévèrement avec le pauvre exploitant, qui semblait ne pas faire le poids face au talent oratoire des marchands chevronnés.
Puis enfin, elle reconnut sa silhouette, derrière une roseraie d'arbres similaires aux bambous, en plus feuillus.

Il était temps d'utiliser les techniques difficiles qu'elle avait apprises récemment. Ces techniques dérivées de la Maîtrises de l'Air avaient énormément servies pour l'espionnage et le corps des messagers. Tous parchemins avaient été écrits par Maître Yuke, un Chef de l'Air mystérieux qui avait causé bien des remous, autant positif que négatif, dans les Nomades de l'Air et le Sekai en général. Il s'agissait en fait d'un constat simple: si le son se propageait très bien dans l'air, pourquoi ne pas le magnifier par la Maîtrise de cet élément.
Elle tendit les particules aériennes et les força à circuler vers elle en continu. Elle se concentra un maximum pour capter la fréquence de son des voix d'Elber et de son interlocuteur, puis fit vibrer les particules en harmonie avec cette fréquence. Soudain, comme si quelqu'un avait monté le son, les paroles lui parvinrent distinctement:

- ... suivi?
- Je ne pense pas, répondit Elber. Cela dit, je ne pense pas que nous soyons à l'abris.
- Tu vas les utiliser, alors? fit l'homme portant un chapeau de paille.
- Pas encore. Il faut qu'on soit débarrassé de ce gêneur avant, sinon la contrefaçon n'aura aucune chance de gagner les autres continents.

Juna s'exclama intérieurement: °° La Sudiane! °°

- Tu es sûr de toi? Le plan pourrait nous faire découvrir...
- Aucune inquiétude. Il serait mort dans une semaine tout au plus... Regarde:

Sous les yeux éberlués de Juna, Elber tandis le message à l'homme au chapeau de paille, qui l'ouvrit sans ménagement. Ils se moquaient du sceau d'authenticité ou quoi? N'importe qui verrait que le message avait été ouvert!!!

- Hum... Parfait. Tu as continué les tests de fausse Sudiane?
- Oui... Le traitement commence à décroître lentement. Les gens n'y verront que du feu. Et avec nos prix, nous seront millionnaires d'ici un mois tout au plus...
- Parfait. Notre production est presque terminée. Tout se passe comme prévu. Tâche de t'occuper de lui rapidement.
- C'est comme si c'était fait, fit Elber avec un sourire maléfique.

L'homme au chapeau de paille pris une espèce de racine entre ses mains, puis fit une flamme intense avec ses doigts, qu'il appliqua sur la racine, au dessus du sceau d'authenticité.
Des gouttes tombèrent sur le sceau, qui fondit à nouveau et se recola instantanément, ce qui stupéfia la jeune Messagère. Un solvant capable de refaire coller le sceau! C'était une information de classe S pour sa Nation ainsi que toutes les autres! Une révolution du système des messages était nécessaire.
Elle stoppa de faire appel à la Maîtrise dérivée du son, qui lui prenait beaucoup d'énergie, puis s'éclipsa rapidement pour échapper à l'éventuel passage d'Elber.
Elle ressortit de la serre, encore sous le choc de sa découverte. La mission prenait une toute autre tournure! Si Elber et ses complices étaient capables d'intercepter tout message librement, et de vendre des tonnes de fausse Sudiane, ils pourraient faire s'effondrer le marché, et même causer des dégâts au niveau de l'équilibre instauré par Nimong!
Et au delà de ça... Si leur secret tombait au main de personnes proches du pouvoir, les conséquences en seraient désastreuses. Elle n'avait pas le choix. Elle devait se rendre à l'Ambassade Céleste la plus proche pour envoyer des messagers à toutes les Nations, ainsi qu'à Nimong.
Ensuite, elle devrait sûrement utiliser une personne qui connaitrait extrêmement bien le système marchand de la Cité Impériale, pour devancer le plan d'Elber & Cie. Sa mission pour révéler la traîtrise d'Elber ne suffisait pas: il fallait mettre le jour sur le réseau complet!
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MessageSujet: Re: [RPM] Le traître était un messager Mer 14 Avr 2010 - 21:09

Je sortis de la serre le cœur battant à tout rompre. Que devais-je faire en premier ? L’homme dont il parlait devait être le destinataire du message. Je ne pouvais pas le laisser mourir. Je devais suivre Elber, sinon qui sait ce qui arriverait à cet inconnu ? Mais la vie de cet homme était-elle plus importante que le marché de Sudiane ? C’était une information d’une importance extrême ! Je ne supporterai pas d’être la responsable de la mort d’un homme, même si je le ne connaissais pas. Je ne me le pardonnerai pas. Donc, je devais en premier continuer ma traque d’Elber, je pourrai toujours demander de l’aide à ce fameux destinataire. Ce n’était probablement pas la meilleure solution, mais c’était ce que je devais faire. Ce n’était pas qu’une question d’honneur. Ma décision était donc prise. Je suivrai le traître afin de sauver le destinataire de la contrefaçon de Sudiane.

