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Esprits du Désert [Sadhi + Amaya]

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MessageSujet: Esprits du Désert [Sadhi + Amaya] Sam 28 Nov 2009 - 16:43

Esprits du Désert





3 ans.
Cela faisait 3 ans que j'avais quitté mon village natal, près du Temple de l'Air Occidental. Aujourd'hui, j'errai, seule, dans un désert qui semblait pas avoir de fin. J'ignorai où je me trouvais, sinon que j'avais du aborder le Royaume de la Terre.
J'avais maintenant 12 ans, et j'étais morte. La moindre parcelle de vie semblait avoir quittée mon corps faible et maigre. Mon visage n'exprimait plus aucune émotion, mon regard vert était éteint. Et je marchais, dans le désert, sans but ni endroit où aller.
La chaleur était épouvantable. Si mon âme semblait avoir disparu, mon corps, lui, était bel et bien là, et la chaleur du soleil avait le même effet sur ma peau que des flammes acérées. Cela faisait un jour qui je trainais ici avec pour seule réconfort une gourde d'eau. Je la portai à ma bouche, attendis l'eau qui aurait du couler. La gourde était vide.
Aurais-je du être effrayée? Aurais-je du faire demi-tour en quête d'un village? Aurais-je du m'arrêter, reprendre des forces? Oui, surement. Et pourtant je ne fis que laisser tomber la gourde sur le sol et continuai de marcher. Mes pieds s'enfonçaient dans le sable, ralentissant considérablement mes mouvements déjà lents et difficiles. J'avais mal partout, j'avais faim, soif, j'avais chaud. Que faisais-je la, perdue dans le désert?
Je n'avais aucune réponse à cette question, et n'en voulais pas. Je ne voulais pas réfléchir, pas penser. Ca me ramenait là-bas, derrière-moi, dans la Souffrance. Je ne voulais que marcher, sans fin. Sans but. Sans RIEN.
Je ne voulais RIEN. Et je n'avais RIEN à vouloir.
Mon corps marchait, sans m'obéir. Il agissait de lui-même, tentait de me mener toujours plus loin. A quoi cela servait si le monde était vide? Tout était vide.
Ma cheville se tordit et je tombai dans le sable. Si chaud qu'il me brûla, laissant sur mes mains des traces rouges. J'observai les plaies sans réagir. Mes mains tremblaient. Pourquoi? Je les laissai tomber sur le sable ardent sans répondre. Pas besoin de réponses, les réponses ne servent à rien...
Agenouillée en plein coeur du désert, sans d'autre compagnie que la chaleur étouffante, je restai là, figée. Sans trop savoir pourquoi, je levai la tête vers le ciel et observait le soleil, grosse sphère enflammée consumant tout sur son passage. Je me forçai à ne pas fermer les yeux, et quelques secondes suffirent à faire surgir des larmes. Je baissai la tête et observer ces gouttes d'eau salée tomber sur le sable, laissant une tache sombre derrière elle. Puis une dizaine.
Je n'entendis même pas les sanglots qui sortirent de ma gorge. J'étais loin moi, heureuse de partir enfin. J'étais arrivée jusque là sans en avoir conscience, sans même le vouloir. Mes jambes avaient porté une âme déjà dans l'au-delà, qu'y pouvais-je faire?
Ainsi je les retrouverai. Nous serons de nouveau ensemble, pour toujours cette-fois ci. Plus rien ni personne ne pourrait nous séparer.
Je ne ressentirai même plus la douleur sur ma peau.
Ni la sensation de faim. De soif.
Ni la plaie béante et sanglante dans mon coeur.
Je me laissai tomber, la joue contre le sable. Les larmes coulaient, mais je ne les sentais pas. J'allais les rejoindre.

Une tâche sombre se dessina au loin, floue. Elle s'avançait. Mes paupières se faisaient lourdes, ma respiration se ralentissait...ralentissait...ralentissait.
Je fermai les yeux.
J'allais les rejoindre.
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MessageSujet: Re: Esprits du Désert [Sadhi + Amaya] Dim 29 Nov 2009 - 17:03

Le puissant astre doré avait maintenant atteint son zénith. Pas un seul nuage dans le ciel azur pour ternir son éclat. Pas un seul souffle de vent pour adoucir sa chaleur accablante et écrasante. Il était là, fier, accroché à l’imperceptible firmament, faisant ressentir sa puissance à toute chose et tout être vivant sous ses rayons belliqueux.

Nous étions en plein mois de juin. Cela faisait à présent six mois que le ciel s’était tari et que l’éclatant soleil avait encore une fois triomphé de ces envahisseurs rapides et gorgés d’eau qui nous offraient pour toute l’année notre seule et unique réserve d’or bleu. Cette année, la bataille avait été plus facile à gagner. Il n’était tombé que la moitié de ce que l’on avait espéré. A présent, même les puits les plus profonds et les oasis les plus fertiles tarissaient, comme une vache trop maigre à qui on tirait trop de lait.

Cela faisait trois jours que nous avions quitté l’oued, qui n’était plus à cette époque de l’année qu’un lit profond et tari, rempli de galets polis par les crues. Dans ce monde ou chaque dune voyageait comme une immense vague lente, les oueds, eux, restaient un repère immuable. Mais à présent, nous et nos bêtes voguions silencieusement sur la mère de sable, montant et détendant chaque vague brûlante comme un navire sous la tempête. Nous étions sept Humains et autant de carchaks. Mon père, Aghilas menait la troupe, tenant sa bête d’une main ferme. Moi et mon jeune frère Demmu nous tenions derrière lui, côte à côté. Suivaient ma petite sœur Dhoha, tenue par la main par ma grand-mère, Lundja. Ma mère, Chavha terminait la courte caravane, tenant contre sa hanche, Kisa, qui était née pendant l’année. Les bêtes étaient chargées de provisions, de perches, de toiles de tissus et de mobiliers divers. Une partie avait été offerte par la famille de ma mère, en dot, et l’autre partie venait de la famille de mon père.
Nous étions des nomades. En dehors de nos carchaks, nous ne possédions aucune bête : ni chèvre pelée ni bœuf. A défaut d’avoir du bétail, nous arrachons au désert ses pauvres ressources. Et en ce torride mois de juin, nous attaquions, comme chaque année, la partie la plus périlleuse de l’année. Elle était réservée aux hommes, et nombreux sont ceux qui perdaient un proche dans ces circonstances.

Depuis le début de l’expédition, le visage de père s’était mu en une expression inquiète. Il était coutume que le raid fût l’affaire de plusieurs familles, mais cette fois nous étions seuls. Pourquoi, seul mon père le savait. Mais il était clair qu’il n’y arriverait jamais tout seul. Personne n’osait lui poser de questions. La réserve était une vertu de notre peuple, et mettre en doute les choix du chef de famille pouvait avoir de lourdes conséquences. Et malgré toutes les questions qui se présentaient à mon esprit, je devais me contenter de faire des conjectures seul. Et tandis que nous marchions vers l’est, le soleil déclina lentement, déchirant le ciel de halos pourpres, tandis que nos ombres se déployaient sur le sable. Bien que l’air se rafraîchissait, le désert n’en devenait pas moins dangereux. Dans le crépuscule, on pouvait, si on y prêtait attention, remarquer l’affaissement de minuscules monticules de sable, révélant des tunnels desquels sortaient d’immondes et mortelles créatures. Elles attaquaient rarement l’Homme, sauf si il les prenait par surprise, ce qui était malheureusement très fréquent. Nous avions appris à nous protéger des morsures des serpents et des piqûres de scorpions grâce à d’épaisses guêtres en cuir que nous enroulions autour de nos jambes. Mais nous nous inquiétions pour nos bêtes. Bien que très épaisse, la peau cartilagineuse des membres des carchaks ne pouvait éviter la morsure puissante d’un serpent danseur. Les bêtes étaient généralement très énervées pendant la nuit et il était fréquent qu’un homme ne tenant pas bien sa bête la laisse s’échapper au moindre coup de frayeur.

Lorsque les éclairs pourpres se muèrent en déchirures violacées, père décida d’un signe de la main que le campement serait installé sur place pour la nuit. Nous laissâmes ma mère et ma grand-mère monter les tentes et préparer le repas tandis que mon père dessanglait son carchak. Il me tendit la cible de paille pour que mon frère et mois puissions nous entraîner à l’art du tir à l’arbalète. Chaque fils du désert se devait d’exceller dans le maniement d’une arme, qui dépendant de la façon dont on vivait et de l’activité qui assurait notre subsistance. Nous avions tous de petits poignards attachés à notre ceinture, même les femmes. Mais de part notre activité, les armes de poing n’étaient d’aucun secours.

Demmu et mois défîmes nos bagages et entravèrent nos bêtes avant de nous éloigner avec la cible et nos arbalètes. Le bois étant extrêmement rare, nos armes et nos projectiles étaient tous faits avec de l’os. C’étaient des armes grossières et lourdes mais elles étaient robustes et envoyaient les flèches à plus de cinquante mètres. Mon petit frère avait à peine huit ans et il excellait dans ce domaine, contrairement à moi qui manquait souvent la cible et passait les trois quart du temps consacré à l’entraînement à aller chercher mes trais perdus. Mais les entraînements nous laissaient tout le loisir de nous amuser, et surtout, nous pouvions nous dire toutes ces choses dont il était interdit de parler avec un adulte.

- Sadhi, je suis inquiet pour papa. Il a l’air vraiment préoccupé. Tu as remarqué ?

- Oui petit frère. J’espère juste que les autres tribus nous rejoindront.

- Et si ce n’est pas le cas ? Imagine que papa ait décidé de faire la récolte tout seul. Ou… Avec nous ?

- Nous sommes bien trop jeunes, Demmu.

Demmu me regarda avec insistance. Mais même moi, au cours de la journée, je m’étais demandé si père n’avait pas l’intention de nous faire participer à notre première récolte. J’en étais arrivé à la conclusion que père était un homme de bon sens, et qu’il n’y ferait pas participer des enfants. Mais avec toutes les choses que père nous cachait, j’avais du mal à m’en convaincre moi-même. Ravalant ma salive, je fis quelques pas dans le sable et y planta la cible. Nous reculâmes des quelques mètres. En silence, Demmu arma son arbalète. Quelques secondes plus tard la flèche se ficha en plein cœur de la cible. Sous le regard fier de mon cadet, je fis de même mais maqua inévitablement ma cible. La flèche décrivit un arc de cercle puis alla se ficher à une vingtaine de mètres de la cible.

- Perdu grand frère !

- Je sais.

Rembruni, je me dépêchai de rejoindre ma flèche. En retirant le trait fiché dans le sable, quelque chose attira mon attention. On aurait dit la queue beige caractéristique des serpents dansant. Sauf qu’elle était immobile, comme si le corps du serpent avait été enfoui et qu’il n’en restait que la queue. Avançant avec une extrême prudence, je m’approchai. La chose ne bougea pas. Doucement j’en approchait ma main puis la saisit. Je ne pu retenir un cri quand une main surgit du sable. Je lâchai le doigt et recula de quelques pas. Il y avait quelqu’un, là, enterré dans le sable. Un frisson parcouru mon dos. Oubliant complètement ma flèche, je fis demi-tour et couru jusqu’au campement. Me voyant arriver, ma mère et ma grand-mère se retournairent, suprises de me voir arriver à une telle allure.

- Où est ton frère, demanda ma mère ?

Je m’arrêtai devant elle, et pris quelques secondes pour récupérer mon souffle.

- Là bas !

Ma mère fonça les sourcils.

- Que fait ton frère là bas ?

- Là bas, il y a quelqu’un dans le sable !
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MessageSujet: Re: Esprits du Désert [Sadhi + Amaya] Lun 30 Nov 2009 - 18:23

Les deux femmes coururent à l'endroit indiqué, suivies de près du jeune garçon, pâle.

- Demmu, recule-toi! ordonna la mère en le prenant par l'épaule et en le poussant vers sa grand mère.

Elle s'abaissa et s'empara de la main sous le sable qu'elle tira vers elle. Elle parvint à sortir un bras, mais le poids du sable semblait retenir le corps enfoui dans le désert.

- Sadhi, aide-moi!

Effrayé, le jeune homme se laissa tout de même tomber à genoux sur le sable et se mit à creuser, dégageant petit à petit un corps frêle et maigre, rougi par le soleil, aux vêtements d'un brun sale, déchirés. Puis une chevelure se libéra, d'un noir de jais, emmêlée. Un visage, fin.

- Mon Dieu ! Mais c'est une enfant! s'exclama Chavha.


***


Un son étrange me parvenait aux oreilles, qui semblait se répéter inlassablement et endormait mes sens. Comme le souffle du vent, ou le chant des oiseaux matinaux.
Alors ça y était? J'avais réussi à les rejoindre? J'allais ouvrir les yeux maintenant, et je les verrai autour de moi, me sourire et me prendre dans les bras pour me serrer contre eux.
J'ouvris les yeux. Le drôle de bruit se tut immédiatement et un visage se dessina juste au dessus de moi. Un visage d'enfant, au cheveux bruns ébouriffés et au regard curieux. Un grand sourire étira ses lèvres :

- Sadhi ! La fille s'est réveillée!
- Recule-toi Demmu!

Je me redressai d'un bond et me reculai brutalement, battant des pieds et des mains. Il me semblait même crier, inlassablement.

- Eh! Ce...ce n'est rien! N'aie pas peur!


Mon dos heurta un tissu, tandis que je me débattais toujours contre l'invisible. Je lançai un coup d'œil rapide autour de moi. J'étais enfermée dans une tente de tissu beige où brûlait un petit feu recouvert d'un bocal en verre, en guise de lumière.
Je me calmai petit à petit, jetant des regards terrifiés autour de moi. Je ne comprenais rien.

- Est-ce que...ca va?

Je me rendis alors compte des deux personnes présentes dans la tente, à un mètres de moi, m'observant d'un regard inquiet. L'un était très jeune, pas plus de 8 ans. L'autre était plus âgé que moi, vêtu de vêtements sombres, au regard d'un noisette et aux cheveux épais et noirs. Il m'observait avec attention, visiblement soucieux.