Elber resta dans la serre toute la journée, il n’en sortit qu’à la tombée de la nuit. Visiblement, il portait une caisse remplie de plantes issue de son trafic. Je sentais qu’il se rendait chez l’homme qui m’intéressait. Le messager portait une cape noire avec une capuche qui masquait toute la partie supérieure de son visage. Quant à moi, j’avais toujours mon accoutrement digne d’un garçon. On ne me repérait pas, du moins à cause de mes vêtements. L’homme regarda à droite puis à gauche avant de s’engouffrer dans la nuit presque noire, détalant tel un lièvre chassé. Il allait vite mais j’avais un atout en plus de ma vitesse naturelle, j’avais ma maîtrise. Même s’il avait reçu un entraînement intensif, il n’était pas censé me distancé de beaucoup, je pourrai le suivre sans mal. Il se faufilait avec beaucoup d’agilité dans d’étroit chemins et ruelles. A plusieurs reprise je crus qu’il sortait de la cité Impériale, qui allait loin mais je finissais toujours par l’apercevoir. Cela dit, il finit par emprunter un petit chemin délimité par des pierres blanches et parfaitement tracé dans l’herbe verte. Ce chemin menait à une grande propriété. Heureusement elle possédait également un grand jardin bordé d’arbres en tout genre. Quand il fut à environ 10 mètres de l’entrée, il interrompu sa course, retira sa capuche et toqua à la porte. Pendant ce court instant, je réussis à trouver le temps de courir sans bruit me cacher dans l’épais feuillage de l’arbre le plus proche. Je n’étais pas nyctalope et voir ce qui se passait s’avérer être plus dure que prévu mais grâce aux particules d’air, j’arriverai à maîtriser l’air. Soudain une lumière s’échappa de l’illustre demeure, la porte s’était ouvert laissant place à une jeune femme, probablement la femme de ménage ou la gouvernante. En voyant l’homme qui se tenait devant elle, elle eut un soupire de joie et lui sauta au coup, elle ajouta :

- Ah, Edgard ! Quelle bonheur de te voir ! Tu m’as tellement manqué, ne t’absente plus jamais aussi longtemps sans donner de nouvelles. J’étais morte d’inquiétude.
- Je m’excuse, répondit-il d’une voix mielleuse, je ne recommencerai plus jamais, ajouta-t-il en l’embrassant.

Elle rit, gloussa suite au baiser. Ce spectacle m’écœura. Je me demandai première si cet homme pouvait avoir des sentiments, deuxièmement qu’est-ce que cette fille pouvait trouver de charmant à ce Elber, d’ailleurs dont elle ne connaissait même pas le vrai nom. Il se moquait d’elle, c’était irritant, insupportable, épouvantable. La conversation continua ainsi :

- Alors, dit la jeune fille d’une voix qui était devenue toute basse, ce sont les plantes spéciales, celle qui l’achèveront enfin ?
- Oui, ce sont bien elles. Je te les confie, il faut que tu les mettes dans son repas de ce soir, elles l’achèveront pour de bon, il ne dira rien, il ne pourra pas entraver notre bonheur. Demain, il ne sera plus. Cuisine-les avec soin mais ne les respire sous aucun prétexte. Cela pourrait t’être fatal. Je m’occuperai de lui parler pendant que t’occupes du repas. Il ne remarquera rien, fais moi confiance, expliqua-t-il avec douceur et une voix presque inaudible.