- Qui es-tu? demanda t'il alors.

Sa voix, bien que troublée, avait un effet apaisant sur moi, comme si je retrouvais en quelques secondes des bribes de mon enfance. Sans que je puisse me contrôler, les larmes me montèrent aux yeux. Je tentai de reculer encore plus mais la toile de la tente m'en empêchait.

- Demmu, va chercher maman et papa.
- Mais pourquoi tu n'y vas pas toi?
- Car je suis le plus grand et maman m'a ordonné de veiller sur elle jusqu'à son réveil. File!

Le plus jeune, Demmu, se leva en bougonnant et sortit de la tente. J'entendis le bruit feutré de ses pas dans le sable. Nous étions donc encore dans le désert. Je vis pas l'interstice de l'ouverture qu'il faisait nuit. Hormis le léger vent qui soufflait au dehors, il n'y avait aucun bruit, le silence était total. Nous nous scrutâmes pendant plusieurs secondes, lorsqu'il reprit la parole :

- Comment t'appelles-tu? demanda t'il avec douceur.

J'avalai ma salive sans répondre. Lorsque je clignai des yeux, quelques larmes coulèrent, que j'essuyai du plat de la main.

- Moi c'est Sadhiman. Ou Sadhi si tu préfères. Je suis un nomade, je vis dans le désert.

Je l'observai, toujours silencieuse. Les battements de mon coeur se calmaient petit à petit, tandis que mon corps se détendait. Je prenais conscience de l'endroit où j'étais : je n'avais pas bougé de ce désert interminable, de ces dunes infinies, de ce soleil éternellement cuisant, de cet enfer qu'était ma vie depuis maintenant 3 ans. Et ces gens là, ce garçon qui se tenait devant moi, avait du me trouver, allongée dans le sable. Peut-être une heure de trop et je serai...
Trois personnes entrèrent dans la tente. Un homme, grand, vêtu des mêmes vêtements que Sadhi, à la peau presque noire et aux sourcils froncés, une femme, enroulée de tissus dans les tons beiges, a l'épaisse chevelure brune et bouclée. Et à sa suite, le jeune Demmu, apparemment ravi de pouvoir retrouver l'étrange inconnue, moi.

- Tu es réveillée jeune enfant, dit alors la femme avec douceur. Elle avait la même voix douce et chaude que Sadhi, le même ton tranquille et agréable. As-tu faim? Soif?

Sans même attendre ma réponse, elle me tendit de la nourriture dont je m'emparai avec lenteur, sans cependant la porter à ma bouche.

- Allons, mange! Tu es bien trop maigre pour une jeune fille de ta taille. Quel âge as-tu?

Je ne répondis pas, mes yeux alternant entre les nouveaux arrivants. L'homme me fixait avec dureté, il m'effrayait. Sadhi se leva doucement. Même si la femme était petit, il la dépassait de quelques centimètres.

- Elle ne veut pas parler maman. Elle a l'air vraiment perdue.

- Elle n'a donc rien dit? Pas un seul mot?

Il acquiesça avec gravité, observant le visage de l'homme avec anxiété, comme s'il attendait une réaction de sa part. Ce dernier soupira puis sortit la tente.

- Occupe-toi d'elle, je vais parler avec ton père, murmura t-elle à l'oreille de son fils.

Elle sortir derrière son mari. Après quelques secondes de silence, j'entendis la voix de l'homme, grave :

- Elle ne peut pas rester avec nous. Si nous la gardons, la récolte n'en sera que plus dure, et nous n'y arriverons jamais! Elle ne sera qu'un poids! Elle doit partir, je regrette.

J'entrevis le visage désolé de la femme m'observer par l'interstice, lorsque Sadhi referma lentement la tente. Il se retourna puis s'assied en face de moi, osant à peine croiser mon regard.

- Mange. Il ne te laissera pas repartir sans rien dans le ventre, ni sans que tu aies repris des forces.

Je sentais comme une pointe de déception et de colère dans sa voix, comme s'il désapprouvait la décision de son père. J'observai le jeune Demmu dont le visage avait radicalement changé d'expression, passant de la joie à la tristesse. Il vint s'asseoir auprès de son frère et posa la tête dans le creux de ses mains, observant le feu qui brûlait sous le bocal.
Alors j'allais repartir. Ces inconnus qui venaient de me sauver allaient me relâcher dans le désert et me laisserai continuer ma route seule.
Comme je l'avais toujours été depuis plusieurs années. Seule face à l'atrocité du monde.
Je baissai moi aussi la tête et croqua dans la miche de pain, m'apercevant avec surprise que je mourrais de faim. Ma gorge me faisait mal, j'avais l'impression d'avoir avaler du sable. Je me sentais sale, lourde, faible, fatiguée.
Les paroles de l'homme m'avaient comme...vidée. J'avais eu l'illusion passagère d'avoir comme retrouvé la présence d'humains, d'êtres identiques à moi. Mais je m'étais trompée. J'étais encore et de nouveau seule, dans ce monde pathétique et morne qu'était à présent le mien, sans joie ni couleurs. Uniquement le vide et l'absence totale de vie.

- Pourquoi tu étais dans le sable? déclara soudain Demmu, la tête toujours dans les mains mais le regard rivé sur moi. Si Sadhi ne t'avais pas vu, les serpents danseurs t'auraient mangé tout cru.

Les serpents danseurs? Je ne connaissais pas de telles choses. Mais j'avais comme la sensation que ce n'était pas ce qui importait dans les paroles du garçon. Oui, pourquoi étais-je dans le désert? Pourquoi étais-je arrivée jusque là? Si je souhaitais mourir, j'aurais tout simplement du rester auprès des cadavres de mon peuple, de ma famille. Mourir auprès d'eux et non à des centaines de kilomètres. Mourir dans mon village et non dans le désert, là où je me ferai manger tout cru par des serpents danseurs.
Mon coeur se mit à battre plus rapidement. Je venais de comprendre quelque chose. Si j'avais fui mon village, si j'avais fui l'horreur de la guerre, si j'avais vu la Mort elle-même, c'était car je n'étais pas prête de mourir.
Je ne voulais pas mourir.
Les larmes surgirent de nouveau tandis que j'étouffais mes sanglots dans mes manches crasseuses.
Je voulais vivre. Je voulais retrouver l'Homme. Je voulais regagner ma place d'être humain a part entière et non celle d'être mi-animal mi-humain, se nourrissant de ce qu'il trouvait, se fiant à son instinct sans penser ni réfléchir. Sans rien ressentir.

- Amaya, murmurai-je alors en relevant un visage sali par les larmes et la terre.

Sadhi m'observa de nouveau, étonné.

- Qu'est-ce que tu as dit?
- Je m'appelle Amaya.
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MessageSujet: Re: Esprits du Désert [Sadhi + Amaya] Mar 1 Déc 2009 - 15:40

Amaya. Ce nom n’était pas de chez nous. Et vu l’était dans lequel nous l’avions trouvé, elle avait probablement erré dans le désert des journées entières. Intérieurement, je remerciais l’esprit du vent d’avoir soufflé ces derniers jours. Dans le sable, malgré les serpents et le risque d’étouffement, les chances de survie étaient plus élevées que si le corps était directement soumis aux affres du soleil. Elle avait eu énormément de chance de s’en sortir.
Je la regardai pleurer, ses yeux humides dans le vague. Le bol qu’elle tenait entre ses mains était agité de soubresauts. Elle tremblait. De froid sans doute, mais il y avait autre chose qui faisait osciller ses épaules et tomber ses larmes sur les tapisseries. Elle hoqueta puis se ressaisit. Elle ne semblait pas être décontenancée par mon regard. Pourtant, selon nos coutumes, il était interdit de dévisager quelqu’un. Encore moins quelqu’un du sexe opposé et encore moins un hôte. Mais la façon dont elle bougeait, l’accent qu’elle avait quand elle parlait, ses vêtements, ses cheveux… Tout était tellement étranger pour moi que je ne pouvais me résoudre à la considérer comme quelqu’un de mon clan. Pourtant il ne faisait aucun doute qu’elle était tout aussi humaine que moi. J’aurais voulu lui poser des milliards de questions. D’où venait-elle ? Que cherchait-elle ici ? Comment était-elle arrivée ici ? Où étaient les siens ? Mais je me taisais. Elle était sous le choc et terriblement fatiguée. Tout ce que je pouvais faire pour elle c’était essayer de faire passer dans mon regard toute la compassion que j’avais pour elle. Elle releva la tête et me sourit. Un sourire à peine perceptible.
Elle posa son bol et soupira. Personne, ni elle ni moi ni Demmu n’osions prendre la parole. Le silence dura plusieurs minutes.
Ma grand-mère passa sa tête entre les pans de la tente et tendis à Amaya quelques morceaux de tissus.

- Couvre t’en les jambes, les bras et la tête. Ce ne sont que des couvertures de bât en lin mais elles te protègeront pendant le reste de ton voyage.

Amaya se saisit des tissus, exquissa un sourire faible et entreprit de se couvrir les membres avec les couvertures. Ma grand-mère, qui l’observait, émit un petit rire et hocha la tête.

- Attends. Si tu ne les sers pas assez elle ne tiendront jamais. Je vais t’aider.

D’un pas, elle entra dans la tente, et s’accroupit auprès de la jeune fille, laquelle lui tendit son bras et le morceau d’étoffe qu’elle avait tenté d’enrouler autour. Lundja porta le tissu à ses lèvres et en arracha une lanière épaisse et droite. D’un juste sûr, elle saisit Amaya par le poignet et lui enroula le reste de l’étoffe autour du bras, la faisant tenir pas un laçage complexe. Elle fit de même avec son autre bras et ses deux jambes. Quand à sa tête, grand-mère confectionna un magnifique turban qui allait merveilleusement bien avec la couleur de ses cheveux.

- Voilà, dit ma grand mère en se reculant pour admirer le travail, une vraie petite nomade.

Demmu applaudit et Amaya la remercia du même sourire triste.

Se tournant vers moi, elle reprit d’un air grave.

- Je vais aller voir avec ton père si on ne peut pas attendre encore un peu qu’elle reprenne des forces. Même habillée comme ça, jte fiche mon billet qu’elle ne ferait pas trois pas sans tomber.

Lundja sorti de la tente. A l’extérieur, on entendait déjà mon père et ma mère discuter mais le son était atténué par le tissu de la tente et nous ne percevions que des bourdonnements graves ou aigus, selon la personne qui prenait la parole.

- Tu es très jolie comme ça, lança Demmu.

Je lui envoyais discrètement un coup de coude. A huit ans, il était en âge de se tenir devant les autres. Me retournant vers Amaya, je vis ses joues sales légèrement rosir. C’est vrai qu’elle était belle. Même sans le turban et les bandes. Même avec ces guenilles et tout ce sable qui lui encrassait le corps. Tout en la fixant ouvertement, je sentais mes mains devenir moites et mon cœur battre plus fort dans ma poitrine. Chaque partie de son corps me faisait détourner les yeux vers une autre, puis une autre. Sa magnifique chevelure, ses épaules fines, ses longues jambes… Je dus cligner des yeux pour me ressaisir. Mais même si je regardais ailleurs, les lignes de son corps, et chaque détail qui le composait revenait par flash dans ma mémoire. C’était un sentiment bien étrange. Tout en étant confus par ses images, la proximité avec cette jeune personne me paraissait extrêmement apaisante. Apaisante et normale. Comme si elle avait toujours été là, comme si elle allait toujours l’être. Cette dernière pensée me fit brusquement revenir à la réalité. Tôt ou tard elle allait partir. Même si elle n’était avec nous que depuis quelques heures, l’idée de la perdre me semblait insupportable. Mais je savais aussi que plus vite elle partira, moins dure sera la séparation et moins longue sera la souffrance due à son absence. Affolé par toutes ses idées, je sorti précipitent de la tente. L’air froid el le vent levé me surprirent. La nuit, dans le désert, les températures étaient glaciales.

Perdu dans mes pensées, je mis un bon moment à me rendre compte que le mon père, ma mère et ma grand-mère me fixaient.

- Quelque chose ne va pas, demanda mon père d’un ton sec ?

- Non non tout va bien. C’est juste que… Je pense qu’elle devrait partir le plus tôt possible. Nous n’avons pas assez de vivres pour elle. Elle est faible et ne pourra nous suivre. Et nos carchaks ne pourront pas la porter en plus de bagages.

Ma voix avait déraillé vers la fin. Je tournai la tête pour ne pas que ma famille voit mon menton trembler. Je tentai de me raisonner, en me disant qu’il n’y avait pas d’autres solutions. Mais je sentais dans mon ventre une affreuse boule se former. Je sentais mon cœur comme déchirant ma poitrine à chacun de ses battements. Je sentais ma gorge se nouer. J’étais désespéré. Autant par la décision que je venais de prendre que par ce qu’elle entraînait. Bien que mes paroles faisaient penser que je me souciais du groupe, je savais au fond de moi-même que c’était une décision égoïste. Que par peur de ce que j’éprouvais, par peur de se sentiment qui venait d’exploser en moi, j’allais mettre fin à ses jours.

Ma crise passée, je me retournai vers les adultes. Ma mère et ma grand-mère affichaient une mine triste. Mais ce qui me faisait le plus mal, c’était l’air réjouit de mon père. Il s’avança vers moi et me pris dans ses bras.

- C’est bien, fils. Tu prends la bonne décision. Le sort de cette inconnue n’est pas de notre sort. Tu souhaites protéger ta famille, et c’est ce que nous allons faire. Dans quatre heures nous lèverons le camp. Si elle tente de nous suivre, nous ne l’en empêcherons pas. Mais elle devra subvenir à ses besoins par elle-même. Maintenant, allons nous coucher.

Il se retourna et alla rejoindre ses quartiers, suivi par ma mère. Ma grand-mère fit de même. Mais avant d’entrer dans sa tente, elle se retourna vers moi et me lança un regard dur. Baissant la tête, je rejoignis Amaya et Demmu. Mon frère s’était endormi, recroquevillé près du feu.