Ils rirent tous deux. Cela me dégouta encore plus, comment pouvaient-ils rire du trépas d’un homme ? La porte se referma. Elber avait disparu. Je relâchai les particules d’air et repris mon souffle. Cette technique s’avérait être très pratique mais épuisante. A présent je devais m’introduire dans la maison. La porte était fermée mais c’était ,de toute façon, trop risqué de passer par là. Il restait le choix classique de la fenêtre. Je me mis alors à ramper vers un des murs où se trouvait une fenêtre éclairée. J’arrivai tremblante sur la paroi glacée et réfléchis à la façon dont l’escalader. Je n’avais pas 36 solutions, j’entrepris donc de courir vers un arbre et d’utiliser l’air pour sauter sur ce qui ressemblait à un balcon qui n’émettait pas de lumière. Je réussi l’exercice, non sans échecs et difficulté, et me retrouvai à une fenêtre à l’étage de la grande maison. Je risquai une nouvelle fois ma vie en me déplaçant jusqu’à la fenêtre suivante, celle-ci éclairée et ouverte. Je m’y aventurai, la peur au ventre. Je manquai de me tordre le coup mais grâce à l’air je réussis une galipette et me glissai la pièce heureusement vide. La décoration était simple mais élégante. Je ne pus m’attarder à la contempler car j’entendis des pas s’approcher et la voix de deux hommes, riants. Je trouvai une cachette dans un coin de la pièce, près d’une fenêtre. Un rideau bleu nuit et une étagère s’occupaient gentiment de me cacher. Je n’avais plus qu’à écouter pour savoir ce qu’il se passait, je fermai les yeux.

Les deux hommes arrivèrent dans la pièce avec des éclats de rire. Ils semblaient bien s’amuser. Ils s’assirent sur des fauteuils près d’une table. Ils parlaient de choses diverses. Puis, l’intonation de leur voix devint plus sérieuse. Ils parlaient avec ton d’hommes d’affaires. Ils élevaient même la voix. Ils se disputaient, et c’est à ce moment qu’un des deux sorti violemment de la pièce et qu’une nouvelle personne fit son entrée. Elle apportait un plateau avec le repas. Je pus le savoir qu’elle annonça fièrement que le repas était servi, je sentis une pointe d’ironie dans sa voix. Puis elle ressortit tout de suite après. J’étais seule avec l’homme que j’avais prévu de sauver. Deux ou trois minutes passèrent et je ne réalisai pas qu’il avait commencé à manger. Soudain il toussa. Il toussa si fort qu’il cracha du sang. Il s’effondra par terre quand je sortis de ma cachette pour lui apporter mon aide. Il suffoquait et il ne sembla pas surpris de me voir arriver vers lui. Il m’indiqua simplement une armoire en susurrant : « tiroir du bas … anti…dote … ». Je me précipitai alors vers ledit tiroir, l’ouvrit et vit un flacon de gélules. Je lui apportai dans l’instant suivant, lui en donnai une et attendis qu’il aille mieux, agenouillée à côté du corps gisant, priant pour qu’il ne trépasse pas.
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MessageSujet: Re: [RPM] Le traître était un messager Lun 10 Mai 2010 - 20:04

Après quelques minutes, son visage reprit quelques couleurs. Il respirait de nouveau normalement, régulièrement. Je poussai un soupire de soulagement. J’avais réussi un des objectifs que je m’étais fixée. Maintenant je devais passer à la suite de ma mission mais j’avais besoin de l’aide de cet homme. Puis il ouvrit légèrement les yeux. Avec un geste faible, il me montra la porte en précisant d’une voix fragile « Je vou…drais dormir … dans …. Mon … lit ». Je dus le soulever avec le peu de force que j’avais pour le déplacer. Heureusement qu’il ne semblait pas avoir de kilos superflus. Nous sortîmes de la pièce et nous prîmes un large couloir bordé de portes. Il me dit de tourner à la troisième porte sur la droite. Je poussai délicatement la planche de bois massive. Une petite chambre apparut. Elle était simplement meublée d’un lit, d’un bureau et d’une commode. Je me demandais si toutes les pièces de cette demeure, pourtant imposante dans la nuit, possédaient une taille aussi disproportionnée par rapport au reste. Les gens de la Nation du feu étaient, à mon avis, tous plus étranges les uns que les autres, en particulier en architecture. Je menais l’homme jusqu’à son lit et il réussit à se mouvoir seul pour s’installer entre les draps. Ensuite, il me regarda intensément. Je n’eus pas l’impression qu’il souhaitait vraiment dormir mais plutôt se retrouver confortablement allongé dans son lit. Il soupira et me dit d'une voix à la fois douce, fatiguée et ennuyée :