Silencieusement, je m’approchai d’Amaya, pour vérifier qu’elle était elle aussi assoupie. Elle était assise dans la couche, les yeux grands ouverts. Elle les tourna vers moi, avec un regard empli d’interrogations.

- Tu devrais dormir, lui dis-je. J’ai fait ce que j’ai pu mais père préfère que tu continues ta route de ton côté.

Le regard de gratitude profonde qu’elle me lança me fit plus mal qu’une flèche lancée en plein cœur. Je me retournai, dos à elle et tenta, en vain, de trouver le sommeil.

Amaya, pourras tu jamais me pardonner ce que j’ai fait ?
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MessageSujet: Re: Esprits du Désert [Sadhi + Amaya] Jeu 3 Déc 2009 - 14:13

Je l'observai s'endormir, le regard vague. J'observais sa poitrine se soulever lentement, régulièrement. Écoutais sa respiration lente et calme. Sadhi était déjà parti dans le monde du rêve et des songes. Cela faisait tellement longtemps que mon âme n'avait pas vagabondé dans les méandres étincelants du rêve...Non, elle était déjà tombée, avait sombré dans le néant du vide.
J'étais tellement absorbée par le mouvement paisible de son torse que je ne sentis pas mes yeux se fermer.

Il faisait un noir d'encre. Une nuit sans étoiles ni Lune.
Au sol, sur un sable immobile et presque blanc, des cadavres. Des monceaux de cadavres dont le sang pourpre coulait le long de leur peau translucide.
Écrasés par les dizaines de corps, ma mère, mon père, mes amis. Leurs yeux grands ouverts me fixaient, tandis qu'un mince filet pourpre s'échappait de leur lèvres violacées.
Et au sommet, Sadhi, se tenait debout en m'observant de son regard sombre. Il sourit, tout en crachant du sang, puis dégringola du monticule de cadavres.

Je hurlai, battant des pieds et des mains dans le vide. Quelque chose se plaqua contre mon visage, contre ma bouche. Quelque chose d'étonnement chaud comparé au froid glacial qui m'enchainait.

- Amaya! Amaya! Réveille-toi! Amaya!!


J'ouvris les yeux, tout était flou. J'apercevais bien une silhouette penchée au dessus de moi, sans parvenir à la reconnaitre.
Une violente nausée me saisit et me poussa à me lever d'un bond. Un rayon de lumière à peine visible me dévoila l'entrée de la tente, vers laquelle je me jetait. A peine sortis-je à l'air libre que le froid mortel de la nuit désertique sembla me percer de toute part. Je me penchai sur la gauche et vomis.
A peine eus-je terminé que mes jambes se firent de cotons, tremblotantes. Toute couleur quitta mon visage et ma vue se brouilla à nouveau. Je me sentis basculer dans le vide.
Des bras me rattrapèrent juste à temps.

- Amaya?! Maman! MAMAN! Elle...elle est malade! Elle hurlait en pleine nuit et...elle...vomit...tombée...
- Ramène-là a l'intérieur! Vite!
- Que se passe-t-il?
- La petite est malade...
- Malade?! Raison de plus pour ne plus la garder plus de temps avec nous. Demain, elle partira.

Ces voix s'éloignèrent, tandis que je sombrai dans l'inconscience.

***


C'était la première fois que je dormais aussi longtemps sans être saisie de terribles cauchemars. Les raisons en étaient certes plus graves, j'étais épuisée, et vidée de toute force.
Lorsque j'ouvris les yeux, j'étais toujours dans la tente. La toile, illuminée de l'extérieur, m'indiqua que la nuit avait cédé sa place au jour, dont le soleil cuisant inondait déjà les dunes infinies du désert.
Lentement, je me redressai. Tout mes mouvements étaient tremblants, tellement les forces me manquaient. On m'avait ôté les bandes qui m'entouraient les membres, ainsi que le turban qui enroulait mes cheveux. Ils dégringolaient maintenant en une cascade lisse et noire jusqu'à mi-dos.
Posée près du lit, de la nourriture attendait patiemment, laquelle j'engloutis avec voracité, comme si je n'avais pas mangé depuis plus d'un mois.
Je jetai un coup d'œil autour de moi, gravant dans ma mémoire les moindres détails de ce que je voyais. Le feu sous le bocal de la veille était éteint, les fines couvertures qui couvraient le fond de la tente étaient repliées. Rien d'anormal. Dehors, tout était silencieux. L'angoisse me monta à la gorge lorsque je me souvins des paroles entendues la veille au soir, quelques secondes avant mon évanouissement :"Demain, elle partira."
M'avaient-ils laissé ici, seule dans le désert, avec pour seul aide la tente et de la nourriture déjà épuisée? Je me levai lentement. Je me dirigeai, les jambes tremblantes, vers l'entrée de la tente, et sortis dehors.
Deux autres tentes étaient montées. Une bête étrange y était sellée et patientait gentiment, à moitié allongée sur le sable. Un coup d'œil aux alentours m'indiqua que je n'étais pas seule. Sadhi et Demmu se tenaient à quelques mètres de ma tente, les bras occupés d'étranges objets, taillés tout en longueur, en un arc de cercle gracieux. Il visaient un bloc de paille à environ quinze pas devant eux. Intriguée, je m'approchais d'eux en silence.
Les deux jeunes frères sur la corde accrochée aux deux extrémités de l'arc et la lachèrent. L'une se ficha au centre de la cible, l'autre quelques mètres derrière.

- Sadhi ! Amaya est réveillée!

Sadhi, dont le regard s'était figé sur la flèche enfoncée dans le sol sursauta et tourna la tête vers moi.

- Amaya! Tu veux essayer?
s'exclama Demmu en courant vers moi pour me tendre son arc.
- Demmu!

Le jeune garçon se figea sur place tandis que Sadhi regarda par dessus mon épaule. Lorsque je me retournai, l'homme de la veille, le père des deux garçons, suivi de sa femme, nous observait d'un regard froid. Son regard me transperça telle une lame, comme s'il tentait lire en moi ce que je ne voulais dire. A peine commençais-je à sentir les larmes venir que sa femme posa un bras sur le bras, l'incitant à cesser cela. Il tourna la tête vers Sadhi, puis les flèches, avant de revenir sur moi.

- Tu ne nous as toujours pas dit pourquoi tu te trouvais là, dit-il alors d'une voix froide. Je ne peux te garder ici si tu n'es pas l'une des nôtres. Soit heureuse que ma femme et sa mère soient là pour te laisser la tente et de la nourriture. Nous partons dès le campement rangé. Si ton souhait est de nous suivre, fais ce qui te conviendra le mieux, mais nous ne pouvons pas t'aider.



Il sembla sur le point de rajouter quelque chose, mais fit demi-tour et commença à ôter les pics qui retenaient sa tente. Sa femme m'observa un long moment sans bouger, sans que je parvienne à déchiffrer ses intentions. Quelle importance de toute façon, puisqu'ils allaient partir?
Elle rejoignit enfin son mari et l'aida à replier les tentures pour les seller sur le dos de la bête. La grand mère, qui la veille m'avait aidé à me protéger du froid, sortit de l'autre tente avec un bébé dans un bras, et une fillette qui tenait son autre main.
Cette vision d'une famille soudée et heureuse provoqua une sensation de froid intense en moi, qui me fit reculer de plusieurs pas. Je heurtai ma tente et m'arrêtai la, fixant le sable chaud, désemparée.
Je devrais être heureuse d'être de nouveau libre, j'allais retrouver la seule amie qui m'avait accompagnée jusque l'à, la Solitude. Et pourtant, mon coeur semblait tiraillé entre deux extrémités, si brutalement que j'en tremblais.
La mère de Sadhi et Demmu s'approcha de moi et me une petite pile de tissus, ainsi que les même bandes de cuir de la veille au soir.

- Protège-toi bien la nuit, et surtout, ne t' aventure pas seule dans le désert lorsqu'il fait noir. J'espère ne pas faire un mauvais choix...

Elle posa une main sur mon épaule et m'observa longuement, comme elle l'avait fait il y avait quelques instants, jeta un coup d'œil à son fils ainé, qui était resté immobile, observant de nouveau sa flèche ratée et fit demi-tour, s'emparant de la main de son fils. Elle ne fit aucun commentaire sur les larmes qui roulaient sur les joues de Demmu, ni sur l'attitude étrange de Sadhi. Lorsqu'elle passa près de sa grand-mère, je la vis lui murmurer quelques mots.
Ils mirent plus de dix minutes à ranger toutes leurs affaires, dix minutes durant lesquelles j'étais seule au monde, saisie de nouveaux tourments. Qu'allais-je donc devenir?
Ce que j'avais compris à mon réveil, tout cela n'avait donc aucune importance?
Étais-je donc destinée à mourir ici, dans l'immensité du désert?
Je relevai un regard humide vers la famille, parée à partir. Le père ne dit pas un mot, et commença à marcher le premier, tenant la bête par les rênes. A sa suite, vint sa femme, ainsi que le bébé qu'elle portait dans les bras. Puis vint la grand-mère, tenant par la main sa petite fille et Demmu.
Sadhi fut le dernier à partir. Pour la première fois depuis mon réveil ce matin, il me regarda dans les yeux. Ses lèvres remuèrent pour former ces trois mots : Je suis désolé. Et sans un regard en arrière, il courut à la suite de sa famille.
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MessageSujet: Re: Esprits du Désert [Sadhi + Amaya] Ven 18 Déc 2009 - 17:28

Et tandis que je tournai le dos à Amaya, mes lèvres continuaient à bouger, silencieusement. Articulant tous les mots que j’aurai voulu lui dire. Lui dire que je l’avais trahie. Lui dire que je l’avais conduite à une mort certaine.

Je courus, pieds nus dans le sable, qui semblait s’enfoncer un peu plus à chaque pas. Je pris les reines de mon carchak que Demmu me tendait. L’animal, sentant ma faiblesse, en profita pour tirer d’avantage de longue. Mais je ne sentais même plus la caresse du cuir sur ma main. Tout ce que je sentais c’était du vide. Un gouffre immense, tel un vortex, qui s’engouffrait dans mon ventre et qui arrachait tout espoir sur son passage. Et qui me faisait terriblement mal. Tout le monde était silencieux. Mais pas le silence calme qui accompagnait chacune de nos journées. Un silence lourd. De reproche. De colère. D’incompréhension. L’expression du visage de père et ses traits tirés, trahissait la colère. Je savais bien ce qu’il pensait. Qu’on se privait pour cette petite inconnue. Qu’on lui avait donné gîte et couvert. Mais à quoi bon. Une fois ses provisions à sec, elle ne saura pas se défendre et se protéger du désert. Elle ne saura pas assurer sa subsistance. Tôt ou tard elle mourra.

Nous continuâmes notre route dans l’immensité du désert. Chaque pas en avant me rendait plus coupable. Plus j’avançais, plus j’avais envie de faire demi-tour, de soulever cette fille et de la placer sur le dos de mon carchak, dussais-je pour ça porter mes affaires moi-même et me priver du peu de nourriture que j’avais. Mes chevilles se tordaient dans le sable, mes mollets me faisaient mal. Mes pas ralentissaient sans que je ne m’en rende compte. C’était comme si le sable devenait mouvant et collant, comme si le désert lui-même m’ordonnait de faire demi-tour et d’aller la sauver. Ses grains tranchants semblaient avalés par ma bouche, ils crépitaient dans ma poitrine, écorchaient mon cœur et rendaient ma gorge sèche et douloureuse. Ses poussières invisibles me piquaient les yeux et des larmes ne tardèrent pas à couler le long de mes joues. Le soleil avide de fraîcheur les avalait avant qu’elles ne puissent tomber au sol, ne laissant que les traces sèches du sel qui me tiraillait la peau. Je ravalai mes sanglots du peux que je pu. J’étais un homme, et un homme ne pleurait pas.

Vers le milieu de la journée, les bêtes devinrent brusquement ombrageuses. Les carchaks étaient des animaux relativement placides, en dehors de cette fameuse période du crépuscule et leur entêtement soudain à avancer d’avantage était toujours annonciateur de mauvaise nouvelle. Au mieux, il s’agissait d’un dragon des sables ou d’un autre prédateur. Il leur arrivait de quitter leurs terriers creusés dans les dunes pour arracher au passage une jambe d’humain ou de bête. L’autre alternative était…

- Mes os me font mal.

Tout le monde se tourna vers ma grand-mère. Les vielles personnes sentaient dans leurs os fragiles le moindre changement de pression de l’air ou le moindre souffle de vent. Nous n’avions plus besoin de scruter le ciel pour savoir ce qui allait arriver. La pire crainte de tout nomade. La tempête de sable. Là, entre les dunes, rien ne pouvait nous préserver d’un enfouissement mortel sous l’avalanche de sable. Pendant une tempête, la mère de sable prenait vie et houlait aussi brusquement que si elle était faite d’eau. Et dans ces cas là nous ne pouvions compter sur la chance et sur notre robustesse pour y survivre. Nous ne pouvions même pas dévier notre route de la tempête. Le vent n’était pas levé et nous n’avions aucune idée de la direction qu’il prenait. Et quand nous en sentions les premiers effets, il était généralement trop tard. Nous nous arrêtâmes. Inutile de continuer tant que la tempête ne serait pas passée. Inutile de s’épuiser d’avantage. Tous ce que nous pouvions faire c’est monter les tentes et s’y réfugier en priant pour ne pas être enfouis sur les dunes.
J’aidai Demmu à monter notre tente, tandis que ma grand-mère et ma mère montaient la leur. Un instant je fus surpris de voir que ma grand-mère ne s’occupait pas de sa propre tente.

- Amaya !

Le cri avait retenti si fort en moi qu’il était sorti de mes lèvres. Heureusement, tout le monde était tellement affairé que personne, en dehors de Demmu ne fit attention à mes paroles. Il étira brusquement les pans de la tente et planta les piquets rageusement dans le sable. Il respira bruyamment puis murmura en sifflant :

- Elle va mourir.