- Je ne sais pas qui vous êtes, jeune fille, mais je vous dois la vie. J'imagine que vous êtes un de ces bandits qui pensent que je suis un homme plein aux as car j'ai une immense demeure. Eh bien, je suis navré mais je ne suis pas le plus riche, vous auriez pu mieux vous débrouiller si vous cherchiez à obtenir de l'argent. Prenez ce que vous souhaitez, après tout je ne serai plus de ce monde sans vous ...
- Mais non ! m'écriais-je, je ne suis pas une voleuse, je suis messagère. Je devais vous prévenir de la malhonnêteté de Elbert ...
- Ah, il s'appelle donc Elbert ! m'interrompu-t-il, oh, je vous prie de m'excuser. Je suis fort marrie, j'aurais dû me douter qu'un air si innocent de n'introduisait pas ainsi chez les gens pour dérober, de plus vous êtes si jeune, c'est vrai que ça aurait ... étrange.
- Ne vous inquiéter pas, je comprends parfaitement votre réaction. On ne s'attend à rencontrer quelqu'un dans son bureau alors qu'il n'y a pas été invité, racontai-je.
- Bien mais alors, à quoi dois-je votre heureuse visite ? demanda-t-il soudainement intrigué.
- En fait, je suis, comme Elbert, messagère. Je travaille pour les Marchands d'Obstacle. La différence entre l'homme qui a tenté de vous éliminer et moi, c'est que lui est un traître. J'ai découvert récemment qu'il tenait une place importante dans un trafic de Sudiane. Je l'ai sur en surprenant une conversation entre ce malveillant et un autre, sûrement un autre membre non négligeable de ce réseau. Mon premier devoir était d'aller trouver les autorités pour les avertir de leur délit mais j'ai appris également qu'il allait vous éliminer. Même si je ne vous connais pas, j'ai tenu à vous sauver la vie et j'ai pensé que vous pourriez m'aider ... expliquai-je.
- Eh, bien ! En voilà une histoire mais comme vous avez sûrement dû le deviner, j'étais découvert certains éléments de cette affaire, c'est pourquoi Edgar, euh non ! Elbert souhaitait me voir disparaître. Je voulais lui en parler bien tranquillement mais c'était irraisonné sans compter qu'il avait réussi à charmer ma gouvernante, de ce fait il avait un train d'avance sur moi et je n'ai même pas venu venir son complot contre ma personne. J'aurais dû faire plus attention, je suis honteux. il s'interrompu quelques instants l'air pensif et reprit, mais vous avez préféré négliger votre mission plutôt que de me savoir mourir. C'était insensé mais brave. Je ne peux que vous remercier de cet acte.
- Ce n'est rien, dis-je en rougissant légèrement, c'est naturel, ajoutai-je en reprenant mes esprits.
- Bon, jeune enfant, vous m'avez empêcher de passer dans l'autre monde alors je me dois de vous aider à présent. Voyez-vous j'ai des relations, je sais précisément qui est à la tête de ce maudit trafic qui causera la mort de plus d'une personne s'il n'est stoppé sous peu. La Sudiane est une plante curative aux vertus merveilleuses mais sa contrefaçon est abominable. Son prix en témoigne, un misérable pourrait se la payer mais il en mourrait sous les 15 jours.
- Il n'y a pas que ça, Elbert et sa clic peuvent intercepter tous les messages et reconstituer le sceau de l'émetteur afin de créer l'illusion que l'écrit n'a pas été lu. De plus, le marché de la Sudiane représente une grande part du marché. S'ils réussissaient à persister avec cette fausse plante, le marché s'effondrerait et cela causerait un déséquilibre inconnu auparavant. Dans le cadre de la mission qui m'a été confiée, je dois me rendre à l'Ambassade Céleste pour envoyer des messagers dans toutes les Nations et même à Nimong. Sachant que ma mission de départ était juste de démasquer Elbert, il me faut dorénavant mettre à jour son réseau avec ...
- Ah, vous avez de la chance ! Figurez-vous que mon fils et moi-même sommes les comptables des meilleurs marchands de cette cité. Vu l'état dans lequel je me trouve actuellement je ne préfère pas trop me déplacer mais lui pourra vous aider. Il rentrera dans la journée de demain, enfin dans quelques heures si vous voyez ce que je veux dire. Mais, lui pourra vous aider, il a l'esprit aussi vif que l'éclair et la ruse du faucon qui cherche à capturer sa proie, il vous aidera sûrement. En attendant, allez vous reposer. Il montra un second lit plus discret qui longeait la fenêtre, je ne vous propose que ça, je suis désolée mais je n'ai que ça à vous proposer ...

Je ne pus qu'obéir à ce qu'il me dit. Mais cette nuit, où le peu qu'il ne restait que quelques heures, j'eus un sommeil agité. Cette journée fut éprouvante et je m'attendais à en vivre plusieurs autres de ce type.
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MessageSujet: Re: [RPM] Le traître était un messager Jeu 27 Mai 2010 - 16:49

La nuit fut courte et le matin arriva rapidement. Les premiers rayons du soleil virent s’infiltrer à travers les épais rideaux et me chatouillèrent les yeux. Aussitôt, je sautais sur mes pieds et constatai que l’homme –dont j’avais sauvé la vie mais ne connaissais toujours pas le nom- s’était lui aussi réveillé il y a quelques instants. Nous descendîmes au rez-de-chaussée afin de prendre le petit-déjeuner. Etant donné que la gouvernante s’était enfuie avec l’ami Elbert, je m’occupai du repas, ce pourquoi il fut assez frugal.

Le fils arriva en fin de matinée. Il ressemblait à son père, en plus jeune. Quand il vit son père –en plus ou moins bon état- une étrange lueur s’alluma dans son regard, mais il garda le sourire et se jeta presque dans les bras de ce dernier. Ils avaient l’air heureux. Puis, il se tourna vers moi et me scruta d’abord avec un rapide regard dédaigneux et, seulement, ensuite me salua. Il ne m’inspirait pas du tout confiance. De ce fait, j’hésitai à lui demander de l’aide mais je ne savais pas trop quoi faire d’autre. Malheureusement, je n’eus pas le temps d’approfondir davantage la question car le père invita son fils à s’asseoir à la table afin de lui expliquer toute la situation.
Il narra l’aventure avec une extrême précision, sans oublier le moindre détail, ce qui me dérangea quelques peu. Quand il prit l’initiative de parler de moi plus en profondeur, il me demanda pourquoi je ne m’étais pas assise –question, en fait, rhétorique- et je pris place en face du fils. Une tension palpable s’installa et un affrontement du regard débuta. L’homme poursuivit et dit :

- Voilà celle grâce à qui ton père vit toujours …
- Nakamura, ajoutai-je pour l’aider.
- Ah, merci, et ton prénom ?
- Je pense que nous resterons dans ces formalités, s’empressa de dire le fils.
- Bien, mais au fait, tu ne connais pas non plus nos noms ! Je suis Aliste Numerario et mon fils Legistos, du même nom. Maintenant, tu peux demander lui demander ce que tu voulais, conclut-il avec un grand sourire.
- Soit, j’aurais besoin de votre aide afin de mettre à jour le réseau d’Elber, dis-je en essayant d’être la plus polie possible.
- Mais ça serait avec un grand plaisir ! déclara Legistos. Je vous propose de commencer dès maintenant, après tout, pourquoi attendre ? Il faut démanteler ce réseau dans les plus bref délais. Qui sait combien de victimes il a déjà causé ?
- Quelle charmante idée, dit son père, je reconnais là ton ardeur à te mettre au travail. Il faut réfléchir au problème très vite.
- Oui, quant à vous, père, allez vous reposer. Je ne voudrais pas que vous fatiguiez trop après tous ces évènements, répondit le fils avec une fausse intonation.

Le père acquiesça et embrassa une dernière fois son fils avant de monter se recoucher, en bénissant le ciel de lui avoir donner un fils pareil. Pendant tout ce temps, je n’avais pas quitté un seul instant Legistos des yeux. Moi qui avait du mal à soutenir les regards en général, cela me demandait un effort presque surhumain. Je me demandais ce qu’il avait derrière la tête à vouloir écarter ainsi son père de l’affaire. Son regard pétillait d’intelligence, mais pas celle des grands esprits, une ingéniosité maléfique. Il me rappelait Elbert. Un frisson parcourut mon corps à cette pensée. Qu’est-ce que j’allais faire ? Pour le moment je n’avais pas vraiment de preuve et ne pouvais rien affirmer mais j’avais un très mauvais pressentiment. Il se décida à engager la conversation :

- Qu’avez-vous besoin de faire en premier ?
- Je dois me rendre à l’ambassade céleste la plus proche afin de prévenir les différentes nations et leurs autorités.
- Bien, êtes-vous d’accord pour partir tout de suite ?
- Je n’y vois aucun inconvénient.

L’atmosphère était tendue. Je ne savais pas ce qui allait se passer mais il était pressé. Nous partîmes donc rapidement, le temps de rassembler le peu d’affaires que j’avais et nous étions dehors. Comme la cité impériale n’était pas très loin, je n’aurais aucun mal à trouver une ambassade céleste, enfin je l’espérai. Le fait est que j'avais une connaissance très superficielle de la région ou même de la ville et j'aurais sûrement du mal à me localiser car je ne comptais presque pas sur l'aide du fils pressé. Je me débrouillerai bien seule.