Il s’arrêta, tenant toujours la tente entre ses mains. Il tourna lentement la tête et me fixa. Jamais de ma vie je n’aurais cru voir ce regard dans les yeux d’un enfant. Un regard empli de haine. Ses sourcils étaient froncés et son nez retroussé.

- Tu l’as condamnée. Tu as…

Il n’eut pas le temps de finir sa phrase. Le vent s’était brusquement levé et nous dûmes nous dépêcher de monter la tente avant que le vent ne gonfle la toile et ne l’emporte. Le sable rouge commença à tourbillonner autour de nous. Père nous cria :

- Allez vérifier que les bêtes sont attachées !

Il n’était qu’à quelques mètres de nous mais sa voix était presque complètement couverte par les hurlements du vent. Je n’avais jamais vu une telle tempête. Recroquevillés pour lutter contre les effets du vent, nous nous approchâmes des bêtes pour en vérifier les entraves. Mais je ne faisais pas attention à mon travail. Je pensais à Amaya. Je la voyais, si faible et si fluette s’envoler dans un tourbillon de sable. Je voyais son visage peu à peu recouvert par le sable. Je sentais son cœur cesser de battre comme si elle était serrée contre moi. Mes doigts vérifiaient machinalement les liens autour des pattes cartilagineuses des carchaks. Arrivé à ma bête, un jeune mâle de quatre ans, je glissai ma main entre ses jambes. Mes doigts s’arrêtèrent sur les lanières. Maintenant ma main en visière, je me retournai. J’étais seul dehors. La peur au ventre, je défis une à une les lanières des entraves. Mon carchak s’ébroua, puis s’éloigna brusquement. Je saisis sa longe et, me retournant une dernière fois, l’enfourcha et envoya mes talons dans son ventre mou. D’un mouvement de la main, je lui fis faire demi-tour, et, couché sur l’encolure bosselée de ma monture, j’abandonnais ma famille pour aller sauver Amaya.
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MessageSujet: Re: Esprits du Désert [Sadhi + Amaya] Lun 21 Déc 2009 - 12:53

L'immensité du désert dévora bientôt les silhouettes brunes qui s'éloignaient au loin. A peine celle de Sadhi disparue, un trou béant se creuse dans ma poitrine, si brutalement que ma respiration se fit plus saccadée. Posant ma main contre ma poitrine, je me laissai tomber mollement sur le sable, la tête baissée, les yeux clos.
Pourquoi? Pourquoi réagissais-je donc ainsi? Je savais qu'il partirait, je savais que je me retrouverais à nouveau seule comme je l'avais été pendant trois ans, jusqu'à ce jour. Trois ans sans avoir adressé la parole à quiconque, trois ans sans côtoyer personne, trois ans sans m'approcher de personne. J'avais fini par m'habituer à cette solitude, mais non par plaisir. Cette douleur fulgurante qui me transperçait la poitrine me le prouvait. Je n'avais d'autre choix que d'être seule, j'étais condamnée à l'être. J'étais morte et condamnée à une errance éternelle sur terre, invisible de tous.
Tous, sauf Sadhi.
Son regard à lui était différent. Pas d'indifférence, pas de mépris, pas de dégout, pas même de pitié. Non, un regard que je n'avais plu vu depuis longtemps. Une éternité. Je serrai les yeux aussi fort que je le pouvais, crispant les doigts sur ma chemise. Si je n'étais pas morte dans le désert, alors je mourrai de cette souffrance. Oui, j'allais mourir. Non, j'étais déjà morte. Oui c'était ça, morte et condamnée à souffrir sur terre, devant le regard des autres. A peine cette pensée me traversa l'esprit que ma respiration reprit peu à peu son rythme normal. Oui, c'était ça ma vie, et rien d'autre. Ça ne pouvait être rien d'autre, et ça ne le serait jamais.
Je m'apprêtait à relever la tête lorsque l'air sembla se figer un court instant, avant de se mettre à souffler. Mes cheveux virevoltèrent furieusement autour de moi, tandis que le vent soulevait les grain de sable. Instinctivement, je me protégeai les yeux et me relevai. Que se passait-il ? Pourquoi le vent était-il si violent tout à coup? Pourquoi me semblait-il être au coeur d'une immense tornade à tel point que le désert tout entier semblait se soulever.
J'ignorai quel était ce phénomène, mais je ne pouvais pas rester ici. Je me précipitai à l'intérieur de la tente et fermai à la hâte l'ouverture d'un geste tremblant. La tente tanguait dangereusement, tandis que le souffle du vent résonnait comme un hurlement strident à mes oreilles. Mon coeur se mit à battre violemment dans ma poitrine. M'emparant d'une couverture dans laquelle je me pelotonnai, j'observai, terrorisée, la toile de la tente s'agiter avec fureur, si bien qu'elle fut à plusieurs reprises prête à se soulever.
Le vent terrible grondait à l'extérieur, tandis que les grains de sable s'écrasaient contre la tente. Les sombres pensées qui m'avaient assailli quelques minutes auparavant avaient totalement disparu, remplacée par une vague immense d'une terreur démente. Lorsqu'un coup de vent plus puissant que les autres fit basculer la tente, je poussai un cri et me recroquevillai sur moi même, secouée de tremblements. La vision de mon corps enfoui sous le sable, inerte, s'imposa devant mes yeux clos. Non! Non! Je ne voulais pas mourir ainsi! Maintenant! Je ne voulais pas, je ne voulais...
J'ouvris les yeux. Un hurlement avait retenti dehors. Lointain, balayé par les bourrasques de la tempête. Mais j'étais sure de l'avoir entendu. Tendant l'oreille, toujours en boule dans la tente, j'entendais mon coeur battre à cent à l'heure.
Nouveau hurlement, plus distinct cette fois-ci. Si bien que je pus comprendre...mon nom. Je me relevai d'un bond, les mains crispées autour de la couverture qui me couvrait la tête et la moitié du visage. Qui donc criait mon nom?
La réponse fut tellement évidente que j'en eut le souffle coupé. Sans une once d'hésitation, je sortis de la tente. Le vent fut tellement puissant qu'il m'envoya dans le sable chaud en quelques secondes. Je plongeai mes mains à l'intérieur et observait parmi le mur presque opaque du désert soulevé par le vent. Je me figeai sur place lorsqu'une silhouette haute et sombre se dessina à une quinzaine de mètres devant moi. Je plissai les yeux. Oui, c'était bien ça, une silhouette. Animale, puis une autre, plus petite, sur le dessus. Sans plus attendre, le coeur comprimé par une nouvelle sensation, je m'élançai à quatre pattes dans le désert vers la silhouette. Chacun de mes mouvements exigeaient une force incroyable que jamais auparavant je n'aurais soupçonné posséder. Cramponnée dans le sable, je luttais contre la tempête, les yeux mi clos, soufflant comme un bœuf. La silhouette n'était plus qu'à cinq mètres, je pouvais la voir clairement maintenant! Sadhi, emmitouflé lui aussi dans son turban qu'il avait rabattu sur son visage, tenait fermement les rennes de son carchak. Ce dernier semblait terrifié et n'osait plus avancer. Lorsque le garçon du désert tira sur les rennes, il se cabra, le faisant tomber, et en poussant un cri sauvage, déguerpit.