Nous arrivâmes assez vite aux portes de la cité. Jusque là, je n'avais fait que suivre Legistos et je continuai ainsi encore un petit moment jusqu'à, ne regardant pas devant moi, je fonçai dans le garçon. Je m'excusai à peine et remarquai que nous étions arrivés à l'ambassade. J'entrai et me rendis compte qu'il ne me suivait pas, il rétorqua qu'il allait m'attendre sagement ici. J'aventurai donc seule dans la bâtisse et fus accueillie par une jeune personne aux allures de maître de maison qui me demanda ce que je souhaitai faire. Je lui expliquai que j'avais besoin de transmettre un message de la plus haute importance à toutes les nations et celle-ci garda un air serein ainsi que son sourire d'ange en me précisant comment je devais m'y prendre. Une fois seule à m'occuper de la tâche, je dis tout ce qu'il y avait d'important à connaître et j'appelai la jeune femme quand j'eus fini. Elle précisa que si j'avais besoin, je pouvais toujours rendre visite à l'ambassadeur car il n'était pas occupé pour le moment. A cette remarque, je me retins de lui renvoyer une injure peu adaptée et me contentai d'accepter la proposition en essayant de me convaincre que je devais d'abord transmettre le message sur le trafic de Sudiane. Je suivis la fille-à-l-air-pas-très-futé jusque dans un long couloir jusqu'à arriver à une porte en bois sculptée avec la plus grand précision. Elle frappa à la porte et je me retrouvai en face d'un homme d'une trentaine d'année, l'air serein, calme, intéressé par une grande quantité de chose. Il déclara d'un ton joyeux :

- Je suis sûr que tu es la petite Juna ! Nimong m'avait déjà averti que tu pourrais me rendre une petite visite !

C'était fou ça, j'avais l'impression que tout le monde avait déjà un coup d'avance sur moi, ça commençait légèrement à m'irriter. Je m'efforçai de me calmer et attendis le départ de le jeune femme pour parler de quoique ce soit d'intéressant sur l'affaire dont je m'occupai. Elle ne tarda pas dans la pièce et referma promptement la porte. Je répondis alors à l'homme :

- J'ai découvert qu'Elbert Nadriguant était mêlé à un trafic de contre façon de Sudiane. Il est aussi capable de refermer un sceau sur un message après l'avoir intercepté pour être au courant du contenu. A présent, je pense qu'il est de mon devoir de participer au démantèlement de ce réseau le plus vite possible. Qu'en dîtes-vous ?

Il ouvrit de grands yeux et perdit son air si calme.


Dernière édition par Juna le Sam 12 Juin 2010 - 17:15, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [RPM] Le traître était un messager Sam 12 Juin 2010 - 17:10

Je le fixai le plus tranquillement possible, attendant une réponse de sa part. Il était certes pris au dépourvu mais il ne devait pas rencontrer pour la première fois ce genre de situation. Il resta silencieux encore quelques instants, puis il déclara :

- Il faut arrêter cet homme.

Certes.

- Je sais comment nous allons nous y prendre, reprit-il en se calmant peu à peu. Ce sera risqué pour toi, tu es prête à t’exposer au danger et à prendre des risques ?
- Je ne suis pas certaine d’avoir le choix.
- Bien, dans ce cas, il va falloir que tu ailles espionner toi-même Elbert. Je demanderai à des soldats de la nation du feu de t’accompagner, le nombre sera restreint afin de ne pas causer de gêne. Il faudra que tu le prennes sur le fait, car nous n’avons pas de preuves tangibles de ce que tu avances même si, en tant que messagère au service de Nimong, il est possible de te faire confiance. Nous allons espérer qu’un client important demande une commande de cette racine et tu suivras l’homme qui en sera chargé. Ce n’est pas un plan très bien établi mais nous avons peu de temps pour y réfléchir et agir. Cela te convient-il ?
- Encore une fois, je ne pense pas avoir le choix.
- Soit, sur ce, prépare-toi. Sors du bâtiment et attends-moi devant. Je ne serai pas long.

J’acquiesçai. Je me retournai et m’apprêtai à passer la porte quand il rajouta une dernière chose :

- Tu as un très bel arc. J’ignorai que tu étais, toi aussi, archère. Me laisserai-tu le regarder un peu ?

J’hochai affirmativement de la tête et il se déplaça tranquillement jusqu’à moi. J’enlevai l’arme de mon dos et la tendis pour qu’il puisse l’observer et à la limite la toucher. Je ne la lâchai pas pendant l’inspection. Il resta ému devant la qualité du bois marron et les signes dorés sillonnant l’arc. Il comprit que j’étais la seule à pouvoir l’utiliser mais me demanda confirmation. Puis je gardai mon héritage à la main et sortis. Bizarrement, le fils douteux était toujours là, dommage. Sa vue m’irritait. Il ne savait rien de la suite des évènements et ne demanda rien. Mais , soudain, il s’approcha dangereusement de moi et me prit discrètement sous la gorge. Alors il appuya de toutes ses forces sur mes glandes. Je ne pouvais pas bouger et j’allais tomber dans les vapes s’il continuait à forcer. L’endorphine allait bientôt être en assez grande quantité pour endormir mon cerveau. Je tenais mon précieux arc de plus en plus serré entre mes doigts qui se mirent à saigner. Au bout d’un temps mes paumes ensanglantées lâchèrent l’arme et je ne vis plus que du noir.

Je ne distinguais pas grand-chose, mes yeux peinaient à s’ouvrir. J’ignorai où j’étais. J’avais du mal à respirer. J’haletais, ma tête tournait, j’avais mal au cœur. Qu’est-ce qui avait bien pu m’arriver ? Le sol semblait bouger. Je reniflais. L’odeur de la pièce était celle du sang. Pourtant, il n’y avait pas d’odeur de pourriture de cadavre. Dans un effort extrême, je portais mes doigts à mes lèvres. Une substance liquide les entourait. Avais-je craché du sang ? Pourquoi ? Je ne comprenais rien à ce qu’il se passait. J’attendis. J’étais dans un espace restreint. Soudain, un violent bruit me secoua légèrement. La porte qui devait être la limite de ma prison –car je n voyais pas d’autres solutions- s’était ouverte et quelqu’un avait pénétré. Qui était-ce ? Je ne pus soulever ma tête pour l’identifier. Elle me faisait souffrir, elle aussi. Je me contentais de sentir et d’écouter. Peut-être connaissais je cette personne … D’ailleurs, elle vociféra :

- Ah, tu as bien failli m’avoir, sale traîtresse !
- Huum ? répondis-je difficilement.
- Tu as presque réussi à me coincer mais tu n’y arriveras pas comme ça ! Tu aurais dû être plus prudente, ce n’est pas comme ça qu’on fait tomber un réseau de contrefaçon, mais bien que j’admets que tu étais sur la bonne voie. Néanmoins, tu vas disparaître, c’est dommage, n’est-ce pas ? Tu aurais pu avoir un brillant avenir que ce soit du côté du bien, ou du mien.
- Mais … qu’est-ce … que … vous … dîtes ? soufflais-je.
- Ne fais pas l’innocente, avec tes pouvoirs de maître de l’air, tu aurais pu m’être très utile.
- Elb…ert ? demandais-je à l’inconnu.
- Tu as bien deviné ! Mais figure-toi que Legistos est de mon côté aussi ! Tu n’avais aucune chance, tu as trouvé le mauvais allié. Maintenant que tu as ingurgité de la Sudiane, tes heures sont comptées !

Il enchaîna avec un rire démoniaque. Etait-il fou ? Peut-être, il parait que le manque d’une substance dont on dépend peut entraîner de graves crises d’hystérie. Ca devait être d’autant plus grave avec la Sudiane. Un autre grand bruit arriva soudainement. Des entrechoquements de métaux, un joli tintement, des pas lourds, des cris, des ordres … que se passait-il ? Un autre homme déboula et il cria quelque chose, du mécontentement, je crois. Je reçus un coup sur la tête, je sombrai de nouveau.

Je me réveillai encore une fois. Mais cette fois, j’étais confortablement installée, ou presque. Je respirai normalement. Quelqu’un était à côté de moi, il s’agitait. J’ouvris les yeux et un soulagement se fit entendre. Que c’était-il passé ? Je reconnus la voix enjouée l’Ambassadeur. Il s’exclama :

- Tu nous as fait une petite frayeur, jeune fille ! Mais maintenant, tout est arrangé ! Je t’expliquerai plus tard, tu as besoin de repos, mais sache que tu as parfaitement accomplis ton devoir !

Il avait raison, je fermai les yeux et m’endormit naturellement , cette fois.
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MessageSujet: Re: [RPM] Le traître était un messager Ven 18 Juin 2010 - 14:58

Je m’éveillais le lendemain, vers la fin de matinée. J’ouvris lentement les yeux puis essayais de me relever tranquillement. Je ressentais une douleur à l’estomac et à la jambe. Mes sens étaient encore un peu brouillés et je ne percevais pas bien les sons émis par les infirmières et je ne voyais que très peu leurs silhouettes se dessiner dans la pièce. Elles semblaient être pressées. Je ne voyais que ça. Je réussis à conclure avec beaucoup de concentration qu’elles étaient trois. Deux restèrent dans la chambre et la dernière sortit. Je sentis qu’elles s’approchèrent de moi, sûrement pour constater mon état. Au fur et à mesure, ma vue était de moins en moins brouillée et mon ouïe s’affinait davantage. Quand ma vue fut totalement rétablie, je réalisais que l’infirmière me parlait. Je tournais donc ma tête vers elle pour comprendre les mots qu’elle articulait.