- Sadhi! hurlai-je.

J'ignorai s'il m'avait entendu, tellement ma voix était étrangée et voilée par le vent. Accélérant l'allure, je m'approchai de Sadhi, qui, s'étant relevé, fut balayé d'une puissante bourrasque qui le renvoya au sol.

- Sadhi! SADHI!

Ces hurlements inutiles m'aidaient à lutter contre la peur qui me paralysaient. Cette fois-ci, Sadhi m'entendit et se releva à quatre pattes. Lorsqu'il me vit, son visage fut parcouru d'une multitude d'émotion à la fois. Ses yeux s'écarquillèrent, et il ne put s'empêcher de m'appeler à son tour. Alors qu'il me rejoignait, son turban fut emporté par le vent, lui découvrant totalement le visage. Il poussa un cri en sentant le vent lui fouetter la peau et le sable pénétrer dans ses yeux. Je me jetai sur lui et m'emparait de son bas, que je tirai à ma suite.

- Allez! La tente est là-bas! Allez!

Nous rampâmes à moitié, lui à l'aveuglette, moi les yeux plissés, vers la tente qui tanguait dangereusement. Lorsqu'elle s'était retournée, trois des piquets qui la retenaient s'étaient retirés du sol. Dans un ultime effort, nous nous jetâmes à l'intérieur dans un cri. Je me retournai et fermai l'ouverture, avant de m'affaler sur le sol. J'ignorai si c'était possible, mais mon coeur semblait sur le point d'exploser. Sadhi, les mains contre ses yeux imbibés de larmes de douleur, haletait lui aussi. Nous n'eûmes pas même la force de parler, ni de lutter contre la vague sombre qui nous emporta.

***


Lorsque j'ouvris les yeux, la tempête s'était légèrement calmée, mais le vent grondait toujours. Je me redressai lentement. Sadhi était réveillé lui aussi, assis en tailleur en me tournant légèrement le dos. Lorsqu'il m'entendit, il se retourna. Ses yeux et sa peau étaient rouges. Il baissa la tête.

- Pourquoi es-tu venue m'aider? C'était à moi de...Tu aurais pu te tuer...Je suis venue pour que...pour te...

Il ne parvint pas à continuer et baissa la tête. Une lueur de souffrance luisait dans ses yeux bruns. Que je vis tout de suite, sans parvenir pour l'instant à la comprendre.

- Merci d'être venu, dis-je d'une voix faible, si faible que je doutai qu'il m'ai entendu.

Sadhi releva la tête, planta son regard dans le mien et sourit.

- Merci à toi.

Le silence s'imposa, lourd, brisé par le souffle du vent qui secouait doucement la tente. La tempête s'était calmée. Se concertant du regard, nous sortîmes de la tente et observâmes avec stupéfaction ce qui nous attendait.
Nous n'avions plus aucun repère. Le soleil avait reprit sa place, haut dans le ciel, et inondait déjà le désert de sa chaude clarté. La tempête de la nuit avait comme...soulevé le désert tout entier. Les moindres marques ou empreintes s'étaient effacées depuis bien longtemps et les dunes avaient bougé. Rien ne ressemblait plus à ce que nous connaissions. Je lançai un coup d'œil à Sadhi, dont le regard s'était perdu au-delà du désert, douloureux. Puis il se retourna et retourna dans la tente afin de rassembler les affaires. Je le rejoignis sans attendre, puis nous démontâmes la tente et la roulâmes en boule. Tandis que je m'apprêtai à la porter, Sadhi s'en empara et l'accrocha sur le dos.

- Tu auras déjà du mal à marcher dans le sable, il vaudrait mieux ne pas trop te charger, expliqua t'il.

Nous nous mimes en route aussitôt.
Je compris bientôt les paroles de mon compagnon. Jamais je n'aurais pensé que traverser le désert était si difficile. Mes pieds s'enfonçaient lourdement dans le sable et me demandaient des efforts considérables pour en mettre un devant l'autre et avancer. A peine une demi heure plus tard, j'avais l'impression que mes jambes pesaient une tonne. Épuisée, je tombai dans le sable. Sadhi accourut et s'agenouilla à mes côtés en me tendant la gourde. Avidement, je l'approchai de mes lèvres et but plusieurs gorgées d'une eau presque chaude.

- Reposons-nous un peu avant de continuer, proposa-t-il en se laissant tomber sur le sable.

Haletante, je tentai vainement de reprendre mon souffle, inspirant précipitamment de grande bouffée d'air. La chaleur, en plus de la marche, m'exténuait. Mon front dégoulinait de sueur sous mes cheveux et les vêtements collaient à mon corps.

- Tu devrais t'attacher les cheveux, dit-il alors. Et si tu ne veux pas que ta peau soit brûlée, pose une couverture par-dessus.
- Une couverture? Mais...
- Plus la température de ton corps se rapprochera de celle ambiante, mieux tu supporteras la chaleur. Mais je crois surtout que c'est une question d'habitude.

Sadhi avait plus d'expérience que moi. Il avait du vivre toute ces années, depuis son enfance, dans le désert. Aussi, je fouillai dans le sac et dénichait deux sortes de châles bruns, l'un que j'enroulai autour de mes cheveux, l'autre que j'accrochai sur mes épaules. Sadhi m'observa faire et approuva d'un sourire.

- Tu ressembles à une nomade, dit-il. Sauf tes yeux.

Je souris à mon tour.

- D'où viens-tu?

Je savais que cette question arriverai. Mon sourire s'éteignit lentement tandis que j'observai le sable.

- D'un village près du Temple de l'Air occidental.
- Ça alors! Tu viens de si loin? Mais...comment t'es-tu retrouvée ici? Tu es une Maitresse de l'Air?!

La stupéfaction de Sadhi me surprit un instant. Lorsque j'avais fui le village, j'étais prête à tout, et tout ce que j'entreprenais me paraissait d'une facilité incroyable. Je ne m'étais pas rendue compte du voyage que j'avais fait depuis ces trois ans passés seule.
Sadhi attendait ma réponse, qui semblait ne pas vouloir franchir le cap de mes lèvres.

- Mon village a été détruit, et j'ai du m'échapper.

Les yeux de Sadhi s'écarquillèrent.

- Tu veux dire que...Oh...

Il baissa la tête, sans plus savoir ou regarder ni ou se mettre. Une voile flou recouvrit mes yeux. Je me relevai d'un geste brusque et me mis à marcher.
Soudain, je haïssais ce désert qui s'étendait à perte de vue. Qui se moquait de mon infime personne. Qui m'enserrai de ses griffes acérées pour ne plus me lâcher. Je fermai les yeux et trébuchai, pour me relever aussitôt. Sadhi s'était relevé et m'avait rejoint en courant. Je sentais ses regards posés sur moi.
Sans un mot, nous reprîmes la route. Cette fois-ci, je ne tombai pas, ni ne m'arrêtai souffler. Il fallait que je sorte.
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MessageSujet: Re: Esprits du Désert [Sadhi + Amaya] Mer 10 Mar 2010 - 15:35

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