- Mademoiselle ? Nous sommes allées demander l’ambassadeur. Il arrivera bientôt, il parait qu’il a beaucoup de choses à vous raconter.
- Ah, hum, oui ? euh … d’accord, répondis-je.

Visiblement vexée que je ne montre pas plus d’intérêt à ce qu’elle me disait, elle partit. Sa collègue vint m’apporter une sorte de médicament-potion d’une couleur jaune orangé. Très appétissant. Néanmoins, je fus contrainte de l’ingurgiter. Le goût était semblable à l’aspect. Un instant, je crus que j’allais tout rendre mais je me retins de vomir. Si on me donnait un médicament, c’est qu’il était nécessaire. Mais pourquoi en avais-je besoin ? Que c’était-il donc passé ? Puis, l’ambassadeur arriva tout content, tout joyeux d’un pas rapide. Il s’approcha, s’assit et commença à son résumé de ce qui devaient être mes aventures, dont je n’avais plus vraiment de souvenirs.

- Alors, jeune fille, es-tu prête à tout écouter ?
- Euh, oui, j’imagine, articulai-je.
- Bien, je vais donc commencer par te dire grâce à qui tu es en vie aujourd’hui. C’est grâce à Legistos, et ton arc.

J’ouvris de grands yeux et je sentis un coup se porter à mon ventre. Instinctivement, quand il prononça ce nom, je touchais mon cou. N’avait-il pas essayer de me tuer ?

- Ne m’interromps pas, s’il te plaît. Je vais tout expliquer mais prends le temps de tout bien comprendre. Je vois bien à ton visage que tu aies surprise. En fait, il se trouve que Legistos pensait que tu faisais parti du réseau d’Elbert, toi aussi. Il l’avait infiltré il y a un moment, pour tenter de sauver son père dépendant, comme tu le sais, de la Sudiane. Il n’avait pas l’intention de tuer, juste de te rendre inconsciente. Puis, il est retourné au repaire des trafiquants. Il s’est aperçu de son erreur quand Elbert a affirmé qu’il ne t’avait jamais engagé et que tu étais une messagère de Nimong. A cause de cela, Elbert, qui n’est pas stupide il faut l’avouer, s’est rendu compte à son tour de la non-loyauté de Legistos. Il l’a alors renvoyé chez lui, prétextant qu’il n’avait plus besoin de ses services pour l’instant mais il t’a gardée avec lui. C’est alors que Legistos est revenu en courant devant l’ambassade céleste où je me trouvais avec un bon nombre d’hommes de l’armée du Feu. Il s’est empressé de tout nous raconter et nous nous sommes dépêchés de revenir jusqu’à la serre afin d’arrêter Elbert et de te secourir. Je dois avouer que notre arrivée n’a pas été d’une grande discrétion et un bon nombre de soldats ont hurlé en entrant. Mais c’est Legistos qui a fouillé partout pour te retrouver ainsi qu’Elbert. Nous n’avons pu les empêcher de se battre mais à présent tout est régler. Nous avons pu éviter le pire, pour les deux.

Je poussai un soupire. Comment avais-je pu me tromper à ce point sur cet homme qui voulait juste aider son père ? J’avais besoin d’arrêter de juger les gens, du moins trop rapidement.

- Ah oui ! Je voulais te rendre ton arc, avant de partir. Les gouttes de sang que tu as laissé sur le chemin et sur ton arc nous ont aidé à retrouver le chemin jusqu’à la serre. Legistos n’a pu nous indiquer clairement le chemin vu qu’il n’était pas le bienvenu là-bas. Tu devrais le nettoyer, une fois que tu seras de nouveau sur pied. Et prends sérieusement, tes antidotes, il semblerait que tu aies avalé une quantité importante de Sudiane, ajouta-t-il.

Sur ce, il sortit de la chambre en me souhaitant une bonne continuation. Je reposai ma tête sur les oreillers plus ou moins confortables de l’hôpital et pensais déjà à mon retour chez les Nomades. Là, au moins je retrouverai le calme. Je me demandais tout de même comment j'avais pu ingérer de la Sudiane tout en étant dans les vapes. Mais à présent, plus rien ne m'étonnait ...

***

Fin de la mission !
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Jerome
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MessageSujet: Re: [RPM] Le traître était un messager Mer 23 Juin 2010 - 2:03

Bon alors pas grand cjose a dire jolie rp tu resoit donc 304 xp et avec ceci 12 PDN revient au nomade de l air

et 77 xp pour yuke
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MessageSujet: Re: [RPM] Le traître était un messager

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